" Pour réaliser ce qui vous tient vraiment à coeur, VOUS ! "
La spiritualité commence où finit l'ego.
-- Gilbert Anken
La Vérité est un pays sans chemins, que l'on ne peut atteindre par aucune route, quelle qu'elle soit: aucune religion, aucune secte.
-- J. Krishnamurti
Quelle est votre nature réelle?
Est-elle d'écrire, de marcher ou bien est-elle tout simplement d'être?
La réalité unique et inaltérable est le fait d'être.
Tant que vous n'aurez pas réalisé ce niveau d'être à l'état pur, vous devrez poursuivre votre enquête.
-- Ramana Maharshi
Comme il est difficile de se désolidariser de soi! Il faut le faire sans un adieu, sans se retourner, avec le sourire de l’ami qui va bientôt retrouver le moi comme un prolongement de Soi, et vivre avec lui, dans l’acceptation pure et simple de sa merveilleuse... absence.
-- Roger Quesnoy
Le sage n’est pas celui qui sait résoudre les problèmes, mais celui qui sait ne pas les créer.
-- Auteur inconnu
Après tout, qu'est Dieu ? Un éternel enfant jouant un jeu éternel dans un éternel jardin.
-- Sri Aurobindo.
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26 juillet 2010

En spiritualitĂ©, nous parlons beaucoup dâaccueillir et de lĂącher prise. Notre sociĂ©tĂ© occidentale, portĂ©e sur lâaction compulsive, est effectivement carencĂ©e au sujet de lâaccueil et du lĂącher prise. Il existe deux grands mouvements de vie : un qui va de lâintĂ©rieur vers lâextĂ©rieur et l’autre en sens inverse. Ces mouvements sâappellent donner et recevoir ou action et accueil. Sâil est primordial de parler de lâaccueil, en tant quâĂȘtre incarnĂ©, nous avons aussi Ă poser des actions.
Lâaction juste est un mouvement qui Ă©merge de la prĂ©sence et non de lâego. Elle se rĂ©vĂšle dâelle-mĂȘme. Elle nâest pas le fruit dâun effort volontaire, ni dâune analyse. Elle surgit comme un Ă©clair ; elle est vive et Ă©tonnamment pertinente. La paix intĂ©rieure prĂ©cĂšde lâaction juste qui dĂ©coule de façon fluide et naturelle dâune vision claire. Elle est une pure expression de la Source qui se manifeste Ă travers vous. Lâaction juste ne provient pas des conditionnements et nâest pas liĂ©e Ă des expĂ©riences passĂ©es. Elle est en parfaite harmonie avec ce qui est, ici et maintenant, souvent cachĂ© sous les apparences. Câest votre essence qui sâexprime en symbiose avec lâessence du Tout. Dans la plus grande harmonie, les actions Ă rĂ©aliser se prĂ©sentent avec cohĂ©rence et lĂ©gĂšretĂ©. Lâaction est une cĂ©lĂ©bration de la vie.
Lâaction juste sâexĂ©cute dans le dĂ©tachement ; personne ne sâapproprie de son accomplissement ou de ses rĂ©sultats. La personne se laisse mouvoir par la Source, elle est Son exĂ©cutant. Avec ouverture et courage, elle se laisse inspirer et guider par la Source. Quand vous posez lâaction juste, vous ĂȘtes au service de la Vie.
Lâaction juste procĂšde de lâamour ; elle est engendrĂ©e par lâamour et diffuse lâamour. Elle est le lien entre le CrĂ©ateur et sa crĂ©ation, une pure expression divine. Sans action, il nây a pas de crĂ©ation. Lâaction qui Ă©merge de lâego est engendrĂ©e dans la souffrance, contient de la souffrance et y conduit. Lâaction juste conduit au divin. Lâaction juste nâest pas le rĂ©sultat de tergiversations ou de manipulations psychologiques ; elle Ă©merge de lâUnitĂ©. Câest lâĂ©nergie du Coeur versus celle du mental si couramment utilisĂ©e.
Lâimpulsion prĂ©cĂ©dant lâaction juste est vive comme lâĂ©clair, câest un jaillissement, ici et maintenant. Câest une perception directe accompagnĂ©e dâune certitude sans inquiĂ©tude pour lâavenir. Elle est parfaitement adaptĂ©e et tient compte dâun maximum dâĂ©lĂ©ments. Elle nâest pas motivĂ©e par lâobtention dâune rĂ©compense ni par lâĂ©vitement dâun ressenti dĂ©sagrĂ©able. Cette impulsion est intemporelle et se distingue par sa fraĂźcheur et sa spontanĂ©itĂ©.
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15 juin 2010

Voici un extrait de LE BONHEUR EST EN SOI – auteur anomyne
Notre nature fonciĂšre est dĂ©jĂ complĂštement prĂ©sente ici et maintenant, puisque c’est grĂące Ă elle que vous lisez ces lignes !! Comprenez -vous? Nous la croyions gisant au fond de notre inconscience, recouverte par lâactivitĂ© de notre conscience relative, fonctionnelle, câest-Ă -dire de nos conceptions du monde extĂ©rieur et intĂ©rieur, orientĂ©es plutĂŽt vers les oppositions, les choix et les refus, les dĂ©sirs et les peurs, et elle Ă©tait en fait totalement exposĂ©e, Ă©vidente dĂšs lors que notre regard se tournait vers « ce qui voit ». Mais nous sommes si noyĂ©s bien souvent dans des opinions non vĂ©rifiĂ©es par nous-mĂȘmes, l’expĂ©rience des autres, le vĂ©cu culturel de la sociĂ©tĂ© que nous vivons sur un ramassis d’idĂ©es, d’opinions de seconde main.
DĂ©couvrir cette rĂ©alitĂ© de nous-mĂȘmes inchangeante, libre, insaisissable, impose de questionner tout ce que nous avons tenu pour rĂ©el jusqu’Ă maintenant. Il ne faudra pas mĂ©nager notre effort pour nous dĂ©gager des on-dit, des lieux communs, du consensus tacite qui pave notre chemin. Rien ne devra ĂȘtre acceptĂ© par nous sans vĂ©rification par expĂ©rience directe, en particulier lâexistence de lâego, consensus chimĂ©rique…
MĂȘme l’essentiel est encombrĂ© d’opinions personnelles surimposĂ©es Ă la tradition dĂ©jĂ lourde. LĂ encore, mettre en doute absolument nous ouvrira la porte du RĂ©el. Câest Ă ce prix que nous nous libĂ©rerons, car se libĂ©rer est avant tout se dĂ©barrasser des acquits du passĂ© culturel, philosophique, spirituel que nos sociĂ©tĂ©s maintiennent, assez mal d’ailleurs, faute de nous donner Ă dĂ©couvrir la RĂ©alitĂ© directement. Au fond, sur quoi repose cette main mise de la dualitĂ©? Posez-vous la question et marquez un temps dâarrĂȘt. Ne vous jetez pas sur la rĂ©ponse qui suit… Elle nâĂ©clora dans votre coeur que si vous vous interrogez rĂ©ellement, profondĂ©ment.
