" Pour réaliser ce qui vous tient vraiment à coeur, VOUS ! "
La spiritualité commence où finit l'ego.
-- Gilbert Anken
La Vérité est un pays sans chemins, que l'on ne peut atteindre par aucune route, quelle qu'elle soit: aucune religion, aucune secte.
-- J. Krishnamurti
Quelle est votre nature réelle?
Est-elle d'écrire, de marcher ou bien est-elle tout simplement d'être?
La réalité unique et inaltérable est le fait d'être.
Tant que vous n'aurez pas réalisé ce niveau d'être à l'état pur, vous devrez poursuivre votre enquête.
-- Ramana Maharshi
Comme il est difficile de se désolidariser de soi! Il faut le faire sans un adieu, sans se retourner, avec le sourire de l’ami qui va bientôt retrouver le moi comme un prolongement de Soi, et vivre avec lui, dans l’acceptation pure et simple de sa merveilleuse... absence.
-- Roger Quesnoy
Le sage n’est pas celui qui sait résoudre les problèmes, mais celui qui sait ne pas les créer.
-- Auteur inconnu
Après tout, qu'est Dieu ? Un éternel enfant jouant un jeu éternel dans un éternel jardin.
-- Sri Aurobindo.
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Archive pour la catégorie 'Récits d'éveil'
Jeudi 26 novembre 2009

Il est 5 heures du matin le 6 octobre 2008, je dors profondément dans mon appartement de St-Jean sur Richelieu en grande banlieue de Montréal au Québec. Je dors mais parallèlement je vis un bouleversement monumental. À l’accoutumée et depuis ma plus tendre enfance, ma phase de réveil matinal se produit en deux temps. Premièrement je prends conscience de mon environnement de l’intérieur puis je demande à mon corps de s’activer, de se réveiller. Le tout se succède en quelques secondes et je passe chaque matin par ces deux phases de démarrage comme un mécanisme bien huilé faisant partie de moi et je suis complètement à l’aise avec ce processus.
Mais ce matin tout marche de travers. Mon processus de réveil ne répond plus, j’essaie de prendre conscience de mon environnement de l’intérieur et de réveiller mon corps, mais quelque chose me garde à l’intérieur, quelque chose empêche le réveil du corps. Pourtant je suis en pleine lucidité, je suis consciente mais je n’arrive pas à ouvrir les yeux, je sens un grand malaise comme si j’étouffais, « ça y est » me dis-je « je suis en train de mourir, je manque d’air, je fais une crise cardiaque », je suis à la veille de trépasser, mais je ne ressens aucune panique, je suis capable d’en mesurer l’intensité, j’accepte ça calmement et je laisse aller. Je me laisse glisser et j’abandonne sans remords tout ce qui a été ma vie, mon corps, tout ce qui était Betty.
À l’instant où je me laisse glisser, je me retrouve debout à côté de mon lit à regarder mon corps souffrir. Il a des convulsions et je me dis : » ce n’est pas possible de souffrir comme ça », je constate cette chose qui tressaute et souffre à côté de moi, mais je ne m’assimile pas à ça, je n’ai aucune émotion, je regarde simplement.
Alors voilà, c’est simple je suis entrain de mourir et sans panique je l’accepte, je me laisse aller dans la mort d’une manière sereine, pas de lutte, pas de protestation, rien, seulement l’observation d’une situation. « Allons- y! Je suis prête ».
Le décor change brusquement.
À ce moment, j’observe deux moi-même assis l’un en face de l’autre autour de la table de la salle à manger.
Alors on résume, il y a mon corps qui est allongé dans mon lit qui souffre, il y a un premier moi qui observe ce corps et qui en même temps regarde deux autres moi qui se font face dans la salle à manger. On est quatre à intervenir en même temps, un moi qui joue comme le pivot et qui perçoit, un corps qui souffre, un moi qui est toute émotion et un moi qui est rationnel et autoritaire, et le tout dans un perception globale, le tout faisant parti de moi. Ce n’est pas un observateur qui prend de la distance, non, tout est inclus et en même temps distinct et identifiable.
Le moi pivot regarde le moi émotif et constate une grande concentration de douleur, le moi émotif se plaint : « je n’en peux plus de toujours chercher à savoir qui je suis et à ne jamais réussir » beaucoup de larmes, une douleur intolérable. « Je suis seule, personne ne s’est occupé de moi, l’enfance a été difficile pour moi, mais j’ai survécu et ça continu encore cet emprisonnement malgré mon acharnement a vouloir me sortir de là, je ne réussirais jamais! »
Le moi rationnel qui est en face à l’autre bout de la table pointe du doigt le moi émotif et lui dit : » Tais-toi, arrête de te plaindre ça suffit! » Il se lève et avance en le menaçant. Il y a de l’exaspération presque de la violence dans la voix; c’est un ordre.
À ce moment le moi pivot regarde le corps s’agiter douloureusement et se dit ça y est le corps va mourir, il ne va pas supporter cette expérience et curieusement ne se sent pas concerné.
Le moi émotif est épuisé, poussé à bout, sans force sans réaction, l’élastique qui lui permet de se ramener au calme est tendu au maximum, prêt de la rupture, il est au bord de la perte de contrôle. Il est tellement terrorisé par les ordres donnés par le moi rationnel qu’il se met à rapetisser et j’ai la sensation du corps qui diminue et je perçois mon incapacité à réagir. Mon corps ne mesure plus qu’environ six pouces (20 centimètres) maintenant et n’a plus de forces, devient comme de la gélatine et tombe par terre, se frappe le visage contre le plancher de bois. J’entends le bruit de la tête qui frappe le sol dans un bruit mat.
À ce moment je m’abandonne, je dépose les armes, sachant que c’est la fin, je sens la mort m’envahir. C’est la deuxième sensation de mort, la première était uniquement physique, alors que celle-ci est émotive. C’est la personne qui souffrait, qui voulait diriger, qui voulait survivre à tout prix et qui ne s’en laissait imposer d’aucune manière qui trépasse, c’était celle qui passait des marchés avec Dieu. En même temps mourrait aussi la petite fille pieuse qui n’aspirait qu’à la paix, la partie intouchable, la partie que je préservais de moi-même et que personne ne pouvait atteindre.
Je sens que je me dissous, c’est le dernier souffle de Betty, j’abandonne totalement et je me dis: « c’est la fin! » je me sens lourdement écrasé.
Et là tout bascule, il n’y a plus de moi émotif, plus de moi rationnel, plus de corps qui souffre, juste une conscience totale.
Je marche dans le salon et j’étouffe de joie, je crie, je suis cette joie et j’ai de la difficulté à contenir cet état merveilleux, je regarde à l’extérieur et j’ai l’impression de ressentir l’univers, la lumière me pénètre, je suis ce que je vois mais aussi je suis l’air que je respire.
