" Pour réaliser ce qui vous tient vraiment à coeur, VOUS ! "

La spiritualité commence où finit l'ego.

-- Gilbert Anken

La Vérité est un pays sans chemins, que l'on ne peut atteindre par aucune route, quelle qu'elle soit: aucune religion, aucune secte.

-- J. Krishnamurti

Quelle est votre nature réelle?

Est-elle d'écrire, de marcher ou bien est-elle tout simplement d'être?

La réalité unique et inaltérable est le fait d'être.

Tant que vous n'aurez pas réalisé ce niveau d'être à l'état pur, vous devrez poursuivre votre enquête.

-- Ramana Maharshi

Comme il est difficile de se désolidariser de soi! Il faut le faire sans un adieu, sans se retourner, avec le sourire de l’ami qui va bientôt retrouver le moi comme un prolongement de Soi, et vivre avec lui, dans l’acceptation pure et simple de sa merveilleuse... absence.

-- Roger Quesnoy

Le sage n’est pas celui qui sait résoudre les problèmes, mais celui qui sait ne pas les créer.

-- Auteur inconnu

Après tout, qu'est Dieu ? Un éternel enfant jouant un jeu éternel dans un éternel jardin.

-- Sri Aurobindo.

Archive pour la catégorie 'Sagesse'

LE GRAND DOUTE

Mardi 15 juin 2010

Voici un extrait de LE BONHEUR EST EN SOI – auteur anomyne

Notre nature fonciĂšre est dĂ©jĂ  complĂštement prĂ©sente ici et maintenant, puisque c’est grĂące Ă  elle que vous lisez ces lignes !! Comprenez -vous? Nous la croyions gisant au fond de notre inconscience, recouverte par l’activitĂ© de notre conscience relative, fonctionnelle, c’est-Ă -dire de nos conceptions du monde extĂ©rieur et intĂ©rieur, orientĂ©es plutĂŽt vers les oppositions, les choix et les refus, les dĂ©sirs et les peurs, et elle Ă©tait en fait totalement exposĂ©e, Ă©vidente dĂšs lors que notre regard se tournait vers « ce qui voit ». Mais nous sommes si noyĂ©s bien souvent dans des opinions non vĂ©rifiĂ©es par nous-mĂȘmes, l’expĂ©rience des autres, le vĂ©cu culturel de la sociĂ©tĂ© que nous vivons sur un ramassis d’idĂ©es, d’opinions de seconde main.

DĂ©couvrir cette rĂ©alitĂ© de nous-mĂȘmes inchangeante, libre, insaisissable, impose de questionner tout ce que nous avons tenu pour rĂ©el jusqu’Ă  maintenant. Il ne faudra pas mĂ©nager notre effort pour nous dĂ©gager des on-dit, des lieux communs, du consensus tacite qui pave notre chemin. Rien ne devra ĂȘtre acceptĂ© par nous sans vĂ©rification par expĂ©rience directe, en particulier l’existence de l’ego, consensus chimĂ©rique…

MĂȘme l’essentiel est encombrĂ© d’opinions personnelles surimposĂ©es Ă  la tradition dĂ©jĂ  lourde. LĂ  encore, mettre en doute absolument nous ouvrira la porte du RĂ©el. C’est Ă  ce prix que nous nous libĂ©rerons, car se libĂ©rer est avant tout se dĂ©barrasser des acquits du passĂ© culturel, philosophique, spirituel que nos sociĂ©tĂ©s maintiennent, assez mal d’ailleurs, faute de nous donner Ă  dĂ©couvrir la RĂ©alitĂ© directement. Au fond, sur quoi repose cette main mise de la dualitĂ©? Posez-vous la question et marquez un temps d’arrĂȘt. Ne vous jetez pas sur la rĂ©ponse qui suit… Elle n’éclora dans votre coeur que si vous vous interrogez rĂ©ellement, profondĂ©ment.