Le nom et la forme, la limitation des choses et des ĂȘtres rĂ©sulte dâun seul acte de lâesprit: celui de projeter sa propre subjectivitĂ© sur lâenvironnement, donnant de la sorte Ă ces soi-disant objets et ĂȘtres une densitĂ© quâils nâont aucunement. La prĂ©sence des ĂȘtres individuels existe uniquement dans le cerveau des tĂ©moins, au point que chacun, devant la glace, finit par se prendre pour un ĂȘtre sĂ©parĂ©, douĂ© dâexistence, par interprĂ©tation du regard des autres… Un jeu de miroir. Observez cela. Nâest-ce pas vrai?
Chacun nâaspire-t-il pas Ă exister dans le regard dâautrui? Comme sâil savait dĂ©jĂ sa nature de nĂ©ant. Je vous en prie, ceci est de la plus extrĂȘme importance. Voyez cela. A lâinstant, les choses et les ĂȘtres retrouvent leur nature fonciĂšre: LâĂȘtre sans trait. Aucune chose nâest, en elle-mĂȘme, sĂ©parĂ©e. La sĂ©paration naĂźt dans lâesprit qui contemple. Si ce dernier dĂ©couvre la faussetĂ© de cette projection universelle, alors… Envisagez cela! profondĂ©ment, totalement, et le monde se vide de la dualitĂ©…
Douter, ce sera observer le monde et distinguer ce voile subtil dont nous l’enveloppons. Voile du sens de l’univers, du sens des Ă©vĂ©nements (« il nây a pas de hasard! »); interprĂ©tation des choses du vĂ©cu, projection dans ce paysage pour sĂ©parer, puis accaparer ou repousser, qualifier ou nier. Percevoir notre monde et pas le monde. Voir nos contemporains Ă travers le prisme des prĂ©jugĂ©s, et non pas les considĂ©rer comme ils sont rĂ©ellement, sans mes concepts personnels, ma vision des choses. Ce sera dĂ©couvrir une montagne presque gigantesque de prĂ©jugĂ©s hĂątivement enregistrĂ©s, prompts Ă nous induire sur la pente glissante de la bĂȘtise. Notre conception du monde conditionne notre perception, Ă concepts dualistes, vision dualiste. Toute cette activitĂ© de la conscience dualiste ensemence lâinconscient et maintient le trĂ©sor cachĂ©…
Douter, en accordant plus de valeur au soi-disant inconscient plutĂŽt quâĂ la conscience de veille, tant cette derniĂšre est souillĂ©e de la dualitĂ©. Notre inconscient est Ă©galement sali de dualitĂ©, mais par sa nature peu diffĂ©renciĂ©e, il rapproche davantage du Soi. Le jeu se gagne dans lâinconscient, si lâon se rend compte alors du vide rĂ©el des choses et des ĂȘtres, puisque sans lâinconscient des spectateurs et sa capacitĂ© Ă discriminer, point dâexistence sĂ©parĂ©e. Rien que lâĂȘtre sans limite.
Douter, mĂȘme d’exister, nous ouvrira Ă cette profondeur insondable dont on ne sait si c’est l’Etre ou le NĂ©ant… Si nous sommes convaincus que le monde est, alors nous nous privons de l’accĂšs au NĂ©ant. Poser lâĂȘtre du monde comme objet nous pose en tant que sujet. En revanche, ni ĂȘtre ni nĂ©ant, ni objet ni sujet, et voici ouverte la bulle universelle, fleur de vacuitĂ©… Qualifier emprisonne l’objet. Si en revanche nous Ă©vitons la qualification, le monde prend un caractĂšre de livre ouvert sans rien Ă©crit dessus, d’une ouverture inconditionnelle Ă ce-qui-est, à « je ne sais pas… ». Cette ouverture est amour.
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3 mai 2010

Andreas Mamet a commencé son parcours méditatif il y a plus de 30 ans. Dans les années 70, il a vécu en Inde pendant 5 ans pour approfondir sa pratique. Au début des années 80, il a enseigné la méditation au Japon et en Allemagne. Il vit actuellement au Mont Shasta, en Californie, et consacre son temps à enseigner à Paris et à Tokyo
De nos jours, beaucoup de choses sont Ă©crites sur lâEveil (en Sanskrit : SamĂądhi) et souvent, je mâaperçois quâon le dĂ©crit comme une expĂ©rience qui apporte une amĂ©lioration pour le chercheur spirituel une fois quâil a atteint lâĂ©tat de SamĂądhi. Le chercheur devient spĂ©cial. Une version amĂ©liorĂ©e. Un modĂšle turbo.
Rien ne saurait ĂȘtre plus Ă©loignĂ© de la vĂ©ritĂ©. LâexpĂ©rience de SamĂądhi est insĂ©parablement liĂ©e Ă lâannihilation du chercheur. La survenue de la SamĂądhi Ă©quivaut Ă la cessation du chercheur. La SamĂądhi est la suspension de la structure du soi mental.
Le mental existe en tant quâentitĂ© qui a pour fonction sempiternelle de sâapproprier, de sâidentifier. Il le fait implacablement, sans cesse. Lorsque le mental dit : « Jâai faim », il sâidentifie Ă une sensation dans lâestomac. Lorsquâil dit : « Je suis en colĂšre », il sâidentifie Ă une Ă©motion. Et la liste sâallonge sans cesse. A chaque fois que le mental exprime une notion dâidentitĂ©, il perpĂ©tue un mensonge existentiel.
Chacun dâentre nous dans ce monde a dĂ©jĂ fait face Ă la notion de « Je suis riche et cĂ©lĂšbre » et aux modalitĂ©s subsĂ©quentes en terme dâarrogance et dâĂ©gocentrisme. Il est intĂ©ressant de noter que les mĂȘmes dynamiques du mental sont directement transfĂ©rĂ©es dans la dimension spirituelle. Le mental perpĂ©tue ses modalitĂ©s usuelles sans mĂȘme sourciller. Il suit son cours.