Je marche, je suis en mouvement comme ce flot qui me traverse, je ne peux pas rester en place. Je prends conscience que je ne suis plus un corps, je ne suis plus cette enveloppe limitée, mon petit corps de rien ne peut pas contenir cette énergie phénoménale. Voilà pourquoi je bouge, pourquoi je suis en mouvement, c’est trop puissant pour que je puisse rester en place, je constate que je ne pourrais pas garder cette énergie à l’intérieure de mon corps, tout va exploser.
Et là je vois mon corps âgé d’environ 30 ans, habillé décontracté en jeans assis sur une petite chaise d’école, la tête penchée sur le côté droit. Mon corps a les yeux ouverts, mais ils sont sans vie, comme les yeux vitreux d’un mort, il est moins vivant qu’une plante.
Je me dis, m’adressant à lui : « je suis tellement contente de te voir, je suis tellement contente de ne plus être associé a`toi, tellement contente de ne plus être responsable de toi. » Je m’avance vers mon corps et je le touche, je sens qu’il est vivant, qu’il fonctionne, mais je ne suis plus associé à lui, je le vois mais ce n’est plus moi. Je constate que je me suis trompé sur moi-même, je pensais que j’étais ce corps et de celui-ci tout partait, chaque pensée, chaque action, mais ce n’était pas vrai, c’était comme un robot que je programmais au gré de mes pensées.
En l’espace d’une seconde, je fais le tour de la situation. Je suis consciente de mon corps allongé dans mon lit qui tressaute et souffre, je suis consciente du moi rationnel et du moi émotif, mais je ne suis plus ça, le moi pivot a émergé et s’est transformé en cette vaste conscience, la perception est directe, pas de pensées pour classifier tout cela, et directement je constate que je ne peux pas supporter ça et je hurle Ah Ah Ah Ah!!! (à mettre en bon hurlement), je suis ce cri, je ne suis pas mon corps hurlant de terreur, je suis le cri dans toute son amplitude.
Ce que je vous dis c’est que je suis la voix, je suis la totalité de ce qui m’entoure, je n’ai pas de limite, si je dirige ma conscience sur quelque chose, je suis cette chose, je suis unie à tout. Et c’est irréversible, l’ancienne Betty n’existe plus, mon ancien mode de fonctionnement s’est éteint et je suis en train d’expérimenter quelque chose de phénoménalement nouveau.
Par ce cri l’ancien mécanisme à essayé de se réanimer, mais plus rien ne marche, mon ancien système de pensée est cassé à jamais.
Je regarde de nouveau mon corps sur la chaise, je constate qu’il est inerte, qu’il ne fait rien par lui même et je vois à quel point la folie nous pousse à torturer cette chose au gré de nos hallucinations, au gré de nos constructions mentales. Le corps est neutre, il n’a pas d’état d’âme et je ne suis pas un corps je suis le tout et j’en suis intégralement consciente depuis les trois cent quatre vingt degrés de mon nouveau champ de vision.
Je me promène de nouveau dans le salon car il y a mouvement perpétuelle, rien n’est stable, rien sur quoi s’arrêter, tout bouge, tout vibre constamment. Là les meubles ont disparus, je vois les murs et le plafond fait d’une matière spongieuse bleutée vivante, en fait je ne vois pas comme vous pourriez voir avec vos yeux, je constate et je suis, et tout cela se passe de seconde en seconde, j’ai conscience que je ne vois plus de la même manière, j’essaye également de faire parler le corps, et j’entends comme un écho, comme une voix distordue inintelligible, la vision à changée, le son de ma voix n’est plus perçue et je ne suis plus mon corps, tout va bien rien ne m’affecte, pas de panique à bord.
Je regarde les murs bleutés qui s’effacent doucement, l’appartement à disparu, je suis dehors et inondé de lumière, la chaleur me pénètre agréablement, j’ai devant moi une chaîne de montagnes et sur le flan d’une des montagnes je vois défiler dans une couleur délavée l’hologramme des évènements de ma vie, les images sont pleines de vie, elles font partie de moi mais ne m’atteignent pas sur le plan émotif. Je me sens unis à cet hologramme mais je ne me sens pas concernée.
Mes sens se rassemblent et deviennent une unique perception. Mes sens ne sont plus divisés je suis le son, la couleur, la forme, rien n’est limité. Je marche doucement avec légèreté, je me sens libre et en paix.
Je reviens près du lit et je vois mon corps dormir paisiblement.
Je me retrouve sur un chemin de campagne et je vois une petite boulangerie; c’est le matin tôt. Je sens l’odeur du pain qui flotte. J’entre dans la boutique et je vois qu’il y a des gens qui font la queue pour être servi. Je dépasse tout le monde et je dis : « C’est moi qui était la première » en riant, pour plaisanter.
Je me retourne et vois un homme, le Jésus de mon enfance, une longue tunique, les yeux bleus fluo et la barbe longue. Je ne vois que ses yeux, son regard prend toute la place et je ressens mon ancien concept de tout l’amour du monde, ce désir de recherche de l’amour infini. La petite fille pieuse se sent humble face à cette force, cette pureté, cette beauté, cette image de Dieu. Jésus me regarde, me sourit et disparaît dans la lumière. Je sens qu’avec cette disparition, une armée de personnages mystiques disparaît également.
Une dame au comptoir me dit : « voici vos pains »…je me sens gênée, j’ai l’impression d’avoir pris la place de quelqu’un d’autre, elle me dit : « mais non c’est là pour toi » et elle me donne les pains. Elle me tend la main et je lui donne ce qui est dans la mienne : un cœur en chocolat noir. Je regarde à l’extérieur, c’est immense dehors et tellement invitant.
Betty
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Mercredi 3 juin 2009

Bonjour,
Plusieurs d’entre vous ont remarqué que mes commentaires se faisaient de plus en plus rares. J’en conviens. Ces derniers mois, mes activités professionnelles ont pris tout mon temps et mon énergie. Je me suis parfois sentie embarrassée de ne pouvoir participer autant que je le souhaitais. J’anticipe un changement de rythme durant l’été. Merci de votre compréhension.
Aujourd’hui je vous offre un texte écrit par un participant qui me touche profondément.
JE NE SAIS COMMENT
Je ne sais comment en parler tellement cela apparait dérisoire, inutile
Des pans entiers de calme s’installent à mon insu, au fond d’une absence de quoi que ce soit
D’écoute en écoute je me laisse guider
En négligeant les influences, les tentations, qui ne sont pas des tentations, mais plutôt des contraintes programmées, conditionnées.
Ainsi le gré du vent des alizés est le meilleur conseiller
Et je vogue sans gouvernail
Sans compas
Ainsi, et cela ne s’installe ni jamais longtemps, ni vraiment quand je le veux, une sorte de recul se prend
Un recul du recul
Une sorte d’absence plutôt
Une absence où je ne suis pas en danger de perdre pied du fait d’être absent
Je me rappelle adolescent perdre pied avec danger, avec
provocation.
