" Pour réaliser ce qui vous tient vraiment à coeur, VOUS ! "
La spiritualité commence où finit l'ego.
-- Gilbert Anken
La Vérité est un pays sans chemins, que l'on ne peut atteindre par aucune route, quelle qu'elle soit: aucune religion, aucune secte.
-- J. Krishnamurti
Quelle est votre nature réelle?
Est-elle d'écrire, de marcher ou bien est-elle tout simplement d'être?
La réalité unique et inaltérable est le fait d'être.
Tant que vous n'aurez pas réalisé ce niveau d'être à l'état pur, vous devrez poursuivre votre enquête.
-- Ramana Maharshi
Comme il est difficile de se désolidariser de soi! Il faut le faire sans un adieu, sans se retourner, avec le sourire de l’ami qui va bientôt retrouver le moi comme un prolongement de Soi, et vivre avec lui, dans l’acceptation pure et simple de sa merveilleuse... absence.
-- Roger Quesnoy
Le sage n’est pas celui qui sait résoudre les problèmes, mais celui qui sait ne pas les créer.
-- Auteur inconnu
Après tout, qu'est Dieu ? Un éternel enfant jouant un jeu éternel dans un éternel jardin.
-- Sri Aurobindo.
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Archive pour la catégorie 'À propos de l'éveil'
Lundi 3 mai 2010

Andreas Mamet a commencé son parcours méditatif il y a plus de 30 ans. Dans les années 70, il a vécu en Inde pendant 5 ans pour approfondir sa pratique. Au début des années 80, il a enseigné la méditation au Japon et en Allemagne. Il vit actuellement au Mont Shasta, en Californie, et consacre son temps à enseigner à Paris et à Tokyo
De nos jours, beaucoup de choses sont écrites sur l’Eveil (en Sanskrit : Samâdhi) et souvent, je m’aperçois qu’on le décrit comme une expérience qui apporte une amélioration pour le chercheur spirituel une fois qu’il a atteint l’état de Samâdhi. Le chercheur devient spécial. Une version améliorée. Un modèle turbo.
Rien ne saurait être plus éloigné de la vérité. L’expérience de Samâdhi est inséparablement liée à l’annihilation du chercheur. La survenue de la Samâdhi équivaut à la cessation du chercheur. La Samâdhi est la suspension de la structure du soi mental.
Le mental existe en tant qu’entité qui a pour fonction sempiternelle de s’approprier, de s’identifier. Il le fait implacablement, sans cesse. Lorsque le mental dit : « J’ai faim », il s’identifie à une sensation dans l’estomac. Lorsqu’il dit : « Je suis en colère », il s’identifie à une émotion. Et la liste s’allonge sans cesse. A chaque fois que le mental exprime une notion d’identité, il perpétue un mensonge existentiel.
Chacun d’entre nous dans ce monde a déjà fait face à la notion de « Je suis riche et célèbre » et aux modalités subséquentes en terme d’arrogance et d’égocentrisme. Il est intéressant de noter que les mêmes dynamiques du mental sont directement transférées dans la dimension spirituelle. Le mental perpétue ses modalités usuelles sans même sourciller. Il suit son cours.
Désormais, son identité a pris une nouvelle forme : « Je suis doué en méditation ».
Dès lors, on devient quelqu’un qui peut affirmer : « Je canalise Dieu, Mère Marie ou Saint Germain ». Notre nouvelle identité devient : « Je suis proche de Dieu » (et vous feriez mieux d’écouter ce que je vous dis). Lorsque de telles notions sont perpétuées, on continue bel et bien de nourrir son arrogance et son égocentrisme, mais sous un nouveau déguisement.
La toute première ligne des Yoga Sutras de Patanjali dit : « Yoga Chittam Vritti Nirodha ». Le yoga est atteint lorsque tout mouvement du mental a cessé. En d’autres termes, il est atteint lorsque la capacité du mental à s’approprier des identités cesse totalement.
La Samâdhi est l’expérience de l’ouverture de l’espace intérieur. Dans cette ouverture de l’espace intérieur, le soi mental disparaît purement et simplement. Lors de cette disparition, tout processus d’identification s’évapore.
La Samâdhi est la présence d’un silence si vaste que le soi mental ne survit pas à l’émergence de cette présence. Dans la réalité de cette présence, le mental doit être absent. Par voie de conséquence, Samâdhi et soi mental n’existent pas simultanément. Ils ne le peuvent pas. Si le soi mental est,
la Samâdhi n’est pas. Si la Samâdhi est, le soi mental n’est pas.
En Inde, il existe une technique spirituelle qui a pour objectif d’aider le méditant à naviguer vers le but final, l’ultime « ici et maintenant », la Samâdhi. On appelle cette technique « neti, neti ». Cela signifie « ni ceci, ni cela ». A chaque fois que le méditant détecte une identité qui émerge en lui, on lui conseille de penser « Je ne suis pas ceci ». L’identité suivante survient et à nouveau, le méditant pense : « Je ne suis pas cela ».
Cette technique fait partie de la pratique du Gyan Yoga, le yoga de l’intellect, puisqu’il a recours à l’intellect pour en fait aller au-delà de l’intellect. Elle guide le méditant vers l’expérience de liberté de toute identification : la Samâdhi.
Lors de la Samâdhi, le chercheur disparaît. Ce qui reste est le flot de l’expérience. Toute séparation entre le sujet et l’objet s’est évanouie. Tous les noms ont disparu et il ne reste que les verbes. Seul demeure le processus d’expérience de l’intensité électrifiante de l’instant même.
L’évènement de la Samâdhi est très choquant. Aucune dose d’imagination, aussi créative soit-elle, ne pourra préparer l’individu à cette expérience.
J’ai vécu la Samâdhi pour la première fois à l’âge de 21 ans, après 3 années d’intense entraînement yoguique. Je me suis assis en méditation et me suis concentré sur un point situé à 5 centimètres au-dessus de ma tête, en visualisant une flamme. Puis j’ai visualisé que j’entrais au coeur de cette flamme. Soudain, depuis le coeur de cette flamme, un espace a commencé à s’ouvrir rapidement et une incroyable immensité s’est déployée, dans laquelle mon être et toute activité mentale ont complètement disparu.