Désormais, son identité a pris une nouvelle forme : « Je suis doué en méditation ».
DĂšs lors, on devient quelquâun qui peut affirmer : « Je canalise Dieu, MĂšre Marie ou Saint Germain ». Notre nouvelle identitĂ© devient : « Je suis proche de Dieu » (et vous feriez mieux dâĂ©couter ce que je vous dis). Lorsque de telles notions sont perpĂ©tuĂ©es, on continue bel et bien de nourrir son arrogance et son Ă©gocentrisme, mais sous un nouveau dĂ©guisement.
La toute premiĂšre ligne des Yoga Sutras de Patanjali dit : « Yoga Chittam Vritti Nirodha ». Le yoga est atteint lorsque tout mouvement du mental a cessĂ©. En dâautres termes, il est atteint lorsque la capacitĂ© du mental Ă sâapproprier des identitĂ©s cesse totalement.
La SamĂądhi est lâexpĂ©rience de lâouverture de lâespace intĂ©rieur. Dans cette ouverture de lâespace intĂ©rieur, le soi mental disparaĂźt purement et simplement. Lors de cette disparition, tout processus dâidentification sâĂ©vapore.
La SamĂądhi est la prĂ©sence dâun silence si vaste que le soi mental ne survit pas Ă lâĂ©mergence de cette prĂ©sence. Dans la rĂ©alitĂ© de cette prĂ©sence, le mental doit ĂȘtre absent. Par voie de consĂ©quence, SamĂądhi et soi mental nâexistent pas simultanĂ©ment. Ils ne le peuvent pas. Si le soi mental est,
la SamĂądhi nâest pas. Si la SamĂądhi est, le soi mental nâest pas.
En Inde, il existe une technique spirituelle qui a pour objectif dâaider le mĂ©ditant Ă naviguer vers le but final, lâultime « ici et maintenant », la SamĂądhi. On appelle cette technique « neti, neti ». Cela signifie « ni ceci, ni cela ». A chaque fois que le mĂ©ditant dĂ©tecte une identitĂ© qui Ă©merge en lui, on lui conseille de penser « Je ne suis pas ceci ». LâidentitĂ© suivante survient et Ă nouveau, le mĂ©ditant pense : « Je ne suis pas cela ».
Cette technique fait partie de la pratique du Gyan Yoga, le yoga de lâintellect, puisquâil a recours Ă lâintellect pour en fait aller au-delĂ de lâintellect. Elle guide le mĂ©ditant vers lâexpĂ©rience de libertĂ© de toute identification : la SamĂądhi.
Lors de la SamĂądhi, le chercheur disparaĂźt. Ce qui reste est le flot de lâexpĂ©rience. Toute sĂ©paration entre le sujet et lâobjet sâest Ă©vanouie. Tous les noms ont disparu et il ne reste que les verbes. Seul demeure le processus dâexpĂ©rience de lâintensitĂ© Ă©lectrifiante de lâinstant mĂȘme.
LâĂ©vĂšnement de la SamĂądhi est trĂšs choquant. Aucune dose dâimagination, aussi crĂ©ative soit-elle, ne pourra prĂ©parer lâindividu Ă cette expĂ©rience.
Jâai vĂ©cu la SamĂądhi pour la premiĂšre fois Ă lâĂąge de 21 ans, aprĂšs 3 annĂ©es dâintense entraĂźnement yoguique. Je me suis assis en mĂ©ditation et me suis concentrĂ© sur un point situĂ© Ă 5 centimĂštres au-dessus de ma tĂȘte, en visualisant une flamme. Puis jâai visualisĂ© que jâentrais au coeur de cette flamme. Soudain, depuis le coeur de cette flamme, un espace a commencĂ© Ă sâouvrir rapidement et une incroyable immensitĂ© sâest dĂ©ployĂ©e, dans laquelle mon ĂȘtre et toute activitĂ© mentale ont complĂštement disparu.
Le choc mâenvahit jusquâĂ la moelle. La SamĂądhi est comme une mort, car la vie et notre perception des choses telles que nous les connaissions, disparaissent. Selon la puissance et la profondeur de lâexpĂ©rience de SamĂądhi, il peut falloir des mois, voire mĂȘme des annĂ©es, avant dâintĂ©grer lâĂ©vĂšnement. La SamĂądhi crĂ©e Ă©galement un contraste dans le sens oĂč, pour la premiĂšre fois, il y a Ă©veil et dans cet Ă©veil Ă©merge la reconnaissance que la vie avant cette immense ouverture Ă©tait une vie de profond sommeil. Les Ă©critures yoguiques diffĂ©rencient Sarbij et Nirbij SamĂądhi. Le premier terme signifie « avec graine », le second « sans graine ». En rĂ©alitĂ©, cela signifie que la structure ego-mental revient aprĂšs lâĂ©vĂšnement de Sarbij SamĂądhi. Non seulement elle revient, mais en outre, dans la plupart des cas, la structure ego-mental sâapproprie lâĂ©vĂšnement et le revendique, Ă moins que lâindividu nâait une conscience capable dâĂȘtre tĂ©moin des dynamiques en
mouvement, et quâelle ne lâen empĂȘche. Existentiellement, la situation est tout Ă fait comique : le mental revendique le non-mental. Les mots revendiquent le silence. A la seconde mĂȘme oĂč le mental revendique lâexpĂ©rience de non-mental, un processus de corruption se met en place.
Alors que la structure ego-mental revient aprĂšs Sarbij SamĂądhi, ce nâest pas le cas aprĂšs Nirbij SamĂądhi. En consĂ©quence, Nirbij SamĂądhi correspond Ă lâexpĂ©rience de lâEveil, Sarbij SamĂądhi non ; câest un aperçu de lâEveil.
Certaines personnes ont vĂ©cu des expĂ©riences de Sarbij SamĂądhi et les prennent pour lâEveil. Alors, immĂ©diatement, elles sâen vont donner des satsangs Ă autrui, proclamant quâelles ont atteint un Ă©tat Ă©levĂ©. Mais il ne sâagit pas de lâEveil. Des centaines, voire des milliers dâexpĂ©riences de
Sarbij SamĂądhi peuvent survenir avant que ne se produise lâĂ©vĂšnement de SamĂądhi de non-retour.