Je lâchais le volant de la voiture à vitesse moyenne, ou je fermais les yeux…pour voir
Là, il y avait absence forcée, inutile, et dangereuse
Et en fait tout à fait contrôlée, malgré ma certitude du contraire
En fait je jouais
à faire semblant de déplacer l’horizon…
Aujourd’hui, il me parait tout à fait inutile de parler de tout ce que je découvre tellement c’est simple
En même temps sans avoir le sentiment comme souvent de faire un exercice scolaire que j’aurais compris
Mon besoin de le partager n’est qu’une joie de plus…
Sans commentaire
D’ailleurs aucun commentaire n’est nécessaire
C’est tellement loin et près à la fois
Je ne peux même pas souhaiter que cela revienne…
Ce serait suicidaire pour la simplicité du fait même
De l’état plutôt que du fait
Je n’éprouve d’ailleurs aucune envie d’en parler à ma femme ou à des amis à qui je serai bien incapable d’expliquer ce qu’ils sont en droit de vouloir comprendre
Il n’y a rien à comprendre
Et c’est sans doute là le secret
Plonger sans filet, sans regarder
Ou en regardant le vide dans le blanc des yeux…. au choix!
Je ressens de plus en plus finement ces « bénéfices » à ne pas toucher les parois
A ne pas m’y référer
A ne pas m’en rassurer
A ne rien chercher que l’écoute de la volition profonde
Qui en plus n’en est même pas une !
Une sorte de vecteur de cette volition tout au plus
Une sorte d’outil, un prolongement de la main du bon vouloir de la source
Qui d’ailleurs n’a aucun vouloir
Mais c’est une autre histoire qui n’est pas accessible à l’esprit
Oui , je sais que je déroge au silence quand j’écris pour dire ce qui est indicible
Oui, je sais que c’est inutile et stérile
Oui, cela alimente et renforce celui que je crois être
Mais cet écart me fait tellement plaisir que ce partage dans le monde des mots est une rampe dans le monde des objets
Une rampe qui me soutient, me porte
Et parfois m’inonde.
Jean-Marc
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Lundi 12 janvier 2009
Nathan Gill est né en Angleterre en 1960. Après avoir lu de nombreux auteurs dans le domaine de la spiritualité, sa vie bascule après sa rencontre avec Tony Parsons, pour qui nous sommes déjà éveillé. « A son contact, le tricotage mystique dont j’avais profusément paré le drame de l’illumination devint très clair. […] Il se trouva qu’en septembre 1998, il se produisit un évènement moins frappant mais similaire à l’évènement de la traversée du Parc que Tony décrit dans son livre. J’étais en train de jardiner et il bruinait. Me redressant, je regardais aux alentours : il y avait une subtile impression de moi n’étant pas là. […] Avec ce soudain évanouissement du moi, tout besoin de compréhension disparut, pendant que se révélait un savoir profond. […] Au fil de la journée, l’absorption en tant que “je” commença subtilement à réapparaître et à s’approprier cet évènement – qui était précisément la disparition du “je” – comme “mon” illumination, “mon” éveil. […] De toute évidence, l’évènement qui s’était produit dans le jardin n’avait aucune importance particulière… Sa survenue a seulement mis un terme à ma confusion, me permettant de me rendre compte comment j’avais subtilement attendu un évènement en guise de permission d’être ce que je suis déjà. Cette clarté ne dépend pas de l’absence ou de la présence du “je”. Si le “je” apparaît, il est simplement vu pour ce qu’il est. »
En tant que témoin d’éveil, Nathan Gill nous propulse de plein pied dans l’univers de l’être, pour nous percevoir à la fois dans l’identification aux manifestations de l’ego, et dans ce qui en nous est au-delà de toute identification. Au cours de ses entretiens avec des visiteurs de passage, de nombreux chercheurs dressent un bilan sans concession de leurs années d’errance spirituelle. L’auteur nous livre ces échanges émouvants dans leur intégralité et bien des lecteurs y trouveront un reflet de leur propre expérience. Dans un retour vers l’essentiel, il nous affirme constamment qu’il n’est aucune nécessité de changer ou d’atteindre quoi que ce soit pour être.
Nathan Gill déplace le questionnement habituel du chercheur spirituel.
« La recherche pour l’éveil se focalise en général sur “ se débarrasser du sens de l’individualité ”, comme s’il s’agissait de quelque chose de faux ou d’irréel. Mais s’il y a un sentiment d’individualité et une histoire tournant autour d’une recherche pour s’en débarrasser, c’est alors précisément cela la réalité.
Être n’exige absolument rien. Il n’est aucune nécessité de changer ou d’atteindre quoi que ce soit pour être. »
ÊTRE de Nathan Gill – Éd. Accarias L’originel 2008 – 160 p.
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Samedi 20 décembre 2008

Sokei-An Roshi
Les gens me demandent parfois : «Sokei-an, vous qui connaissez le monde de la transcendance, qui y demeurez continuellement, comment vivez-vous cela ?»
À quoi je réponds : «J’avais dans les vingt ans quand j’ai pénétré dans le monde de la transcendance pour ne plus en ressortir, et j’ai assez peu l’expérience de l’autre monde.
Comment ai-je accédé à la transcendance ? Je vous dirai la vérité : Un jour, j’ai effacé toutes les représentations de mon esprit. J’ai renoncé à toutes les convoitises. J’ai écarté tous les mots avec lesquels je pensais, et mon esprit s’est immobilisé.
Une sensation quelque peu étrange s’est alors emparée de moi – comme si j’avais été porté quelque part ou que j’avais été mis en contact avec une puissance inconnue de moi. J’étais venu proche de cet état antérieurement, j’en avais eu l’expérience à plusieurs reprises, mais chaque fois j’avais secoué la tète et étais parti en courant. Cette fois-là, je décidai de ne pas m’en éloigner et, pfft ! j’y fus. Mon corps devint sans frontières. Naturellement, la peau était toujours là, mais le corps s’étendait jusqu’aux confins de l’univers.
Je m’éloignai de deux, trois ou quatre mètres, mais restais au centre du cosmos. Je parlais, mais les mots avaient perdu tout sens. Je voyais les gens s’approcher de moi, mais tous étaient le même homme, c’est-à-dire moi-même ! J’avais cru avoir été créé, mais j’ai dû changer d’avis : je n’ai jamais été créé, je suis le cosmos, il n’existe aucun individu répondant au nom de Sasaki.
Je me présentai devant mon instructeur. Il me regarda et dit : «Raconte-moi ta nouvelle expérience, ton entrée dans le monde de la transcendance». Lui aurais-je répondu, eus-je dit un seul mot, j’aurais été repoussé de nouveau hors du monde dans lequel je venais de pénétrer. Je regardai mon instructeur. Il souriait. Lui non plus ne prononça mot… Une seule clé donne accès au monde de la transcendance. Je ne puis véhiculer l’expérience en un mot unique, mais peut-être en deux, à savoir «transe éclatante». Dans cette transe, à la limpidité d’un cristal, l’on est projeté dans le monde de la transcendance, sans que l’on y prenne garde. Cela se passe en un clin d’œil ; en un clin d’œil la vision se transforme du tout au tout.
Alors on comprend pourquoi les hommes construisent des églises, chantent des hymnes et font des choses singulières.