Le choc m’envahit jusqu’à la moelle. La Samâdhi est comme une mort, car la vie et notre perception des choses telles que nous les connaissions, disparaissent. Selon la puissance et la profondeur de l’expérience de Samâdhi, il peut falloir des mois, voire même des années, avant d’intégrer l’évènement. La Samâdhi crée également un contraste dans le sens où, pour la première fois, il y a éveil et dans cet éveil émerge la reconnaissance que la vie avant cette immense ouverture était une vie de profond sommeil. Les écritures yoguiques différencient Sarbij et Nirbij Samâdhi. Le premier terme signifie « avec graine », le second « sans graine ». En réalité, cela signifie que la structure ego-mental revient après l’évènement de Sarbij Samâdhi. Non seulement elle revient, mais en outre, dans la plupart des cas, la structure ego-mental s’approprie l’évènement et le revendique, à moins que l’individu n’ait une conscience capable d’être témoin des dynamiques en
mouvement, et qu’elle ne l’en empêche. Existentiellement, la situation est tout à fait comique : le mental revendique le non-mental. Les mots revendiquent le silence. A la seconde même où le mental revendique l’expérience de non-mental, un processus de corruption se met en place.
Alors que la structure ego-mental revient après Sarbij Samâdhi, ce n’est pas le cas après Nirbij Samâdhi. En conséquence, Nirbij Samâdhi correspond à l’expérience de l’Eveil, Sarbij Samâdhi non ; c’est un aperçu de l’Eveil.
Certaines personnes ont vécu des expériences de Sarbij Samâdhi et les prennent pour l’Eveil. Alors, immédiatement, elles s’en vont donner des satsangs à autrui, proclamant qu’elles ont atteint un état élevé. Mais il ne s’agit pas de l’Eveil. Des centaines, voire des milliers d’expériences de
Sarbij Samâdhi peuvent survenir avant que ne se produise l’évènement de Samâdhi de non-retour.
Je souhaite souligner que l’expérience de Samâdhi ne crée pas l’infaillibilité. Même les rares êtres qui sont pleinement ancrés en Samâdhi conservent la capacité humaine de commettre des erreurs à différents niveaux. L’apprentissage continue. L’univers évolue sans cesse, nous aussi.
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Vendredi 19 février 2010

L’éveil selon Anthony De Mello
Quand tu es éveillé, la vie continue, et, autour de toi, tout se passe de la même manière qu’avant de t’éveiller, seulement maintenant tu es conscient de ce qui se passe et tu y prends part
Ce qui a changé, c’est toi, car tu commences à voir et à sentir les personnes et les choses de façon différente. Les problèmes persistent, mais ils ne t’affectent plus car maintenant tu ne les vis plus comme tels.
La différence vient de ce que tu es en paix et que plus rien ni personne ne peuvent te perturber.
Ton éveil te permet de voir les choses comme elles sont et cela te donne confiance et sérénité. C’est comme le lever du soleil après la nuit : la lumière, en chassant l’obscurité, permet de découvrir les formes, les mouvements, les couleurs, et elle t’aide à comprendre la signification des choses.
C’est comme la joie qui se révèle en elle-même, dépouillée de toute image.
Elle est pure joie et n’a besoin ni de masques ni de parures pour nous combler d’allégresse.
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Vendredi 15 mai 2009

Voici la vidéo de Jill Bolte Taylor
Article de Véziane de Vezins vu dans le Figaro.fr
Victime d’un grave accident vasculaire cérébral le 10 décembre 1996, la neurobiologiste Jill Bolt Taylor recommença ses conférences six mois plus tard, après une longue convalescence aux côtés de sa mère.
Jill Bolte Taylor, neurobiologiste renommée, est passée de l’autre côté du voile. Son accident vasculaire cérébral, qu’elle a suivi consciente, lui a permis une nouvelle approche de la vie qu’elle raconte dans «Voyage au-delà de mon cerveau» (Éditions J.-C. Lattès). Phénoménal succès de librairie aux États-Unis, aujourd’hui en vente en France.
Pour une chance, c’est une fameuse chance ! «Combien de chercheurs en neurosciences ont l’opportunité de vivre par eux-mêmes un accident vasculaire cérébral ?» Jill Bolte Taylor exulte. Elle a deux ou trois messages à faire passer, et les vingt-deux langues dans lesquelles son livre est traduit, son passage aux États-Unis dans le show d’Oprah Winfrey et le projet de film pour lequel Jodie Foster est déjà partante ne lui semblent pas de trop. Parce que des bonnes nouvelles, il y en a. Déjà celle-ci, et c’est une neuro-anatomiste qui le dit : «L’hémisphère droit de notre cerveau est programmé pour le bonheur, la paix, la compassion.» Et celle-ci encore : «Le circuit neuronal de la colère est mobilisé durant exactement une minute et demi, après quoi la tension retombe. Libre à nous de ne pas donner suite.» Et cette autre : «La plasticité des neurones donne à chacun la possibilité de “virer à droite” et de choisir la paix et l’amour plutôt que l’affrontement.» Il ne s’agit pas là d’une déclaration de foi politique, mais d’un constat scientifique rendu possible il y a environ neuf ans, lorsque la neurobiologie s’est rendu compte que les transmetteurs du cerveau étaient en constant renouvellement.