Je souhaite souligner que lâexpĂ©rience de SamĂądhi ne crĂ©e pas lâinfaillibilitĂ©. MĂȘme les rares ĂȘtres qui sont pleinement ancrĂ©s en SamĂądhi conservent la capacitĂ© humaine de commettre des erreurs Ă diffĂ©rents niveaux. Lâapprentissage continue. Lâunivers Ă©volue sans cesse, nous aussi.
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16 avril 2010

Quelques mots de Sri Nisargadatta Maharaj
Le point de vue ultime est quâil nây a rien Ă comprendre. Comprendre est une complaisance envers les acrobaties de la pensĂ©e. Tous ces Ă©lĂ©ments spirituels sont dans lâillusoire. Toutes vos activitĂ©s matĂ©rielles et spirituelles appartiennent Ă cette illusion. La conscience doit connaĂźtre la conscience dĂ©barrassĂ©e du sensoriel. Vos concepts obstruent le chemin. Ce que vous ĂȘtes est sans forme, ne peut pas ĂȘtre observĂ©, vous ne pouvez pas le savoir. Vous ne pourrez jamais âconnaĂźtreâ le Soi (connaĂźtre=objet). Vous devez âĂȘtre çaâ et en rester lĂ , ne plus en bouger. Une fois jetĂ© tous les concept, y compris âje suisâ, ce que vous ĂȘtes est grand ouvert. Parce que vous ĂȘtes, lâunivers est. Ce que vous ĂȘtes, vous lâĂȘtes sans modifications. Vous ĂȘtes, vous savez que vous ĂȘtes.
Abandonnez vous et tout vous sera rĂ©vĂ©lĂ©. Câest au-delĂ de la comprĂ©hension parce que ce nâest pas conceptuel.
La grĂące signifie totale unicitĂ©, aucune fragmentation. La grĂące du Guru est toujours prĂ©sente. Câest la rĂ©ceptivitĂ© qui doit ĂȘtre lĂ pour pouvoir accepter la grĂące. Et nâest-ce pas lĂ un nouveau concept ? Le concept mĂȘme est un risque. Quoi que je vous dise, câest ce par quoi vous avez saisi qui compte. Il est toujours lĂ , câest lâĂ©tat premier. Observez la montĂ©e des concepts et ensuite, leur disparition. La connaissance que lâon peut possĂ©der est un ramassis dâignorance. Câest un mystĂšre seulement pour lâignorant. Pour qui ne sâidentifie pas au corps, il nây a plus de mystĂšre. Vous nâavez besoin de connaissances quâaussi longtemps que lâignorance existe. Tous les concepts devront ĂȘtre jetĂ©s, mĂȘme âje suisâ. Si vous abandonnez cette identification avec la personne, alors tout devient simple, je suis lĂ avant que quoi que ce soit puisse se produire. Je ne suis mĂȘme pas le son primordial qui rĂ©vĂšle lâexistence, ni la prĂ©sence, ni le son rĂ©vĂ©lant la prĂ©sence. Câest pourtant simple. DĂ©molissez tous ces concepts. Toute ambition, tout espoir, tout dĂ©sir, tout effort est reliĂ© Ă une identitĂ© et tant quâune identitĂ© subsiste, la vĂ©ritĂ© ne peut pas ĂȘtre perçue. Mon Guru voulait que je fusionne. Câest ainsi, et pas par des ratiocinations mentales, que jâai rĂ©alisĂ© la connaissance. Vous ne pourrez jamais rien obtenir. Tout ce qui est connu est connu par la conscience, dans le domaine de la conscience. La connaissance de ce que vous ĂȘtes est dĂ©jĂ lĂ . Quand je sais que cette connaissance câest moi, quâest-ce que vous voulez que jâattrape Ă lâextĂ©rieur ? Penser pouvoir atteindre la vĂ©ritĂ© ou possĂ©der la connaissance demeurent des concepts. Ce qui est, avant la connaissance, Cela est la VĂ©ritĂ©.
ExpĂ©rimentation, expĂ©rimentateur et expĂ©rimentĂ©, tout cela est Un. Lâobservateur lui-mĂȘme change. Ce qui est observĂ© amĂšne un changement dans lâobservateur et, sans ce changement en lui, lâobservateur ne pourrait rien observer (pas de perception). La conscience est Ă la fois la chose qui connait, la cognition et lâobjet de connaissance. La prise de conscience est cet Ă©tat oĂč la conscience sâenfonce en elle-mĂȘme au lieu de se projeter. Quand le âjeâ sâaffaisse, il ne reste plus que la prise de conscience directe. MĂ©diter sur quelque chose est devenir cette chose.
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19 février 2010

L’Ă©veil selon Anthony De Mello
Quand tu es Ă©veillĂ©, la vie continue, et, autour de toi, tout se passe de la mĂȘme maniĂšre qu’avant de t’Ă©veiller, seulement maintenant tu es conscient de ce qui se passe et tu y prends part
Ce qui a changĂ©, c’est toi, car tu commences Ă voir et Ă sentir les personnes et les choses de façon diffĂ©rente. Les problĂšmes persistent, mais ils ne t’affectent plus car maintenant tu ne les vis plus comme tels.
La différence vient de ce que tu es en paix et que plus rien ni personne ne peuvent te perturber.
Ton Ă©veil te permet de voir les choses comme elles sont et cela te donne confiance et sĂ©rĂ©nitĂ©. C’est comme le lever du soleil aprĂšs la nuit : la lumiĂšre, en chassant l’obscuritĂ©, permet de dĂ©couvrir les formes, les mouvements, les couleurs, et elle t’aide Ă comprendre la signification des choses.
C’est comme la joie qui se rĂ©vĂšle en elle-mĂȘme, dĂ©pouillĂ©e de toute image.
Elle est pure joie et n’a besoin ni de masques ni de parures pour nous combler d’allĂ©gresse.
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18 janvier 2010

OUI
seulement, simplement « oui »,
toujours « oui »
un tel dit ceci et le dit mĂȘme avec colĂšre…
âouiâ c’est qu’il ne pouvait pas parler autrement…
tel autre a fait cela qui peut sembler abominable…
âouiâ…car il ne pouvait faire autrement…
Ce « oui », ce simple « oui » dit calmement
et comme une compréhension profonde
emplie de patience et de compassion
est bien le plus haut des accomplissements
car il n’est plus rien qui vous soit Ă©tranger
dont vous soyez séparé
tout ne fait plus qu’Un
et cela,
tout cela,
ce n’est que vous.