In Shigetsu Sasaki Sokei-an-Roshi, Sokei-An’s Ubertragung lies Zen – traduit en Français dans Le grand livre des symboles, Éditions Médicis. Vu sur le site Éveil Impersonnel http://eveilimpersonnel.blogspot.com/2007/08/le-monde-de-la-transcendance-sokei.html
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Mercredi 15 octobre 2008
Photo Don Paulson
Je vous propose aujourd’hui une partie du texte intitulé « De l’ego au coeur IV ». Vous trouverez les 4 textes De l’ego au coeur I, II, III et IV sur le site http://www.jeshua.net/fr/. Comme le texte est un peu long, je n’ai pas mis la quatrième partie au complet. Je vous recommande de lire la suite sur leur site.
Merci André pour cette intéressante suggestion.
S’OUVRIR À L’ESPRIT
Nous avons distingué quatre étapes dans la transformation d’une conscience fondée sur l’ego à une conscience fondée sur le coeur.
1) Etre insatisfait de ce qu’une conscience fondée sur l’ego peut offrir, aspirer à « autre chose » : Le début de la fin.
2) Prendre conscience de ses attaches à une conscience fondée sur l’ego, reconnaître et se libérer des émotions et des pensées qui les accompagnent : Le milieu de la fin.
3) Laisser mourir en soi les vieilles énergies fondées sur l’ego, se débarrasser du cocon, devenir son nouveau soi : La fin de la fin.
4) L’éveil d’une conscience fondée sur le coeur, motivée par l’amour et la liberté ; aider les autres à faire la transition.
Nous allons maintenant parler du quatrième et dernier stade : s’ouvrir à l’Esprit.
Lorsque vous passez à ce stade, vous trouvez en vous un lieu de paix et de tranquillité. Fréquemment, vous prenez contact avec un silence dans votre coeur que vous savez être éternel. Tout ce dont vous faites l’expérience est relatif par rapport à cet Etre illimité qui imprègne tout.
Ce lieu de paix et de silence en vous est aussi appelé Esprit.
Selon vos traditions ésotériques, il y a une distinction entre l’Esprit, l’âme et le corps.
Le corps est le lieu de résidence physique de l’âme pour un temps limité.
L’âme est l’ancre psychologique, non-physique, de l’expérience. Elle véhicule les expériences de nombreuses vies. Elle se développe avec le temps et croît lentement en un gemme à multiples facettes, chacune d’elles reflétant un type d’expérience différent ainsi que la connaissance qui s’y rapporte.
L’Esprit ne change ni ne grandit avec le temps. Il est en-dehors du temps et de l’espace. L’Esprit en vous est votre part éternelle, intemporelle, qui est Une avec le Dieu qui vous a créés. C’est la conscience divine qui est le fondement de votre expression dans le temps et l’espace. Vous êtes nés d’un royaume de pure conscience et vous avez véhiculé une parcelle de cette conscience à travers toutes vos manifestations sous une forme matérielle.
L’âme participe de la dualité. Elle est affectée et transformée par ses expériences dans la dualité. L’Esprit est en-dehors de la dualité. C’est l’arrière-plan sur lequel tout se développe et évolue. C’est l’alpha et l’omega que l’on appelle simplement l’Etre ou la Source.
Le silence, extérieur mais surtout intérieur, est la meilleure porte d’accès pour faire l’expérience de cette énergie toujours présente, qui est Vous, dans votre noyau le plus intime. Dans le silence, vous pouvez entrer en contact avec la chose la plus évidente et la plus miraculeuse qui soit : l’Esprit, Dieu, la Source, l’Etre.
L’âme véhicule des mémoires de nombreuses incarnations. Elle connaît et comprend bien plus de choses que votre personnalité terrestre. L’âme est connectée à des sources de connaissance extra-sensorielles, telles que les personnalités de vos vies passées, des guides et des alliés sur les plans astraux. Malgré cette communion, l’âme peut se trouver dans un état de confusion et ignorer sa vraie nature. Elle peut être traumatisée par des expériences et rester par conséquent dans les ténèbres pendant quelque temps. Elle évolue constamment et acquiert la compréhension de la dualité inhérente à la vie sur la terre.
L’Esprit est l’élément immuable dans ce développement. L’âme peut se trouver dans les ténèbres ou l’illumination. Pas l’Esprit. Il est Etre, pure conscience. Il est dans les ténèbres aussi bien que dans la lumière. Il est l’Unité sous-jacente à toute dualité. Lorsque vous parvenez au quatrième stade de la transformation de l’ego au coeur, vous vous connectez à l’Esprit. Vous vous connectez à votre Divinité.
Vous connecter au Dieu qui est en vous est comme sortir de la dualité tout en restant complètement présent et enraciné. Dans cet état, votre conscience est emplie d’une extase profonde mais tranquille : un mélange de paix et de joie.
Vous prenez conscience que vous ne dépendez de rien au-dehors de vous. Vous êtes libres. En vérité, vous êtes dans ce monde mais vous n’êtes pas de ce monde.
Vous connecter à l’Esprit qui est en vous n’est pas quelque chose qui arrive une fois pour toutes. C’est un processus lent et graduel, au cours duquel vous vous connectez, déconnectez et reconnectez… Peu à peu, votre attention passe de la dualité à l’unité. Elle se réoriente et trouve qu’en définitive, elle est plus attirée par le silence que par les pensées et les émotions. Par silence, nous entendons être complètement présent et centré, dans un état de vigilance qui ne porte pas de jugements.
Il n’existe pas de méthodes ou de moyens pour y accéder. La clé pour vous connecter à votre Esprit n’est pas de suivre une discipline (méditation, jeûne, etc.), mais de comprendre véritablement que c’est le silence qui vous ramène à la maison, et non les pensées ou les émotions.
Cette compréhension se fait lentement à mesure que vous êtes de plus en plus conscients des mécanismes de vos pensées et de vos émotions. Vous lâchez-prise de vos vieilles habitudes et vous vous ouvrez à la nouvelle réalité d’une conscience qui repose sur le coeur. Votre conscience fondée sur l’ego se retire et meurt lentement.
Mourir n’est pas quelque chose que vous faites ; vous lui permettez d’arriver. Vous vous abandonnez au processus de la mort. La mort est un autre nom pour le changement, la transformation. Il en est toujours ainsi. La mort est toujours un relâchement de ce qui est ancien et une ouverture à ce qui est neuf. Dans ce processus, il n’y a pas un seul instant où vous « n’êtes pas », c’est-à-dire où vous êtes mort, selon votre définition. La mort telle que vous la définissez est une illusion. C’est seulement la peur de changer qui vous fait craindre la mort.
Vous avez peur non seulement de mourir physiquement, mais aussi de mourir émotionnellement et mentalement au cours de votre vie. Mais sans la mort, les choses deviendraient rigides et statiques. Vous deviendriez captifs de formes anciennes : un corps usé, des schémas de pensée périmés, des réactions émotonnelles restrictives. Asphyxiant, n’est-ce-pas ? La mort libère. C’est une cascade d’eau pure qui brise pour les ouvrir de vieux portails rouillés et vous propulse dans de nouveaux territoires d’expérience.