Une synapse n’y retrouverait pas ses petits. Quel rapport avec le grave accident vasculaire cérébral (AVC) dont fut victime Jill il y a douze ans ? Comment une longue et pénible convalescence qui l’a obligée à un corps à corps de tous les instants avec son hémisphère gauche a-t-elle pu rendre le professeur de l’Université de l’Indiana et porte-parole de la Banque des cerveaux de Harvard quasiment bouddhiste ? Nous avons ici le fruit d’un long cheminement entre souffrance et émerveillement. C’est le 10 décembre 1996, à 7 heures du matin, que la scientifique s’est réveillée avec une terrible douleur derrière l’œil gauche. Une bonne douche et il n’y paraîtra plus, s’est-elle dit. Oui, mais cette grande admiratrice du cerveau sentait que les cinquante milliers de milliards de cellules constituant son corps ne répondaient plus. Ses mouvements étaient saccadés, les sons déformés, l’équilibre lui manquait. Puis elle perdit peu à peu la perception en trois dimensions. Puis les informations qui étaient sa vie : s’habiller, aller au travail. Mais où se trouve ce travail ? Et comment conduit-on une voiture ? Tout cela en tentant d’analyser ce qui était en train de lui arriver. Plus tard, elle sut que son cortex moteur était atteint lorsque son bras droit refusa tout office. Mais nulle peur : en même temps, une douce euphorie la gagnait. Ce n’est qu’au terme d’un effort surhumain et au milieu d’un écroulement de neurones – son hémisphère gauche était en pleine hémorragie, mais elle l’ignorait encore – qu’elle comprit l’urgence d’appeler des secours. Mais les chiffres n’avaient plus de signification pour elle. Elle chercha, toujours en luttant contre le sentiment de béatitude qui l’envahissait, un nom qu’elle connaissait bien. Dans un éclair, elle comprit qu’elle avait un AVC. Elle compose comme un enfant le numéro de son bureau à la Banque des cerveaux. Son ami, le Dr Vincent, est au bout du fil. Jill essaie alors de bredouiller quelque chose. Mais c’est un borborygme qui sort. «Mince, on dirait un chien qui aboie», songe-t-elle, réalisant que le centre de la parole est atteint.
Le Dr Vincent comprend quand même. Quand on la transporte enfin à l’hôpital, chaque geste la fait sombrer dans un épuisement qui l’emporte dans le sommeil. Mais alors là, quelle merveille ! «Mon énergie spirituelle flottait en suspension autour de moi, telle une baleine géante dans un océan d’euphorie muette.» L’anatomiste aurait diagnostiqué : perte du cerveau gauche, qui baignait dans son sang, et donc report de toutes les sensations à travers le crible du cerveau droit.
Mais elle n’en était pas là. Commença une longue convalescence avec sa mère, qui comprenait le besoin frénétique de sa fille de dormir. Entre deux sommes, séances de rééducation. Se dresser sur son séant, tenter de comprendre ce qu’on vous dit, retrouver les mots disparus. Puis ce fut le tour des lettres. Jill dut réapprendre à lire. À conduire. À réussir un puzzle. À monter des escaliers…
Au fur et à mesure que sa vie se remettait en place – elle recommença ses conférences six mois après l’AVC – le Dr Bolte Taylor réalisa qu’elle avait une nouvelle mission à mener auprès de tout individu doté d’un cerveau : «Si mon odyssée intérieure m’a appris une chose, c’est que la quiétude est à notre portée. Il nous suffit, pour y parvenir, de faire taire la voix de notre hémisphère gauche dominant.»
Cette voix compte, bavarde, évalue, suppute. Elle est capable de vous souffler les pires idées : découragement, fureur, peur. Elle nous structure aussi par le langage, la raison, la connaissance. Comment utilise-t-on alors son hémisphère droit ? Nul manuel ne nous a jamais appris le bonheur par mobilisation latéralisée de la matière grise.
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Jeudi 25 septembre 2008

Photo Don Paulson
La vérité percutante de ce texte atteint chacune de mes cellules. Je pourrais le signer tant il me parle. Si ça vous parle vous aussi et si vous en voulez plus, je vous invite à aller sous l’onglet Éveil Spirituel du site. Vous y trouverez un document PDF intitulé Le bonheur est en Soi dont l’auteur a choisit de garder l’anonymat. Un petit bijou d’une centaine de pages vous y attend. Le texte ci-dessous est l’article n°2.
Tous ceux qui apprécient les billets de André, qui écrit régulièrement sur ce blogue, y verront une parenté.
Que signifie donc « Réaliser le Soi »?
C’est constater l’absence de “moi”. Prendre conscience de notre réalité essentielle, de notre nature la plus immédiate, sans intermédiaire, ni transcendance. Il ne s’agit pas d’élargir notre perception à l’univers entier, d’être omniprésents et informés de tout évènement à l’horizon de la galaxie, mais juste de voir les choses comme elles sont, depuis ce corps limité : les images de moi comme des compilations facultatives, les images des autres comme des souvenirs ou des projections incertaines. Finalement laisser toutes ces images, adhérer au monde dans une bienheureuse unité. Réaliser le Soi (ou l’absence absolue, ce qui revient au même) épanouit le coeur et le rend innocent, vulnérable, ouvert, spontané, aimant, intelligent, pur, transparent, lumineux, numineux, léger, large, généreux et enfin, compatissant. La réalisation de Soi est accessible à chacun, en dévoilant la simplicité foncière, l’éternelle Unité des choses et des êtres ; elle est non seulement accessible, mais déjà installée ici et maintenant.
Vous découvrirez comment on peut rêver ce monde de contraste et de multitude, rêver posséder un corps humain, une existence séparée, alors que l’on n’est jamais né, puisqu’infini à jamais. La négation du pseudo-sujet, le moi, donne lieu à cette unification. Être simplement soi, (constater l’inexistence du moi…) nous relie à notre source, et au-delà, à tout ce qui est ; installe l’être loin de toute idée de séparation, de limite, de naissance et de mort, d’univers; c’est en quelque sorte l’essence primordiale avant le jaillissement universel. Cette source est toujours là, intouchée, inconnaissable, inaccessible sauf à vous-mêmes. Vous êtes cela. (Ou « cela est », puisque « vous » n’êtes pas.) Aucune technique; aucun maître ne pourront vous installer dans votre propre nature.