Swami Prajnanpad
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9 janvier 2010


Ă mon mental
Toi mon bien-aimé serviteur
Tu as été abusivement utilisé par un maßtre excessif
Pardonne-moi ces abus.
Dorénavant tu travailleras beaucoup moins
Et dans des conditions favorables.
Tu seras interpellé uniquement pour les tùches qui te siéent.
Tu pourras te reposer longuement
Et profiter de ton ami le silence
Que tu as trop peu fréquenté dans ta vie.
Je tâai confiĂ© la lourde tĂąche de me rappeler sans cesse ce que je dois faire
De mâaider Ă rĂ©flĂ©chir sur les idĂ©es que je voulais Ă©lucider
Mais surtout, comme un esclave jâai exigĂ© de toi que tu travailles sans relĂąche.
Je tâai donnĂ© le lourd mandat de rĂ©agir sur tout ce que je vois, entends, goĂ»te et ressens.
MĂȘme quand tu nâavais pas de tĂąches Ă effectuer, tu continuais de tâĂ©puiser Ă travailler
Car jâoubliais de te mettre au repos
Ou bien, je ne savais pas comment mettre fin à tes activités.
Je tâai demandĂ© de rĂ©soudre des problĂšmes qui ne sont pas de ton ressort
Désolée, je ne connaissais pas tes limites
Je me suis adressée à la mauvaise enseigne.
Jâaurais dĂ» savoir que tu nâas pas Ă©tĂ© créé pour rĂ©soudre le mystĂšre de la crĂ©ation,
Ătant toi-mĂȘme une crĂ©ation.
Jâai compris que pour ces questions je dois mâadresser Ă une autre instance
Le CrĂ©ateur lui-mĂȘme.
Malgré sa gentillesse et sa disponibilité illimitée
Je me suis parfois sentie intimidĂ©e Ă lâidĂ©e de lâinterpeller
Nous nous sommes parlĂ©s et je me sens maintenant plus Ă lâaise de mâadresser Ă Lui.
Désormais, je vais utiliser la voix du coeur.
Câest un organe qui, me dit-on, jouis dâun systĂšme de rĂ©gĂ©nĂ©ration instantanĂ© et illimitĂ©
Il ne se fatigue donc jamais.
Tu tâes Ă©puisĂ© Ă la tĂąche sans jamais te plaindre
MĂȘme fatiguĂ© tu assumais tes responsabilitĂ©s sans laisser entrevoir ton Ă©puisement.
Je continuerai de tâutiliser pour mettre en mots, comprendre ou rĂ©flĂ©chir.
Je ne peux me passer de toi tu sais.
Aussi, je serai plus sélective dans le choix dans mes demandes
Bon repos Ă mon mental
Jouis de ces nombreux instants de douceur qui tâattendent
Et reçois ma gratitude infinie pour ta collaboration plus quâexceptionnelle.
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8 décembre 2009

Depuis plusieurs mois les mĂ©dias de toute la planĂšte nous inondent dâinformations sur le virus et le risque de pandĂ©mie, puis sur les premiers cas de contagions et les premiers dĂ©cĂšs. Par la suite la «pandĂ©mie» a Ă©tĂ© officiellement dĂ©clarĂ©e. Enfin un vaste programme de vaccination se dĂ©roule encore Ă ce jour.
La trĂšs grande majoritĂ© des informations que nous recevons de la part des autoritĂ©s mĂ©dicales et gouvernementales, autant que celles provenant des groupes anti-vaccination, sont basĂ©es sur la peur. Celle-ci est parfois voilĂ©e, mais elle est prĂ©sente. Les personnes responsables utilisent tous les moyens Ă leur disposition pour inciter les gens Ă se faire vacciner. Pour eux, câest la meilleure façon de prendre soin de la population. De leur cĂŽtĂ© les leaders anti-vaccination veulent sensibiliser et Ă©branler. Certains se font alarmistes. Câest aussi leur façon de prendre soin de la population. La peur est un moteur trĂšs puissant et trĂšs efficace. Quoi de mieux pour faire bouger les gens ? Tous ceux qui ont eu un quelconque pouvoir dans leur vie le savent.
La peur est de loin beaucoup plus contagieuse que la grippe.
Le virus est un ĂȘtre vivant que se comporte comme tous les ĂȘtres vivants, y compris vous et moi. Si vous le rejetez et le mĂ©prisez, il va sâaccrocher. Saviez-vous que les chercheurs ayant une attitude guerriĂšre face aux virus observent au microscope des rĂ©actions diffĂ©rentes des chercheurs ayant une attitude de fascination ? Que fait un chien dont vous avez peur et que vous essayez maladroitement dâĂ©loigner ? Il sâagrippe…
Faut-il se faire vacciner ? Je ne peux pas rĂ©pondre Ă cette question pour vous. Il mâapparaĂźt plausible que la vaccination puisse ĂȘtre une action juste pour certaines personnes. Je nâai par ailleurs aucune compĂ©tence pour Ă©valuer la qualitĂ© et la valeur du vaccin en question. Je souhaite simplement partager un point de vue et Ă©veiller les consciences. Il est si facile dâĂȘtre piĂ©gĂ© par la peur. Je ressens une grande compassion pour mes frĂšres humains qui nâont pas dĂ©couvert en eux les ressources utiles pour agir Ă partir dâun espace sans peur.
Se faire vacciner ou ne pas se faire vacciner ? Nous sommes ici en prĂ©sence dâune belle dualitĂ©. Une fois de plus, nous avons le pouvoir de prendre position en favorisant un point de vue au dĂ©triment de lâautre. Mon invitation est dâaller au-delĂ de la dualitĂ© et de retrouver votre espace dâunitĂ©. AprĂšs vous ĂȘtre posĂ© la question, Ă savoir si câest juste ou pas pour vous, Ă©coutez votre petite voie intĂ©rieure, celle de votre cĆur ; câest un sage conseiller.
Je sais que pour prendre une bonne dĂ©cision, câest-Ă -dire qui soit sage et juste pour soi, le meilleur chemin est celui de la conscience. Ă partir du moment oĂč une peur est prĂ©sente, la meilleure chose Ă faire est de diffĂ©rer sa dĂ©cision et de prendre le temps de se libĂ©rer de sa peur. Il sâagit dâabord de prendre conscience et dâaccueillir sa peur. Il sâagit ensuite de regarder sa peur dans les yeux et de lâinterroger. Demandez-lui dâoĂč elle vient et quel est son vĂ©ritable message. Est-elle vide comme le sont souvent les peurs ou vient-elle vous transmettre une information utile ?