Ne craignez pas la mort. Il n’y a pas de mort, seulement du changement.
Le passage d’une conscience fondée sur l’ego à une vie centrée sur le coeur est à de nombreux égards une expérience de mort. Plus vous vous identifiez à l’Esprit, au Dieu qui est en vous, plus vous relâchez des choses dont vous aviez l’habitude de vous soucier ou dans lesquelles vous mettiez beaucoup d’énergie.Vous prenez conscience à des niveaux de plus en plus profonds qu’en vérité, il n’y a rien à faire, excepté être. Lorsque vous vous identifiez à votre êtreté, au lieu des pensées fugaces et des émotions qui vous traversent, votre vie en est immédiatement affectée. L’Esprit n’est pas quelque chose d’abstrait. C’est une réalité que vous pouvez véritablement faire passer dans votre vie. Etre en contact avec cette source qui est la plus pure qui soit, finira par tout changer dans votre vie. Dieu (la Source ou l’Esprit) est par nature créateur, mais selon des voies qui vous sont quasi-incompréhensibles.
L’Esprit est silencieux, éternel et cependant créateur. La réalité du divin ne peut être vraiment saisie par le mental. Elle ne peut qu’être ressentie. Si vous lui permettez d’entrer dans votre vie et que vous la reconnaissez dans les murmures de votre coeur, lentement, tout va trouver sa place. Quand vous êtes accordé à la réalité de l’Esprit, l’attention silencieuse qui se trouve derrière toutes vos expériences, vous cessez de forcer ou d’imposer votre volonté sur la réalité. Vous permettez aux choses de retomber dans leur état d’être naturel. Vous devenez votre Soi réel, naturel. Tout cela se passe de manière harmonieuse et pertinente. Vous faites l’expérience que les choses s’arrangent d’une façon qui a son rythme naturel, son cours naturel. Tout ce que vous avez à faire, c’est rester accordé à ce rythme divin et lâcher-prise des peurs et des malentendus qui vous font vouloir intervenir.
Publié dans Récits d'éveil, Sagesse |
Mardi 15 juillet 2008

Corinne m’a fait parvenir ce très joli texte. J’ai le goût de le partager avec vous. Vos commentaires sont toujours les bienvenus.
La percée du cœur
Il y a deux ans, je suis tombée amoureuse. Cet amour était si puissant qu’il me semblait être en présence de Dieu. Du reste, je devais effectuer pour cet homme des recherches sur le conte du Petit Poucet qui m’ont renvoyée à la mention : « le petit homme qui naît dans la caverne du cœur ». Il était celui-là, mon ami le plus intime, l’autre « moi » de mon cœur ».
Malgré son indifférence insoutenable, il possédait la vertu de m’unifier, comme si à son contact, je renouais avec l’autre part inconnue de moi-même. La nature de cet amour était platonique.
L’effet était puissant, magique. Je le sentais chimiquement.
Chaque fois que je subissais une lourde épreuve, le fait de me relier à lui contribuait à me remettre sur pied.
Un jour, j’ai subi un choc terrible de la part d’un homme cynique et méchant. Ce traumatisme, devait être la condition préalable à l’expérience qui s’en est ensuivie puisqu’il m’a fait toucher le vide. C’est en « touchant » ce rien que l’occasion m’a été donnée de contacter mon essence. Mais la condition était que l’homme que j’aime soit en lien avec moi. Hélas, ce lien m’a fait défaut pour que l’expérience parvienne à un point de non retour. Mon chagrin, mon désespoir, maintes tribulations ont eu raison de cet effet prodigieux.
Voici à peu près comment les choses se sont déroulées
Alors que j’étais désertée de moi-même, en proie à ce vide, j’ai commencé de ressentir, à peine, une chose infiniment petite, à peine sensible, un presque rien, un remuement sous la surface, un grain si humble qui naît d’une nouvelle terre.
Ce processus a dû mettre des jours. Je sentais que quelque chose voulait éclore. Je me rappelle maintenant qu’il y avait un élan désespéré chez moi parce que je ne supportais plus la moindre conversation terre à terre, la moindre banalité. J’étais aussi sensible que la princesse sur le poids. J’aspirais de toutes mes forces à la spiritualité et me débattais tel quelqu’un qui s’asphyxie s’il ne prend pas de l’altitude. J’en arrive à présent au moment où la chose s’est enfin produite et qui remonte au début de cette année.
Ouvre ton cœur comme le chas d’une aiguille, dit le Talmud, et Je t’ouvrirai les portes du Sanctuaire.
J’avais la nette impression que mon cœur était percé, qu’il en émanait un parfum qui remontait jusqu’à ma bouche. Je l’ai nommé élixir en concevant qu’il était le résultat de mes souffrances, de mes douleurs transmutées par l’effet d’une lumière dont j’ignore la provenance mais qui s’activait chaque rare fois où je pouvais contacter, même indirectement, lui, que j’avais élu comme mon alter ego.
L’élixir. J’en ai le goût, c’est dense et parfumé. Je me dis : « Voilà l’homme ». C’est une réponse à ma quête de l’humain. L’humain est là dans sa mission ontologique : transformer, transcender, donner du sens, relier le haut et le bas, en constituant par lui-même le lieu de la rencontre des opposés. Cette vérité, je la vis, je l’expérimente.
Je me ressens pareille à un petit enfant qui vient de naître d’une nouvelle terre vierge. Je vais essayer de transcrire au mieux le déroulement.
La moindre pensée, la moindre perception, active l’effet d’un parfum qui est comme le révélateur de l’âme des choses. L’enfant que je suis peut contacter l’enfant au cœur de chaque chose, de chaque être et communier avec lui. Je comprends alors que nous percevons le monde à la mesure de ce que nous sommes. Tout ce que je vais percevoir, en le reconnaissant, je prendrai immédiatement conscience que je le suis… je deviens ce que je vois. Par exemple, si je m’extasie à la vue d’un arbre, je découvre que je suis moi-même arbre, l’arbre je le contiens, il est moi en partie et entièrement quand je le vois en tant que tout. Je suis ce que j’aime, et j’aime tout ce qui est. Je suis tout ce qui est.
Un triple mouvement me fait monter autant que descendre, autant que m’étendre. Le vertical, l’horizontal, et en leur croisement, ce centre, une source, d’où je ne cesse de puiser pour naître et croître d’instant en instant. Or, j’ai besoin de lui car il assure la ligne horizontale afin de maintenir l’équilibre. Je suis pareille à une fleur, spéciale, constituée d’un cœur nommé le Merveilleux, et de cinq pétales : Amour, Beauté, Vérité, Connaissance, Intelligence. C’est au moyen de ces valeurs que je vais lire le monde désormais. Tout est petit, Je suis moi-même l’enfant que je cherche, heureux et libre, au cœur de toute chose, derrière les voiles grossiers des apparences.