(Vous) y êtes déjà! (VOUS) ÊTES CE RÉEL, (VOUS) ÊTES DÉJÂ CELA, mais inconsciemment! Pour vous intégrer dans le Soi, vous n’allez pas rendre conscient ce qui est au-delà de la conscience ou de l’inconscience ; vous ne pouvez que vous laisser fondre dans l’inconnu, l’indéfini, l’illimité, sans carte et sans guide ; vous ne pourrez que disparaître quand l’éveil frappera à votre porte! En un éclair d’abandon, vous comprenez être déjà cela depuis l’origine, embrassant le tout; le moi semblait exister, c’était un mirage! Vous êtes indissolublement cela quoi que vous fassiez, dormir, manger, faire la guerre ou bien l’amour… Vous êtes toujours cela. Vous ne pourrez jamais rien faire pour être davantage cela, ou pour l’être moins ; comment dire? C’est plus proche de votre coeur que votre péricarde …
Rien ne vous sépare jamais de votre nature profonde, essentielle, rien, rien, rien. Ici le langage achoppe: rien ne vous sépare jamais de votre nature essentielle, oui, cependant seule la disparition du « vous » offrira le trône à la Présence, la (votre) nature essentielle n’est pas «ce vous» auquel vous êtes identifiés, ce vous que le cerveau interprète comme « existant »… Serions-nous plus clair d’évoquer « cela » sans rien ajouter d’autre? Ne soyez pas déstabilisés, nous ne nions aucunement la réalité du corps physique individuel, mais la notion du « je ». C’est ce que l’on appelle identification à ce corps, la croyance au « moi ». En dehors de cette référence au corps physique, existe-t-il un donjon apte à protéger le « je »? Pourquoi dit-on encore que les choses et les êtres n’existent pas « en eux-mêmes »? Ils existent seulement dans la conscience de l’observateur. Sans cette conscience distinguant des différences, on ne voit qu’être , être et toujours être, illimité. Cette prise de conscience nécessite un renoncement à nos chaînes adorées. Nous voulons bien attraper la lune, mais tout en gardant les pieds dans les pantoufles! Il faudra laisser nos habitudes conventionnelles de pensées, d’actions, de sentiments, bref; de vie, car elles structurent la conception que nous avons de nous-mêmes et du monde, laquelle finit par nous éloigner de la rive de l’Unité, de la Réalisation du Soi et de l’illumination, hors d’atteinte de notre pensée, de notre intellect, de notre savoir, de notre conscience relative. Le Soi éclot loin des idées étriquées.
La Voie est simple, très simple puisqu’elle nous parle de l’INDIFFÉRENCIÉ. Qu’y a-t-il de plus simple que l’Indifférencié? Nous ne comprenons pas ce qu’est l’Indifférencié: c’est normal, il n’y a rien à comprendre! Nous pouvons comprendre seulement les choses différenciées, et les rapports entre les choses, les êtres et les rapports entre les êtres. L’INDIFFÉRENCIÉ EST INCONNAISSABLE. Mais si nous ne pouvons pas le connaître, nous pouvons l’être. (NOUS) SOMMES CET INCONNAISSABLE, CE NON-DIFFÉRENCIÉ, CETTE UNITÉ. (Tout en rappelant qu’il n’y a jamais eu de « nous »…) L’indifférencié gisant dans notre inconscient, ne cherchons donc pas une manifestation consciente pour constater que le Soi est là; il est bien là, mais en-deçà de notre conscient. La distinction conscient/ inconscient n’a plus cours ici. L’indifférencié semble inconscient, alors qu’en fait, il est conscience de l’indifférencié… Il est conscience sans objet. Autant dire non-conscience… Êtes-vous encore là? Si vraiment vibre en nous la flamme transparente, l’ardeur de la découverte fondamentale, si cette recherche est vitale pour nous, bénis sommes-nous! Il ne faut rien d’autre pour « ne plus jamais partir hors de Soi…
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Dimanche 14 septembre 2008
Voici quelques extraits du livre « Après l’extase, la lessive – Comment la sagesse du cœur se développe par la voie spirituelle » Jack Kornfield Éd. La Table Ronde. Jack Kornfield nous montre avec élégance et humour la réalité de ces gens qui ont réalisés d’énormes prises de conscience et le défi que présente de vivre le quotidien en dépit de celles-ci.
Vous qui êtes sur la voie, sachez que rester dans le moment présent quoi qu’il arrive en accueillant ce qui est, est un défi imposant pour quiconque s’est engagé sur la voie spirituelle. Vous n’êtes pas les seuls à perdre la communion avec le divin.
Voici quelques extraits de ce livre passionnant, réaliste et peut-être libérateur.
Claudette

” L’éveil existe, on peut s’éveiller. Liberté et joie sans limite, union avec le Divin, ouverture à un état de grâce intemporel, toutes ces expériences sont plus communes qu’on ne le pense et ne sont pas si éloignées de nous. Il existe cependant un corollaire : ces expériences ne durent pas. Nos réalisations et nos prises de conscience nous dévoilent la réalité du monde, elles apportent des changements mais elles passent.”
” Vous avez sûrement lu des récits traditionnels racontant la vie de grands sages asiatiques parfaitement éveillés ou l’histoire de saints et mystiques occidentaux d’une pureté irréprochable. Ces écrits sont magnifiques; ils peuvent pourtant nous induire en erreur. En réalité, dans le processus d’éveil du cœur, il n’y a rien qui, de près ou de loin, puisse être assimilé à une fin éveillée. Les choses ne se passent pas ainsi. Nous savons tous qu’après la lune de miel, il y a le mariage et qu’après les élections, la dure tâche de gouverner. Dans la vie spirituelle, il en va de même : après l’extase, il y a la lessive.”
Kornfield d’ajouter :
” Quelle que soit notre vision initiale de la vie spirituelle, pour être authentique, elle doit être réalisée ici et maintenant, à l’endroit où nous vivons. À quoi ressemble le cheminement d’un occidental au sein d’une société complexe? Comment ceux qui ont consacré 25, 30 ou 40 ans de leur vie à une pratique spirituelle ont-ils appris à vivre? Voilà les questions que j’ai commencé à poser aux Occidentaux qui sont venus, des maîtres zen, des lamas, des rabbins, des pères, des nonnes, des yogis, des enseignants et à leurs plus anciens étudiants.”