Lorsque vous avez reconnu et accueilli votre peur dans la conscience et lâouverture, elle disparaĂźt rapidement. Vous retrouvez un espace sans formes et sans limites oĂč rĂšgne la paix. Le champ de toutes les potentialitĂ©s sâouvre Ă vous. Ă partir de cet espace, il devient possible de prendre la dĂ©cision qui est juste pour vous. Dans cet espace vous ĂȘtes libre de conditionnements et dâĂ©motions, vous ĂȘtes en contact avec lâessence de la vie et votre parfum personnel. La vĂ©ritĂ© est en vous, pas dans les bulletins de nouvelles. «Vous» ĂȘtes lâautoritĂ© suprĂȘme de votre propre vie.
Revenir Ă soi, ĂȘtre dans le moment prĂ©sent, se libĂ©rer de lâemprise de ses Ă©motions et de ses conditionnements sont les fondements dâune vie vĂ©cue dans la conscience et lâamour. La spiritualitĂ©, ça se vit au quotidien. Chaque expĂ©rience est une occasion dâintĂ©grer la conscience et lâamour dans sa vie. La grippe A-H1N1 en est une autre.
Claudette
Publié dans Entre nous |
26 novembre 2009

Il est 5 heures du matin le 6 octobre 2008, je dors profondĂ©ment dans mon appartement de St-Jean sur Richelieu en grande banlieue de MontrĂ©al au QuĂ©bec. Je dors mais parallĂšlement je vis un bouleversement monumental. Ă lâaccoutumĂ©e et depuis ma plus tendre enfance, ma phase de rĂ©veil matinal se produit en deux temps. PremiĂšrement je prends conscience de mon environnement de lâintĂ©rieur puis je demande Ă mon corps de sâactiver, de se rĂ©veiller. Le tout se succĂšde en quelques secondes et je passe chaque matin par ces deux phases de dĂ©marrage comme un mĂ©canisme bien huilĂ© faisant partie de moi et je suis complĂštement Ă lâaise avec ce processus.
Mais ce matin tout marche de travers. Mon processus de rĂ©veil ne rĂ©pond plus, jâessaie de prendre conscience de mon environnement de lâintĂ©rieur et de rĂ©veiller mon corps, mais quelque chose me garde Ă lâintĂ©rieur, quelque chose empĂȘche le rĂ©veil du corps. Pourtant je suis en pleine luciditĂ©, je suis consciente mais je nâarrive pas Ă ouvrir les yeux, je sens un grand malaise comme si jâĂ©touffais, « ça y est » me dis-je « je suis en train de mourir, je manque dâair, je fais une crise cardiaque », je suis Ă la veille de trĂ©passer, mais je ne ressens aucune panique, je suis capable dâen mesurer lâintensitĂ©, jâaccepte ça calmement et je laisse aller. Je me laisse glisser et jâabandonne sans remords tout ce qui a Ă©tĂ© ma vie, mon corps, tout ce qui Ă©tait Betty.
Ă lâinstant oĂč je me laisse glisser, je me retrouve debout Ă cĂŽtĂ© de mon lit Ă regarder mon corps souffrir. Il a des convulsions et je me dis : » ce nâest pas possible de souffrir comme ça », je constate cette chose qui tressaute et souffre Ă cĂŽtĂ© de moi, mais je ne mâassimile pas à ça, je nâai aucune Ă©motion, je regarde simplement.
Alors voilĂ , câest simple je suis entrain de mourir et sans panique je lâaccepte, je me laisse aller dans la mort dâune maniĂšre sereine, pas de lutte, pas de protestation, rien, seulement lâobservation dâune situation. « Allons- y! Je suis prĂȘte ».
Le décor change brusquement.
Ă ce moment, jâobserve deux moi-mĂȘme assis lâun en face de lâautre autour de la table de la salle Ă manger.
Alors on rĂ©sume, il y a mon corps qui est allongĂ© dans mon lit qui souffre, il y a un premier moi qui observe ce corps et qui en mĂȘme temps regarde deux autres moi qui se font face dans la salle Ă manger. On est quatre Ă intervenir en mĂȘme temps, un moi qui joue comme le pivot et qui perçoit, un corps qui souffre, un moi qui est toute Ă©motion et un moi qui est rationnel et autoritaire, et le tout dans un perception globale, le tout faisant parti de moi. Ce nâest pas un observateur qui prend de la distance, non, tout est inclus et en mĂȘme temps distinct et identifiable.
Le moi pivot regarde le moi Ă©motif et constate une grande concentration de douleur, le moi Ă©motif se plaint : « je nâen peux plus de toujours chercher Ă savoir qui je suis et Ă ne jamais rĂ©ussir » beaucoup de larmes, une douleur intolĂ©rable. « Je suis seule, personne ne sâest occupĂ© de moi, lâenfance a Ă©tĂ© difficile pour moi, mais jâai survĂ©cu et ça continu encore cet emprisonnement malgrĂ© mon acharnement a vouloir me sortir de lĂ , je ne rĂ©ussirais jamais! »
Le moi rationnel qui est en face Ă lâautre bout de la table pointe du doigt le moi Ă©motif et lui dit : » Tais-toi, arrĂȘte de te plaindre ça suffit! » Il se lĂšve et avance en le menaçant. Il y a de lâexaspĂ©ration presque de la violence dans la voix; câest un ordre.
Ă ce moment le moi pivot regarde le corps sâagiter douloureusement et se dit ça y est le corps va mourir, il ne va pas supporter cette expĂ©rience et curieusement ne se sent pas concernĂ©.
Le moi Ă©motif est Ă©puisĂ©, poussĂ© Ă bout, sans force sans rĂ©action, lâĂ©lastique qui lui permet de se ramener au calme est tendu au maximum, prĂȘt de la rupture, il est au bord de la perte de contrĂŽle. Il est tellement terrorisĂ© par les ordres donnĂ©s par le moi rationnel quâil se met Ă rapetisser et jâai la sensation du corps qui diminue et je perçois mon incapacitĂ© Ă rĂ©agir. Mon corps ne mesure plus quâenviron six pouces (20 centimĂštres) maintenant et nâa plus de forces, devient comme de la gĂ©latine et tombe par terre, se frappe le visage contre le plancher de bois. Jâentends le bruit de la tĂȘte qui frappe le sol dans un bruit mat.