C’est extraordinaire et si simple ! Tous les opposés, les contraires, le haut et le bas, le grand et le petit, l’envers et l’endroit, trouvent ici leur lieu de réconciliation et s’harmonisent. Je suis tout en petit. Masculine autant que féminine, je suis androgyne, je le sens ! J’acquiers de plus en plus de puissance, en restant liée à la source c’est ainsi que je ne perds jamais l’humilité. L’intelligence est vive, concentrée, intuition pure. Pourtant, elle raisonne, à sa manière. Je saisis d’abord le principe et ce principe se vérifie en toute chose selon la loi d’analogie.
Il y a l’essence et en son cœur la quintessence. Le Merveilleux. Tout se donne à ma compréhension à travers les symboles et les archétypes. Ce ne sont plus les concepts froids de mon adolescence quand alors, je m’efforçais de remonter aux premiers principes, par une voie sèche, purement mentale. Ce sont des idées vivantes, denses, chargées de rosée, l’intelligence est intuitive, synthétique et inductive. Une formidable intelligence, du génie pur. Ma densité et ma grâce sont telles qu’elles m’évoquent l’image d’une colombe animée d’une puissance d’aigle. Je suis moi-même symbole, je suis archétype. Je suis dans la trame, je suis la trame. Tout se correspond, tout se répond, tout se reflète et se contient. Mes pensées sont douces, rapides, toujours reliées à la source intime, nourries d’élixir, elles pénètrent chaque élément, par transparence.
C’est la vision d’un Enfant, depuis le monde de l’Enfance. Je suis dans l’Essence des Choses. Je pourrais, j’en suis sûre communier avec l’âme du murmure du vent, de la plus légère brise, devenir l’amie intime de l’infime, vulnérable et fragile qui recèle une puissance infinie, insoupçonnable. C’est une huile essentielle autour et en mon cœur qui pense, d’où naissent des idées pures, suaves et puissantes, à l’image de ce que je suis devenue.
Dans l’Idée, c’est une clarté d’aurore, au goût de rosée. C’est la naissance du jour, c’est le premier matin. Un Enfant naît dans le monde.
Je puis tout lire, tout comprendre, tout connaître avec l’œil du cœur.
Tout ce que je perçois, devine, ressens, comprends, n’est rien d’autre que moi. Oui, c’est bien moi, mais magnifiée, idéale, divine et humble. Est-ce possible ? C’est depuis moi que je lis le monde. Microcosme à l’image du Macrocosme. Tout cela est bien réel.
Je vais tâcher d’expliciter ce qui continue de se donner à moi, toujours par le mode inductif, par le symbole.
Chaque élément, petit ou grand recèle l’univers entier parce qu’il contient Dieu. De ma sphère enfantine, c’est le Dieu enfant, enveloppé dans la matrice, toujours le même, celui qui nous appelle, qui nous soutient, qui nous porte que nous portons. Il n’y a qu’un Dieu, en entier dans le grain de sable, à la manière d’un grain de sable, en entier dans une goutte d’eau à la manière d’une goutte d’eau. C’est la variation infinie, multidimensionnelle, d’un thème unique.
L’idée centrale et merveilleuse qui en ressort, que j’ai gardée entre toutes, c’est la possibilité de changer le passé, le présent peut-être le futur : en revenant au cœur du souvenir par le parfum à l’instar du goût de la madeleine, on communie avec l’enfant qui réside au cœur du cœur, étincelle d’or, ou pur cristal. C’est l’Eternité. Il illumine d’un jour nouveau toutes les couches de l’événement ainsi, le rectifie, ainsi, le restitue dans son essence, voilà ce qu’il est dans sa perfection, ainsi tu obtiens la Rédemption. C’est la voie des Artistes.
Avec l’œil du cœur, l’œil de l’âme, tu comprends que ta vie, toutes les vies sont une œuvre d’art.
Toute cette aventure s’est vécue dans une joie pure, proche de l’extase, Les portes de mon cœur ouvertes, je pouvais m’élancer tel un oiseau, infiniment libre, infiniment heureux. C’est le bonheur.
Merci de me permettre de partager cette expérience avec vous.
Corinne
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Mercredi 21 mai 2008
Ma totale absence : ma vraie présence
Musicologue de formation médicale, Jean Klein a été gagné aux doctrines orientales par les livres de René Guénon. C’est au cours de longs séjours en Inde, auprès de maîtres vivants, qu’il réalisa l’évidence de sa vraie nature.
Ma première et réelle prise de conscience se produisit à l’âge de neuf ou dix ans. Je pratiquais le violon et le chien gémissait, gênant ainsi mon travail. Je saisis un objet et me mis à le corriger quand soudain, le bras levé, je notai le regard du chien et compris ce que j’étais en train de faire. Ce fut la première fois que je pris conscience de façon bipolaire, et de ma réaction, et de l’impact de ma réaction. Je compris que ma réaction provenait d’un sentiment de supériorité qui n’avait pas de raison d’être. L’effet fut très fort. Plus jamais dès lors je ne tombai dans ce piège.
La première perception de l’unité ou de l’éveil à soi-même se produisit vers dix-sept ans. J’attendais un train par une chaude après-midi. Le quai était désert et le paysage assoupi. Tout était silencieux. Le train avait du retard, et j’attendais sans attendre, très détendu et vide de toute pensée. Soudain un coq chanta, et ce son insolite me rendit conscient de mon silence. Ce n’était pas le silence objectif dont j’étais conscient, comme cela arrive souvent quand on se trouve dans un endroit tranquille et qu’un bruit soudain met en relief le silence environnant. Non, je fus projeté dans mon propre silence. Je me sentis dans un état de conscience au-delà des sons ou du silence. Plus tard, j’ai éprouvé ce sentiment plusieurs fois. […]
Quel était votre état d’esprit dans cette période pré-indienne ? Etait-ce le moment où vous avez trouvé une orientation, où votre quête s’est davantage précisée ?
Oui, parce que je n’avais trouvé ni liberté ni paix dans les objets et les situations, j’en vins à cesser d’accumuler connaissances et expériences et je fus conduit à une quête très profonde : Comment puis-je rencontrer l’accomplissement s’il ne passe pas par les objets ? J’ai vécu longtemps avec cette question, dans un état de non-connaissance.
Il se produisit un abandon de tout ce qui n’était pas essentiel, de tout ce qui ne se rapportait pas à la beauté intérieure, à la liberté intérieure. Je ressentais énormément d’énergie et de lucidité dans cette période. Cela a apporté une joie de vivre, un enthousiasme pour la vie et une grande ardeur dans la recherche. Cela a éveillé en moi le désir d’être établi dans cet état de non-connaissance, et de trouver une aide dans cette quête. […]
Ainsi tandis que vous étiez un disciple de Pandiji, vous n’avez jamais été attiré vers d’autres maîtres pour plus de clarté ?