” Pour comprendre la vie spirituelle, j’ai commencé par le commencement. J’ai demandé ce qui nous amène à la vie spirituelle et quelles difficultés nous avons à traverser sur le chemin. Les chemins de l’Éveil J’ai demandé quels présents, quels éveils nous étaient offerts et ce que nous pouvions savoir de l’illumination. Puis j’ai demandé ce qui arrivait après l’extase, lorsqu’on mûrit au cours des cycles de la vie spirituelle. Y a-t-il une sagesse qui intègre à la fois l’Extase et la lessive ?”
” La fille d’un pasteur demanda à son père d’où lui venait ses idées pour les sermons. ‘ De Dieu ’, répondit-il. ‘ Alors pourquoi toutes ces ratures? ’, lui demanda-t-elle. ”
” Les mystiques de chaque tradition, poursuit Kornfield, enseignent que, quelle que soit la puissance de l’éveil obtenu, notre capacité à vivre dans cette réalité sera presque certainement transitoire. Au premier abord on pourrait en douter : les satori éveillent en nous une compréhension et une liberté tellement impressionnantes qu’il est difficile de croire que cette réalisation n’est qu’une première étape. Pourtant des descriptions ou cartes du processus évolutif d’éveil existent dans pratiquement toutes les voies spirituelles. […] Chaque tradition offre sa propre image du déroulement de la vie quand le cœur s’est éveillé, mais toutes s’accordent sur le fait que la première ouverture n’est qu’un début. ”
Vu sur le site http://www.radio-canada.ca/Par4/mag/20010520/vb/spiritualitequotidienne_extaseLessive.html
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Mardi 22 juillet 2008

Image http://www.allposters.fr
Préambule
Récemment j’ai fait une découverte, aujourd’hui j’ai le goût de la partager avec vous. Il y a deux ans, j’ai eu l’occasion de découvrir une grande partie de ce qui suit. L’expérience qu’il m’a été donné de vivre dernièrement m’a cependant amené un niveau de compréhension et de clarté accrues. J’en suis très reconnaissante.
Cette compréhension me procure beaucoup de joie parce qu’elle me permet de vivre davantage en conscience et en communion avec tout ce qui est, avec la Vie.
Si cette découverte est passée par moi, elle ne m’est toutefois pas personnelle. Elle appartient à tous ceux et celles qui reconnaissent qu’elle est vraie pour eux. Elle s’offre à tous pour être reconnue et honorée.
L’intérêt de présenter les différents aspects de l’éveil de cette façon réside dans son effet conciliateur et dans le sentiment d’harmonie et d’unité qu’elle procure. Divers auteurs ont effectivement élaboré sur différents aspects de l’éveil, mais souvent en ne traitant qu’une ou deux facettes de la question. Cette présentation partielle laisse entrevoir une contradiction ou à tout le moins une dichotomie, alors qu’il s’agit en fait d’éléments complémentaires.
Les trois visages de l’éveil
L’éveil se présente sous trois aspects différents :
1. l’éveil du Cœur
2. l’éveil de la Conscience
3. l’éveil de l’Être
Ces trois facettes de l’éveil peuvent survenir simultanément ou successivement. Je connais quelques personnes ayant connu l’éveil de la Conscience, ils ont atteint la Connaissance ultime. Ils savent qui ils sont, ils n’entretiennent plus de mensonge quant à leur identité. Pourtant, certains d’entres eux sont encore méprisants envers les autres, envers eux ou envers Dieu car ils n’ont pas encore connu l’éveil du Cœur. Leur cœur est encore fermé et retient la haine et le mépris. Lorsque leur coeur sera ouvert et aura laissé sortir ces sentiments souffrants, ils auront accès à la Source d’amour et de joie de leur nature divine.
Les personnes qui ont connu l’éveil du Cœur et n’ont pas forcément connu l’éveil de l’Être et découvert qui Ils sont vraiment. En outre, certaines personnes qui ont connu l’éveil du Cœur et n’ont pas forcément connu l’éveil de la Conscience et fait consciemment l’expérience de tout ce qui est.
J’ai pu constater que certaines personnes réalisent un ou deux éveils, mais pas les trois. D’autres connaissent les trois en même temps et ne se doutent pas que certains font une expérience partielle d’éveil.
L’éveil du Cœur
L’éveil du cœur permet de s’ouvrir à tout ce qui est pour l’accueillir, l’aimer, l’embrasser. L’éveil du cœur permet de découvrir et de vivre l’Amour véritable.
L’Amour véritable c’est le don et l’accueil en même temps.
C’est l’amour de soi, de l’autre, de Dieu, de tout ce qui existe. L’Amour se situe au-delà de « j’aime », c’est plutôt « Je suis Amour ». Ce n’est pas je donne et je reçois, c’est Ça donne et Ça reçoit à travers moi. L’Amour est au-delà du petit moi, Il est impersonnel.
L’Amour c’est l’ouverture à l’autre pour devenir un espace d’accueil inconditionnel. C’est donner tout ce que l’on possède et tout ce que l’on crée. Aimer c’est s’offrir soi-même, c’est devenir une offrande. Il n’y a rien d’autre à offrir que soi.
Aimer c’est servir, honorer, c’est devenir gratitude.
L’Amour c’est la joie, le bonheur, le sourire intérieur et l’émerveillement.
L’Amour c’est aussi la dévotion, la prière, l’adoration et le recueillement.
L’Amour est guérison et transcendance, il est aussi douceur et tendresse. Il enveloppe, réconforte et apaise.
L’Amour comprend toutes les expressions de l’amour, y compris le non-amour. La colère et la peur sont aussi des expressions de l’Amour. Tout est Amour.
Il n’y a rien à développer pour être Amour. Nous le sommes déjà. Nous avons simplement à reconnaître que l’Amour est notre nature véritable. L’Amour n’est pas quelque chose que nous pouvons posséder, c’est ce que nous sommes.
L’Amour embrasse tout et lâche prise à tout. Tout est accueilli, absolument tout ; rien n’est demandé ou retenu. C’est l’Absolu.
L’Amour est la plus douce et la plus envoûtante des mélodies du cœur. C’est le chant de la Vie.