Ă ce moment je mâabandonne, je dĂ©pose les armes, sachant que câest la fin, je sens la mort mâenvahir. Câest la deuxiĂšme sensation de mort, la premiĂšre Ă©tait uniquement physique, alors que celle-ci est Ă©motive. Câest la personne qui souffrait, qui voulait diriger, qui voulait survivre Ă tout prix et qui ne sâen laissait imposer dâaucune maniĂšre qui trĂ©passe, câĂ©tait celle qui passait des marchĂ©s avec Dieu. En mĂȘme temps mourrait aussi la petite fille pieuse qui nâaspirait quâĂ la paix, la partie intouchable, la partie que je prĂ©servais de moi-mĂȘme et que personne ne pouvait atteindre.
Je sens que je me dissous, câest le dernier souffle de Betty, jâabandonne totalement et je me dis: « câest la fin! » je me sens lourdement Ă©crasĂ©.
Et lĂ tout bascule, il nây a plus de moi Ă©motif, plus de moi rationnel, plus de corps qui souffre, juste une conscience totale.
Je marche dans le salon et jâĂ©touffe de joie, je crie, je suis cette joie et jâai de la difficultĂ© Ă contenir cet Ă©tat merveilleux, je regarde Ă lâextĂ©rieur et jâai lâimpression de ressentir lâunivers, la lumiĂšre me pĂ©nĂštre, je suis ce que je vois mais aussi je suis lâair que je respire.
Je marche, je suis en mouvement comme ce flot qui me traverse, je ne peux pas rester en place. Je prends conscience que je ne suis plus un corps, je ne suis plus cette enveloppe limitĂ©e, mon petit corps de rien ne peut pas contenir cette Ă©nergie phĂ©nomĂ©nale. VoilĂ pourquoi je bouge, pourquoi je suis en mouvement, câest trop puissant pour que je puisse rester en place, je constate que je ne pourrais pas garder cette Ă©nergie Ă lâintĂ©rieure de mon corps, tout va exploser.
Et lĂ je vois mon corps ĂągĂ© dâenviron 30 ans, habillĂ© dĂ©contractĂ© en jeans assis sur une petite chaise dâĂ©cole, la tĂȘte penchĂ©e sur le cĂŽtĂ© droit.  Mon corps a les yeux ouverts, mais ils sont sans vie, comme les yeux vitreux dâun mort, il est moins vivant quâune plante.
Je me dis, mâadressant Ă lui : « je suis tellement contente de te voir, je suis tellement contente de ne plus ĂȘtre associĂ© a`toi, tellement contente de ne plus ĂȘtre responsable de toi. » Je mâavance vers mon corps et je le touche, je sens quâil est vivant, quâil fonctionne, mais je ne suis plus associĂ© Ă lui, je le vois mais ce nâest plus moi. Je constate que je me suis trompĂ© sur moi-mĂȘme, je pensais que jâĂ©tais ce corps et de celui-ci tout partait, chaque pensĂ©e, chaque action, mais ce nâĂ©tait pas vrai, câĂ©tait comme un robot que je programmais au grĂ© de mes pensĂ©es.
En lâespace dâune seconde, je fais le tour de la situation. Je suis consciente de mon corps allongĂ© dans mon lit qui tressaute et souffre, je suis consciente du moi rationnel et du moi Ă©motif, mais je ne suis plus ça, le moi pivot a Ă©mergĂ© et sâest transformĂ© en cette vaste conscience, la perception est directe, pas de pensĂ©es pour classifier tout cela, et directement je constate que je ne peux pas supporter ça et je hurle Ah Ah Ah Ah!!! (Ă mettre en bon hurlement), je suis ce cri, je ne suis pas mon corps hurlant de terreur, je suis le cri dans toute son amplitude.
Ce que je vous dis câest que je suis la voix, je suis la totalitĂ© de ce qui mâentoure, je nâai pas de limite, si je dirige ma conscience sur quelque chose, je suis cette chose, je suis unie Ă tout. Et câest irrĂ©versible, lâancienne Betty nâexiste plus, mon ancien mode de fonctionnement sâest Ă©teint et je suis en train dâexpĂ©rimenter quelque chose de phĂ©nomĂ©nalement nouveau.
Par ce cri lâancien mĂ©canisme Ă essayĂ© de se rĂ©animer, mais plus rien ne marche, mon ancien systĂšme de pensĂ©e est cassĂ© Ă jamais.
Je regarde de nouveau mon corps sur la chaise, je constate quâil est inerte, quâil ne fait rien par lui mĂȘme et je vois Ă quel point la folie nous pousse Ă torturer cette chose au grĂ© de nos hallucinations, au grĂ© de nos constructions mentales. Le corps est neutre, il nâa pas dâĂ©tat dâĂąme et je ne suis pas un corps je suis le tout et jâen suis intĂ©gralement consciente depuis les trois cent quatre vingt degrĂ©s de mon nouveau champ de vision.
Je me promĂšne de nouveau dans le salon car il y a mouvement perpĂ©tuelle, rien nâest stable, rien sur quoi sâarrĂȘter, tout bouge, tout vibre constamment. LĂ les meubles ont disparus, je vois les murs et le plafond fait dâune matiĂšre spongieuse bleutĂ©e vivante, en fait je ne vois pas comme vous pourriez voir avec vos yeux, je constate et je suis, et tout cela se passe de seconde en seconde, jâai conscience que je ne vois plus de la mĂȘme maniĂšre, jâessaye Ă©galement de faire parler le corps, et jâentends comme un Ă©cho, comme une voix distordue inintelligible, la vision Ă changĂ©e, le son de ma voix nâest plus perçue et je ne suis plus mon corps, tout va bien rien ne mâaffecte, pas de panique Ă bord.
Je regarde les murs bleutĂ©s qui sâeffacent doucement, lâappartement Ă disparu, je suis dehors et inondĂ© de lumiĂšre, la chaleur me pĂ©nĂštre agrĂ©ablement, jâai devant moi une chaĂźne de montagnes et sur le flan dâune des montagnes je vois dĂ©filer dans une couleur dĂ©lavĂ©e lâhologramme des Ă©vĂšnements de ma vie, les images sont pleines de vie, elles font partie de moi mais ne mâatteignent pas sur le plan Ă©motif. Je me sens unis Ă cet hologramme mais je ne me sens pas concernĂ©e.