Il n’y avait aucun désir en moi pour cela. Je n’étais pas allé en Inde pour trouver un maître. C’est le maître qui m’a trouvé. Il n’existe qu’un seul maître. J’en vins rapidement à la conviction qu’il n’y a rien à enseigner et que ce que nous cherchons n’appartient à aucun enseignement, ni à aucun « maître ». Aussi pourquoi chercher quelqu’un ? C’est la présence du guru qui montre qu’il n’y a rien à enseigner parce que le maître est établi dans le « je suis ». Ainsi ai-je pris conscience que c’est seulement le « je suis », et non un esprit ou un corps, qui peut vous amener au « je suis ».
Combien de temps avez-vous passé ainsi à voir Pandiji ?
Environ trois ans.
Ensuite vous avez quitté Bangalore pour Bombay ?
Oui, je suis parti visiter le pays.
Et c’est durant ce séjour qu’eut lieu l’illumination ?
Oui. Il y eut abandon complet de l’état conditionné et établissement définitif dans l’état inconditionné, sans résidu. L’éveil se déploya pleinement et je me perçus dans la globalité.
Cela vous était-il arrivé auparavant ?
Non. Il y avait eu des éclairs, mais là, c’était plus qu’un éclair. Il n’y avait pas de retour en arrière possible. J’avais trouvé mes vrais fondements […]
En raison de la qualité de la transmutation, il ne subsistait aucun doute que je puisse jamais être repris par la dualité, et cela se confirma dans les jours et les semaines qui suivirent. Je sentis une rectification dans mon corps et dans mon cerveau, comme si toutes les parties avaient trouvé leur juste place, leur position la plus confortable. Je vis tous les évènements quotidiens apparaître spontanément dans le non-état, dans ma totale absence, dans ma vraie présence.
Jean Klein, extraits du prologue, Transmettre la Lumière, Éd. du Relié, 1993.
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Jeudi 27 mars 2008

Le bouleversement
Arrêté après un affrontement sanglant à la frontière belge, suite à un cambriolage avec prise d’otage, Jacky van Thuyne, brute du “Milieu”, boucher de métier, est transféré à la Santé. Là, un soir, il participe, avec méfiance, à une classique séance de spiritisme qui lui révèle un monde dont il ne voulait pas jusque-là soupçonner l’existence.
Je suis bouleversé. Jusque-là, j’avais eu un rapport ambigu à Dieu. Je niais avec force son existence, mais en même temps je le refusais avec violence. Une fois, Sabine avait proposé à Paul de faire une prière ; je m’étais mis dans une colère monstre « Arrête tes conneries ! Je t’interdis de lui parler de tout ça ! On lui apprendra seulement à être gentille avec les gentils, et méchante avec les méchants.»
Et voilà qu’au travers de ce que j’avais considéré comme un jeu sans réelle importance, un « au-delà » surgissait dans ma vie, que je ne pouvais nier.
Je vais me coucher, très impressionné, et c’est alors qu’arrive la « chose »…
Tandis que je dors profondément, c’est comme si « on » me réveillait avec précaution ; je me sens alors comme baigné d’une incroyable douceur ; plus qu’une douceur ; c’est difficile à dire. Je suis là, et je ne suis pas là ; je me laisse envahir dans tous les membres, sans effort, ni physique, ni cérébral.
La matinée se passe dans une sorte d’absence bienheureuse.
L’après-midi, c’est comme un voile, quelque chose de très léger, à la hauteur du front, où plutôt dans le front, qui s’enroule, qui est enlevé, de gauche à droite, en oblique. J’ai le sentiment de devenir intelligent, de comprendre. Jusque-là, je ne pouvais exprimer ce que je ressentais et voilà que je trouve les mots facilement pour le dire. C’est le samedi, je connais trois jours d’une plénitude inouïe. Je vis les contraintes quotidiennes dans une sorte de détachement radical. Habité…
Mais, le mardi matin, je me réveille et le vieil homme en moi retrouve sa hargne.
— Mais, alors, Dieu existe, et c’est quand même la merde ! Les « Giscard », les « De Gaulle » vont à la messe et ça n’empêche pas les gosses de crever de faim, et les guerres et les Goulags… ? La colère me prend, et d’un coup disparaît la béatitude paisible qui m’enveloppait.
Pourtant, tout change dans mes valeurs ; moi, qui mangeait de la viande deux fois par jour, je n’ai plus envie que de légumes ; moi qui était si friand de livres de la série noire, de romans-feuilletons, ça ne m’intéresse plus ; ni la montre d’un million, que je donne, ni l’argent, ni le sexe. Plus rien à foutre de tout ça. A la place, une sorte d’émerveillement pour des riens : un rayon de soleil au travers des barreaux, une fourmi vivante sur le sol, la timide gentillesse de Didier. Mille petits bonheurs dans l’enfer de la taule qui me donnent le sentiment d’accéder à une liberté nouvelle, malgré les murs crasseux, l’absurde de l’enfermement. Même les matons, — comme si l’hostilité, le ressentiment étaient tombés — deviennent des hommes comme les autres.
Je me surprends, indépendamment de moi, à leur dire « bonjour », « merci, surveillant » avec douceur.
Oui, une liberté nouvelle… comme si s’était défaite d’un coup la cuirasse que je m’étais fabriquée depuis des années, d’intolérance, de certitude, de violence pour me défendre d’une faiblesse qui m’aurait mis à la merci de tous ceux que je considérais comme des pauvres mecs et que j’éprouve maintenant comme des frères.
Enfin, libre d’aimer…
Philippe Maillard & Jacky van Thuyne, Le rebelle, cerf, 1988.
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Mercredi 12 mars 2008

AU PRINTEMPS DE L’ÉTERNITÉ
En juillet 1976, je feuilletais le Tao-Te-King (traité sur le Principe et son action), ouvrage chinois de Lao-Tseu, écrit voici vingt-cinq siècles, dont le sujet évoque le Principe originel ou Tao et sa force productive, Teï, mère de l’univers.
Cette approche du monde fut tellement inédite pour moi que je perdis tous mes repères intérieurs et fus jeté, vide, sur la rive de l’inconnaissable. Je posai le livre et, par la fenêtre, contemplais le crachin monotone bruinant sur l’église Saint-Mathieu à Quimper, quand soudain l’éveil me saisit. La pensée s’arrêta. Dans ce corps figé, une immobilité intérieure totale se fit. Un silence insondable m’engloutit. Un flot transparent de conscience et d’amour imprégnait tout dans le champ de vision. On ne sentait aucune mesure, aucune limite, aucune séparation. Instant absolu d’atemporalité. Plénitude, béatitude, liberté, plus rien ne manquait…
Et d’écrire : Je pleure d’une immense joie : le ROC est touché. Croyant nager à la recherche du rocher salvateur, voici que je SUIS ce rocher. Dans cette recherche, je courais à l’Être. La paix est au Non-Être, pas théoriquement, mais vraiment : quand je ne suis plus rien, alors je peux être un avec tout; immobile dans la course, immobile dans l’amour. Non-agir… pour mieux agir… Non-aimer pour mieux aimer. Que de vérité!