L’Amour c’est à la fois l’offrande et l’invitation. Je regarde autour de moi et je vois que tout s’offre avec générosité et qu’en même temps tout m’invite à le pénétrer intimement. L’élan de s’offrir et d’inviter sont simultanés et sans limites.
En résumé, l’éveil du cœur mène à l’Amour véritable. Ses deux expressions sont le don et l’accueil.
Je suis en amour avec l’Amour. Je donne tout et je reçois tout.
Je me donne à travers tout ce qui existe et je vous invite à travers tout ce qui existe. Je m’offre à vous sans retenue et je vous accueille sans condition. Je suis Amour.
L’éveil de la Conscience
L’éveil de la conscience est lié à la lumière. Si l’éveil du Cœur permet de devenir Amour, l’éveil de la Conscience permet de devenir Lumière consciente, c’est-à-dire d’avoir la Connaissance ultime.
Si la lumière éclaire ce qui est, la conscience permet de le vivre et le sentir, d’en faire une expérience vivante ici et maintenant. L’éveil de la Conscience c’est s’ouvrir à l’expérimentation, c’est accepter de ressentir ce qui est sans aucune réserve. C’est « être en communion avec ce qui est », « c’est faire un avec ce qui est pour en être totalement conscient ». C’est faire l’expérience de la vie, complètement, sans aucune discrimination, sans retenue. C’est appréhender ce qui est avec ouverture pour devenir tout ce qui est. Parce que je suis rien je peux devenir tout.
Pour pénétrer chaque chose existante, je deviens un faisceau de lumière consciente qui implose en continu pour atteindre l’infiniment petit. Chaque particule qui vole en éclats se divise en milliers de particules qui, sans fin, se subdivisent à leur tour en milliers de particules. C’est absolument inimaginable !
Non seulement ce faisceau de lumière consciente implose à l’infini, mais il explose en même temps. Il se déploie et s’élance à travers tous les univers, sans jamais s’arrêter. Ce faisceau ne cesse de se multiplier et d’exploser. Il prend sa source en lui-même car chaque particule est totalement Source. Cette explosion permanente s’opère en même temps que l’implosion permanente et continue. C’est ahurissant !
L’éveil de la conscience permet de faire l’expérience de l’infiniment petit et de l’infiniment grand. En pénétrant tout ce qui est avec conscience, il permet d’en avoir une connaissance intime et profonde. Regarder sans expérimenter peut amener le dédain, le rejet. Expérimenter sans regarder peut amener la confusion et la discorde. L’éveil de la conscience c’est regarder et expérimenter simultanément et totalement tout ce qui est.
L’éveil de l’Être
L’éveil de l’Être est lié à la connaissance ou la re-connaissance de qui je suis. C’est lever le voile sur le mensonge concernant ma fausse identité pour découvrir l’ultime Vérité. C’est savoir, en toute conscience, « qui je suis » et « qui je ne suis pas ». C’est la découverte que ma véritable identité est une non-identité.
Je suis la multiplicité de tout ce qui est.
L’éveil de l’Être est le lieu d’émergence de tous les paradoxes et peut être représenté par le symbole de l’infini ∞. C’est savoir et reconnaître que :
• Je suis le vide et le plein. Le vide est plein et le plein est vide.
• Je suis tout et Je suis rien.
• Je suis la Conscience qui accueille et d’où émergent toutes formes de conscience et d’inconscience.
• Je suis l’Infini qui accueille et d’où émerge tout ce qui est fini.
• Je suis l’Éternité qui accueille et d’où émergent toutes temporalités.
• Je suis l’Unité qui accueille et d’où émergent toutes expressions d’unité et de dualité.
• Je suis la Présence qui accueille et d’où émergent toutes expressions de présence et d’absence.
• Je suis la Liberté qui accueille et d’où émergent toutes formes de liberté et d’esclavage.
• Je suis la Vérité qui accueille et d’où émergent toutes les vérités et tous les mensonges.
• Je suis la Paix qui accueille et d’où émergent toutes les turbulences.
• Je suis l’Immobilité qui accueille et d’où émergent tous les mouvements.
• Je suis la Transparence qui accueille et d’où émergent toutes les couleurs.
• Je suis le Silence qui accueille et d’où émergent tous les sons.
• Je suis l’Indivisé qui accueille et d’où émergent toutes les divisions.
• Je suis la Totalité qui accueille et d’où émerge tout ce qui est partiel.
• Je suis l’Impersonnel qui accueille et d’où émerge tout ce qui est personnel.
• Je suis le Non-manifesté qui accueille et d’où émerge toutes manifestations.
Tout ce qui existe est en moi et Je suis dans tout ce qui existe.
En conclusion, nous pouvons dire que les trois éveils sont trois facettes d’une seule et même réalité ou plutôt d’une seule et même Non-chose. L’éveil prend trois visages différents, L’Amour, la Conscience et L’Être.
Nous pouvons ajouter que les trois éveils n’arrivent pas forcément de façon radicale et totale. Il se produit souvent plusieurs prises de conscience avant celle qui sera définitive. Même après celle-ci, des doutes peuvent survenir.
Certaines personnes vivent ces trois évènements simultanément, d’autres de façon successive et pouvant s’échelonner sur plusieurs années.
Certaines personnes font l’expérience de l’Unité ou de l’Amour, puis l’expérience disparaît. Ce n’est qu’une expérience passagère. Ils ne deviennent pas totalement Unité ou Amour de façon permanente, car l’identification à l’ego a encore préséance sur l’Être. La finalité n’est pas de faire l’expérience de quelque chose, mais de retrouver sa nature originelle.
Claudette
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Mercredi 7 mai 2008

J’ai choisi ces magnifiques roses pour symboliser les 4 étapes de la réalisation afin d’ illustrer le fait que, comme pour les roses, chaque étape du processus nous offre l’occasion de découvrir un aspect différent de la beauté de qui nous sommes. Lorsque nous sommes sans jugement, dans l’accueil inconditionnel de ce qui est, nous nous retrouvons à la Source, conscient de notre nature véritable, en paix et unifié.