Mes sens se rassemblent et deviennent une unique perception. Mes sens ne sont plus divisĂ©s je suis le son, la couleur, la forme, rien nâest limitĂ©. Je marche doucement avec lĂ©gĂšretĂ©, je me sens libre et en paix.
Je reviens prĂšs du lit et je vois mon corps dormir paisiblement.
Je me retrouve sur un chemin de campagne et je vois une petite boulangerie; câest le matin tĂŽt. Je sens lâodeur du pain qui flotte. Jâentre dans la boutique et je vois quâil y a des gens qui font la queue pour ĂȘtre servi. Je dĂ©passe tout le monde et je dis : « Câest moi qui Ă©tait la premiĂšre » en riant, pour plaisanter.
Je me retourne et vois un homme, le JĂ©sus de mon enfance, une longue tunique, les yeux bleus fluo et la barbe longue. Je ne vois que ses yeux, son regard prend toute la place et je ressens mon ancien concept de tout lâamour du monde, ce dĂ©sir de recherche de lâamour infini. La petite fille pieuse se sent humble face Ă cette force, cette puretĂ©, cette beautĂ©, cette image de Dieu. JĂ©sus me regarde, me sourit et disparaĂźt dans la lumiĂšre. Je sens quâavec cette disparition, une armĂ©e de personnages mystiques disparaĂźt Ă©galement.
Une dame au comptoir me dit : « voici vos pains »âŠje me sens gĂȘnĂ©e, jâai lâimpression dâavoir pris la place de quelquâun dâautre, elle me dit : « mais non câest lĂ pour toi » et elle me donne les pains. Elle me tend la main et je lui donne ce qui est dans la mienne : un cĆur en chocolat noir. Je regarde Ă lâextĂ©rieur, câest immense dehors et tellement invitant.
Betty
Publié dans Récits d'éveil |
16 octobre 2009

Les ĂȘtres humains aspirent naturellement au bonheur. La majoritĂ© tente d’y accĂ©der en ajoutant toutes sortes de choses : des connaissances, idĂ©es, expĂ©riences, etc. La sĂ©rĂ©nitĂ© et la joie profonde se trouvent Ă la Source, dans l’Ătre. Ceux qui y ont accĂ©dĂ© disent que le chemin qui y mĂšne est un chemin de renoncement. Il s’agit de soustraire bien plus que d’ajouter. Quand toutes les couches ont Ă©tĂ© enlevĂ©es, nous dĂ©couvrons la radieuse beautĂ© de l’Ătre.
La sociĂ©tĂ© nous invite constamment à «faire» davantage pour «avoir» plus. Tant de gens se retrouvent dans une course effrĂ©nĂ©e contre la montre. Le but de cette course ? Faire des milliers de choses qui vont leur permettre dâavoir : des Ă©motions, de la considĂ©ration, des idĂ©es bien arrĂȘtĂ©es sur une multitude de sujets, de lâamour, des relations, de lâargent, du sexe, du plaisir, etc.
Au fil du temps, les gens accumulent des biens, mais aussi des souvenirs remplis dâĂ©motions. Leur passĂ© devient de plus en plus consistant, lourd. Pour Ă©chapper Ă la partie souffrante de leur passĂ©, ils se projettent dans le futur, lĂ oĂč tous les rĂȘves sont permis. Le futur devient un refuge pour les gens malheureux.
Pouvez-vous rester ici et maintenant et accueillir ce qui est ?
Une dĂ©marche spirituelle est un processus de libĂ©ration de nos croyances, Ă©motions, identitĂ©s, de tout le contenu de notre conscience. Lâaboutissement est la rĂ©alisation quâau coeur de toute chose, il y a le vide. Inconsciemment et inĂ©vitablement, nous sommes aspirĂ©s par le vide. Il ne sâagit pas dâun vide dangereux, mais dâun vide plein de vie et de promesses.
Câest parce quâau dĂ©part il y a le vide que nous pouvons crĂ©er. Il faut une piĂšce vide pour mettre les meubles qui me plaisent et dont jâaurai besoin. Si la piĂšce est dĂ©jĂ remplie, câest impossible dây ajouter quoique ce soit et dây vivre.
Regardez votre coeur, il nây a rien dedans. Câest pour cela quâil peut aimer. Votre coeur est un espace vide et aimant qui peut accueillir toutes choses. Si votre coeur est rempli de tristesse ou dâenthousiasme, comment pourra-t-il accueillir la beautĂ© dâun coucher de soleil ou le sourire dâun enfant. Pour accueillir, il faut un espace vierge, le plus vierge possible.
Les trois caractĂ©ristiques de lâĂȘtre sont : la vacuitĂ© (le vide), le silence et lâimmobilitĂ©.
Voulez-vous vivre dans la plénitude du moment présent ?
Si oui, vous devrez cesser dâaccumuler des connaissances et commencer Ă voir en direct ce qui est. Je parle de voir sans prĂ©jugĂ©s et sans croyances. de voir sans juger, ni condamner, sans aimer ni dĂ©tester. Simplement accueillir ce qui est, tel que ça se prĂ©sente. Câest cela le vĂ©ritable amour, accueillir sans volontĂ© que ça disparaisse ou se transforme. Ătre avec quelque chose et rester avec, tout simplement. Ă partir de lâĂȘtre, vous pouvez accueillir inconditionnellement. Ă partir de lâego, ce nâest pas possible, car lâego juge continuellement. Lâego veut tout contrĂŽler.
Vous doutez de pouvoir accueillir inconditionnellement ? Rappelez-vous que fondamentalement vous ĂȘtes un ĂȘtre. Votre vĂ©ritable nature est donc vacuitĂ©, silence et immobilitĂ©. Vous nâavez rien Ă faire pour cela, câest dĂ©jĂ lĂ . Câest lĂ depuis toujours. Il est possible que vous croyez le contraire. Rappelez-vous que vous pouvez changer une croyance, mais pas votre nature vĂ©ritable.
En se libĂ©rant de nos vielles peaux, nous arrivons Ă vivre de plus en plus dans la nuditĂ© de lâĂȘtre. Vivre dans la nuditĂ© de lâĂȘtre câest vivre sans filet, sans aucune protection. Câest lĂ que nous sommes nous-mĂȘmes et vrai. Câest dans la nuditĂ© de lâĂȘtre que se trouve la plĂ©nitude du moment prĂ©sent, le bonheur Ă©ternel.
Claudette
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