Je me demandais pourquoi l’humilité? Et aujourd’hui c’est clair : n’être rien. Être devenu rien, tout s’accomplit à travers ce corps-ci, sans l’interférence de la personne peureuse et désireuse. La vie éclate alors de ses milles énergies!! Le cauchemar est fini. Le temps est arrêté, à présent, laid ou beau, riche ou pauvre, sain ou malade, que reste-t-il pour souffrir encore ? Personne.
Tant et tant de préceptes, de commandements, de permissions et surtout d’interdits, de dualités pavaient mon chemin intérieur que le Tao-Te-King, dans sa limpidité naturelle est venu volatiliser tous ces conditionnements, Relier les paires de dualités, le chaud parce que le froid, le mal parce que le bien, le bien parce que le mal, le riche parce que le pauvre, le plaisir parce que la souffrance, le désir parce que la peur, la peur parce que le désir… tout cela s’est articulé dans cette conscience brusquement infinie pour ne laisser qu’un champ vierge et transparent, une lumière intérieure doucement teintée d’amour, de compassion, d’une subtile radiance bienveillante, d’un sentiment de totale perfection.
Un rire joyeux se jouait de mes lourdes tentatives de comprendre Cela, l’inaccessible, de mes méditations préhensives qui voulaient forcer la porte du Nirvana. Il n’y a que l’abandon, le si mal compris et surexprimé «lâcher-prise» qui ouvrent la porte du Nirvana, en effet. Mais je vous avoue que je n’étais pas vraiment dans une démarche de lâcher-prise, mais juste concentré à comprendre cette dualité. Et c’est l’assemblage du puzzle duel qui me révéla (ce que je ne savais pas encore se nommer) la Non-Dualité. Le Tao m’était si nouveau à l’esprit que nul réseau ne venait enchaîner un envol vers l’inconditionné. Comment un tel esprit venait-il d’être touché par la Grâce? Peut-on seulement parler de Grâce? N’est-ce pas simplement le Hasard?…
Cet Éveil semble sans cause, tellement loin de notre volonté et de nos capacités individuelles. Oui, on ne peut que constater sa propre impuissance en face de Cela. Mon regard était neuf, tel un nouveau né. Une nouvelle naissance, oui; on peut dire cela. Et ce poids du passé, tous ces conditionnements sont soufflés comme une simple bougie par l’Éveil Soudain. Mille ans d’erreur sont dissipés en une seconde… Quel jeu, cette vie… Comme dit le Shin Jin Mel, «une fleur de vacuité… pourquoi souffrir pour saisir cette illusion ?»
La particularité de cette révolution intérieure est qu’elle est incompréhensible. Ce que l’on cherche est ce que l’on EST depuis l’origine, sans le savoir, mais plus bizarrement encore, elle se livre dans un non-savoir, dans un vécu qui déconnecte toute tentative d’analyse et de compréhension intellectuelle. «On» ne comprend rien. Réellement. Cela se saisit Soi-même dans une Union parfaite et absolue. Aucune trace d’illusion. Aucune trace d’ignorance non plus. Plus aucune ombre de Cela. Les tribulations humaines semblent des rêves d’enfants dans une cour d’école. Si le temps arrêté nous délivre de l’âge, il nous livre l’alpha et l’oméga de tout ce qui est et sera à jamais. Nous sommes enfin libres de ne rien faire. Il n’y a plus rien vers quoi tendre. Quelle paix! Mais quelle peur pour les troublions de l’activisme impénitent!! Il faut souvent qu’ils tombent pour entrevoir cette voie du milieu, du non-savoir, du non-être, du non-devenir et du non-agit…
Tiré de «Le bonheur est en Soi» (version 30/1/2005), anonyme
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Jeudi 28 février 2008

Il y a plus de 25 ans, la rencontre avec la méditation produisit le premier réveil. Rien dans mon éducation ou mes souvenirs conscients ne pouvait indiquer qu’une telle pratique aurait un effet aussi radical sur moi. Une partie du voile semblait se déchirer : ce monde violent et sans amour n’était peut-être pas tout ? Il semblait y avoir autre chose à quoi je pouvais accéder.
Quelques mois plus tard, alors que j’avais à peine 20 ans, j’ai rejoint une communauté spirituelle au centre de la France où j’ai fêté mon anniversaire dans une atmosphère qui a lavé la douleur d’être vivant collant encore à mon coeur.
J’ai passé plus d’un an dans cette atmosphère que j’ai ensuite quitté avec le désir de confronter le monde et ses secrets. Ma vie avait retrouvé son sens et j’avais puisé une force nouvelle en moi.
La méditation régulière continuait de ponctuer mon quotidien. Elle était devenue un refuge de paix où mon corps et mon âme se sont ressourcés sans un écart pendant 17 ans.
Après un bref passage dans un monastère et un séjour aux États-Unis, je suis ainsi devenu instructeur de méditation auprès d’un maître indien qui voulait faire de moi un des instruments de la « paix mondiale ». J’ai étudié le Veda, le Sanskrit, les Mantra et les Puja. Mon souffle s’est imprégné des fumées d’encens, mon esprit de la physique quantique et de l’espoir d’un monde nouveau.
Pourtant, cette voie que je m’étais tracée vint à s’effondrer brutalement. Je ne l’ai pas quittée de mon plein gré, elle s’est détachée de moi par la force des choses, le choc de déceptions douloureuses, d’illusions perdues.
Je me suis retrouvé « à terre ».
Et c’est en tombant du lit que je me suis réveillé.
Dans les cendres de cet effondrement, de cette dévastation intérieure, mon cœur a vraiment fini par renaître, comme une braise oubliée derrière des façades dorées et des ébats superficiels.
Le voile finissait de se déchirer.
Cet espoir lancinant d’un « autre que moi » et tous les artifices de ma quête se sont consumés laissant la place au silence. J’avais bien entrevu quelque chose mais toutes mes connaissances, mes pratiques avaient fini par former un fatras devant ma véritable nature.
Dans l’effondrement de toutes ces constructions, alors que je croyais avoir tout perdu, jusqu’au sens même de la vie, je gagnais tout à coup la liberté d’être ce que je suis. C’est à partir de ce dénuement brutal que l’éveil spirituel, que je croyais auparavant fait de masques pathétiques, s’est révélé dans sa splendeur épurée. La tension de la quête laissait la place à un espace vivant d’ouverture d’où émergeait une « connaissance » non livresque, non mentale, de ma véritable nature et, du même coup, de la danse infernale des stratégies douloureuses que nous pratiquons continuellement pour nous tenir, involontairement, à distance de nous-mêmes.
Le désir de témoigner s’est naturellement imposé, hors de tout cadre sécurisant, de toute tradition. C’est aujourd’hui ce que je fais quotidiennement parce qu’il n’existe plus d’autre impulsion que celle de partager ce miracle simple d’être vivant. J’invite les chercheurs et ceux qui ont cessé de chercher, de tous « bords » et de tous « milieux », de la non-dualité comme du New Age, à venir sur la plage des âmes nues partager la Joie de l’Abandon
Site de Thierry Vissac http://www.istenqs.org/
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