Jack Kornfield nous présente dans son livre «Après l’extase, la lessive» une des cartes de l’éveil les plus connues dans le bouddhisme : la tradition Theravada des Aînés du Sud-Est asiatique. Cette carte décrit l’éveil en quatre étapes successives dites de notre ” noble réalisation “. Chacune d’elle conduit à un nouveau degré de libération.
1.La première est appelée :” Entrer dans le courant. ”
” Cette entrée dans le courant survient lorsque nous goûtons pour la première fois la saveur de liberté absolue de l’éveil : une liberté du cœur, au-delà de toutes les conditions mouvantes du monde. ”
2. La deuxième étape : ” Revenir encore. ”
” Même lorsque nous avons vu la vérité, de plus amples purifications demeurent nécessaires pour transformer notre caractère et intégrer cette nouvelle compréhension de la vie. Ainsi commence ce voyage, allant de l’entrée dans le courant jusqu’à la seconde étape, ‘ Revenir encore ’. Par un processus profond qui demande souvent de nombreuses années, nous découvrons et évacuons nos habitudes les plus grossières de saisie et d’aversion qui recréent ce sentiment d’un soi plein de peurs et de limites. Atteindre la deuxième étape requiert une attention constante, sensible à la souffrance qui survient lorsque nous nous accrochons à nos désirs et à nos peurs, à nos idées et à nos idéaux. ”
3. La troisième étape : ” Non-retour. ”
” À ce stade nous sommes définitivement libérés de tout ce qui reste de désirs, saisies, colères et peurs; nous n’aurons plus jamais à retomber sous leur joug. Ceux qui progressent jusqu’à cette troisième étape sont nombreux et ils y accèdent au terme d’un long processus consistant à demeurer profondément dans le calme et la vacuité. ”
4. La quatrième étape : ” Grand Éveil. ”
” Arrive enfin la quatrième étape, la plus extraordinaire, appelée ‘ Grand Éveil ’, dans laquelle les dernières traces de saisies subtiles – à l’égard de la joie, de la libération et de la méditation elle-même – disparaissent. Maintenant, sans les moyens d’identification à un soi, l’individu est libre de ses vestiges d’orgueil, de jugement, d’agitation, de séparation qui voilaient l’être pur. Le rayonnement de notre vraie nature brille sans obstacle dans notre vie entière. ”
” Cette carte explique comment une personne, ayant expérimenté l’éveil manifeste et profond, peut encore se laisser emporter par l’avidité, la colère et l’illusion. Une fois entré dans le courant – étape numéro 1 –, un individu peut donner des enseignements vraiment inspirés sur la réalisation et l’illumination et pourtant ne pas les vivre. Pour cette raison, des étapes ultérieures d’éveil sont essentielles. […]
” Les signes concrets et les moyens de réalisation étant très divers, un désaccord important existe entre les Aînés à propos de l’entrée dans le courant. […] À l’intérieur même d’un monastère, il arrive que des maîtres se querellent entre eux pour savoir si un étudiant a vraiment obtenu ces réalisation ou pas.
” Mais il est encore plus difficile pour les étudiants d’obtenir des instructions précises et sans ambiguïté dès qu’il s’agit de suivre le chemin qui se situe au-delà de l’entrée dans le courant. Un enseignant bouddhiste avancé, connu comme l’un des pratiquants occidentaux les plus expérimentés, m’a dit : ‘ Après des années de retraite, je me rendis en Birmanie. Le maître nous incitait au plus grand effort et j’expérimentai de nombreux niveaux de visions qui m’amenèrent à une réalisation stupéfiante du dharma (la voie bouddhiste). […] Comme je voulais savoir ce dont j’avais besoin pour atteindre cette deuxième étape, j’ai essayé de donner des réponses directes aux nombreux maîtres mais toutes les réponses étaient étonnamment vagues et obscures. Pour finir, mon maître me raconta que, pour lui, la deuxième phase de pratique avait consisté en une purification qui lui avait demandé de nombreuses années. Ce que je sais aujourd’hui, c’est qu’il faut continuer à suivre la direction du dharma, mais je ne suis pas sûr que nous puissions savoir exactement à quel point nous en sommes arrivés et combien il nous reste à faire. ’ ”
Après l’extase, la lessive, sous-titre : Comment la sagesse du cœur se développe par la voie spirituelle. Jack Kornfiel aux Éditions de la Table Ronde 2001.
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Mardi 22 avril 2008

Que doit-on penser de ces personnes qui ont eu une expérience d’éveil puis l’on perdu ? Est-il possible de “perdre” l’éveil ?
La seule chose que je puisse répondre est la suivante : tout éveil doit se convertir en réalisation de Soi.
Et la réalisation de Soi équivaut au Silence. Ce n’est pas une expérience car il n’y a pas d’expérimentateur. Ce qui seul prévaut alors est la Paix.
En ce ‘lieu’ que j’appellerais Liberté, il n’y a personne. Même le guru a disparu. Ce qui reste est le Soi non-manifesté, seul véritable guru, et il n’est pas différent de vous-même.
Normalement, une personne qui perçoit sa véritable nature doit se laisser absorber par elle et n’en plus ressortir. Ce qui se passe en pratique, c’est que les prédispositions (que les indiens appellent ‘vasanas’) sont très puissantes et ressurgissent. Dans ce cas un travail complémentaire doit être accompli jusqu’à ce que l’expérience se stabilise. Ramana Maharshi lui-même a souvent fait observer que jñaña peut mettre du temps avant de se stabiliser.
La raison la plus apparente aux mésaventures que vous mentionnez provient du fait qu’éveil veut tout simplement dire découverte que la vie de l’état de veille est un rêve, qui inclut en fait le ‘je’. Lorsque ce même ‘je’ se croit à l’extérieur du rêve (alors qu’il en fait partie) il travestit en quelque sorte l’expérience pour la récupérer à son profit. Il se pose alors comme l’observateur de cet éveil, usurpant en quelque sorte le rôle du Témoin, qui lui, ne fait pas partie du rêve et dont la simple présence ne constitue pas à proprement parler une observation.
Ainsi, ce qui arrive dans les cas que vous citez, c’est que l’ego tente de s’emparer de cette expérience et de dire, ‘je’ suis éveillé, ‘je’ suis réalisé, ce qui est un non-sens total. C’est en fait l’erreur de croire que ‘je’ connais l’éveil qui empêche la stabilisation de cet expérience que l’ego va ensuite se mettre à rechercher, sans se rendre compte que c’est la fausse appréhension qu’il vient de générer qui a occasionné cette ‘perte’ apparente.
Ce qui est connu n’est donc pas l’éveil mais un aperçu de l’état naturel véritable, car l’éveil anéantit justement l’illusion d’un ‘je’ faisant l’expérience de quoi que ce soit. Il ne peut donc être question de ‘perdre’ l’éveil car éveil veut dire justement que ‘je’ ne suis pas là autrement que comme pure illusion.
Seule une puissante investigation au sujet de ‘Qui’ connaît ou ne connaît pas l’éveil permettra au ‘je’ en question de réaliser qu’il n’est pas différent de Cela et qu’il n’y a donc pas d’éveil à rechercher. Au moment même où il le réalise, le sens de la séparation disparaît. Et lorsqu’il disparaît, meurent avec lui les concepts qu’il générait, y compris ceux d’éveil ou de réalisation.
L’illusion très tenace est de croire qu’il y a quelque chose à voir ou à expérimenter ! Or tout ce que vous pouvez voir et expérimenter est tout sauf l’éveil ! L’éveil est au contraire une non-expérience à la lumière de laquelle l’ego apparaît comme foncièrement non existant. Lorsque ceci est compris l’éveil se mue en réalisation de soi.
Ainsi, lorsque le but est atteint, il n’y a personne pour le revendiquer. Le véritable ‘Je’ demeure silencieux.
Seule demeure la Paix.
L’auteur souhaite garder l’anonymat
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Lundi 11 février 2008

LETTRE D’UN PRISONNIER QUI S’EST LIBÉRÉ EN PRISON
À une époque, la prison était quelque chose dont je faisais tout pour m’échapper. En fait, je me suis réellement évadé une fois, et je suis resté en fuite pendant quatre ans. Mais après que Gangaji nous ait rendu visite à la prison fédérale, tous mes comportements de fuite ont cessé. Cela dit, je n’avais pas la moindre idée de ce que j’allais faire de cette nouvelle naissance, alors pendant plus d’un an, je me suis juste promené dans la prison rempli de satisfaction. Les mots me manquent pour décrire cette conscience. Puis, après avoir reçu le conseil de profiter de mon état de solitude, tout est devenu clair. Le dernier mois passé en isolation continue est exactement ce dont j’avais besoin. Maintenant, tout mon temps se passe en méditation. Debout, assis, couché — je médite. Tout mon temps libre, je le passe à parler avec les autres et à leur conseiller de lâcher prise, puis à lâcher prise du lâcher prise.
C’est tellement merveilleux d’être ici parce que je vois des détenus s’éveiller et découvrir leur vraie nature. Si Gangaji peut offrir tout son temps à tous les êtres, alors cet homme-ci peut sûrement faire la même chose. Je suis dans une maison de souffrance et je dois partager tout cet amour avec les autres. En ce moment je suis inquiet à cause de ma sortie et je me demande comment je vais faire face à toutes les distractions de la rue. Quel revirement pour un voleur et un évadé. Un tel amour, une telle paix, une telle joie, il faut en parler. Il faut l’être, car en fin de compte c’est tout ce qui existe. Éveillé chaque jour, toutes choses sont neuves. Les conditions sont difficiles ici, mais ce n’est rien. L’ego embusqué tente de nous piéger, mais ce n’est rien. Quand je cherche qui souffre, qui fait souffrir, qui s’embusque pour causer la souffrance, qu’est-ce que je vois? Rien. Avec grand respect et amour.
Avec dévotion à cet amour,
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Samedi 2 février 2008

Image de Dennis Flaherty
Intruduction à l’éveil spirituel par Thierry Vissac
Nous parlons d’éveil spirituel parce que la plus grande partie des êtres humains vit dans un certain sommeil.
Le sommeil désigne le fait de vivre dans l’illusion.
L’éveil spirituel est donc l’émergence de la conscience hors du monde fantasmagorique des illusions, un peu comme la conscience sort du sommeil après une nuit de cauchemars.
Quelles sont les illusions ?
- Croire que la vie s’organise par notre intelligence personnelle (contrôle, maîtrise, projections sur l’avenir) et perdre de vue l’Intelligence de la Vie qui organise toute chose.
- Croire que nous sommes une “personne solitaire”, contre les autres, séparée de tous et en danger permanent (nécessité continuelle de se protéger) puis déplorer la guerre, le conflit, la violence et l’impossibilité à être réellement en relation qui en découle.
- Investir uniquement dans le transitoire comme s’il était éternel (famille, profession, propriétés …) et se révolter amèrement contre le déchirement et la souffrance qui en découlent chaque fois que l’évanescence de nos projets se révèle.
- Croire qu’il existe un(e) (ou des) autres qui pourraient nous apporter le bonheur (le mythe de l’âme soeur) ou qui seraient au contraire responsables de notre malheur, puis pleurer parce que notre quête est sans fin et toujours frustrée.
- Croire en l’autorité et la suprématie de la pensée et de l’intellect (et donc du jugement) et souffrir de la division qu’ils engendrent.
Que produit l’éveil spirituel ?
L’éveil spirituel, par la dissolution des croyances évoquées ci-dessus, révèle notre unité intrinsèque avec les mouvements de la vie (contre lesquels nous luttions en permanence), notre lien avec nos congénères, l’éternité de l’existence (au-delà des projets et objets de l’univers personnel), la réalisation que nos illusions sont la cause unique de toute souffrance, ainsi que l’émergence de la joie et la paix qui naissent de l’accueil de ce qui est, l’ouverture du coeur qui en résulte relâchant spontanément l’emprise du mental, de la certitude intellectuelle et de tous les cadres étroits que nous avions pris pour “notre vie”…
Thierry Vissac http://www.istenqs.org/Eveil_Spirituel.htm
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