Le nom et la forme, la limitation des choses et des ĂȘtres rĂ©sulte d’un seul acte de l’esprit: celui de projeter sa propre subjectivitĂ© sur l’environnement, donnant de la sorte Ă  ces soi-disant objets et ĂȘtres une densitĂ© qu’ils n’ont aucunement. La prĂ©sence des ĂȘtres individuels existe uniquement dans le cerveau des tĂ©moins, au point que chacun, devant la glace, finit par se prendre pour un ĂȘtre sĂ©parĂ©, douĂ© d’existence, par interprĂ©tation du regard des autres… Un jeu de miroir. Observez cela. N’est-ce pas vrai?

Chacun n’aspire-t-il pas Ă  exister dans le regard d’autrui? Comme s’il savait dĂ©jĂ  sa nature de nĂ©ant. Je vous en prie, ceci est de la plus extrĂȘme importance. Voyez cela. A l’instant, les choses et les ĂȘtres retrouvent leur nature fonciĂšre: L’ĂȘtre sans trait. Aucune chose n’est, en elle-mĂȘme, sĂ©parĂ©e. La sĂ©paration naĂźt dans l’esprit qui contemple. Si ce dernier dĂ©couvre la faussetĂ© de cette projection universelle, alors… Envisagez cela! profondĂ©ment, totalement, et le monde se vide de la dualitĂ©…

Douter, ce sera observer le monde et distinguer ce voile subtil dont nous l’enveloppons. Voile du sens de l’univers, du sens des Ă©vĂ©nements (« il n’y a pas de hasard! »); interprĂ©tation des choses du vĂ©cu, projection dans ce paysage pour sĂ©parer, puis accaparer ou repousser, qualifier ou nier. Percevoir notre monde et pas le monde. Voir nos contemporains Ă  travers le prisme des prĂ©jugĂ©s, et non pas les considĂ©rer comme ils sont rĂ©ellement, sans mes concepts personnels, ma vision des choses. Ce sera dĂ©couvrir une montagne presque gigantesque de prĂ©jugĂ©s hĂątivement enregistrĂ©s, prompts Ă  nous induire sur la pente glissante de la bĂȘtise. Notre conception du monde conditionne notre perception, Ă  concepts dualistes, vision dualiste. Toute cette activitĂ© de la conscience dualiste ensemence l’inconscient et maintient le trĂ©sor cachĂ©…

Douter, en accordant plus de valeur au soi-disant inconscient plutĂŽt qu’à la conscience de veille, tant cette derniĂšre est souillĂ©e de la dualitĂ©. Notre inconscient est Ă©galement sali de dualitĂ©, mais par sa nature peu diffĂ©renciĂ©e, il rapproche davantage du Soi. Le jeu se gagne dans l’inconscient, si l’on se rend compte alors du vide rĂ©el des choses et des ĂȘtres, puisque sans l’inconscient des spectateurs et sa capacitĂ© Ă  discriminer, point d’existence sĂ©parĂ©e. Rien que l’ĂȘtre sans limite.

Douter, mĂȘme d’exister, nous ouvrira Ă  cette profondeur insondable dont on ne sait si c’est l’Etre ou le NĂ©ant… Si nous sommes convaincus que le monde est, alors nous nous privons de l’accĂšs au NĂ©ant. Poser l’ĂȘtre du monde comme objet nous pose en tant que sujet. En revanche, ni ĂȘtre ni nĂ©ant, ni objet ni sujet, et voici ouverte la bulle universelle, fleur de vacuitĂ©… Qualifier emprisonne l’objet. Si en revanche nous Ă©vitons la qualification, le monde prend un caractĂšre de livre ouvert sans rien Ă©crit dessus, d’une ouverture inconditionnelle Ă  ce-qui-est, Ă  « je ne sais pas… ». Cette ouverture est amour.

COMPRÉHENSION

Vendredi 16 avril 2010

Maharaj

Quelques mots de Sri Nisargadatta Maharaj


Le point de vue ultime est qu’il n’y a rien Ă  comprendre. Comprendre est une complaisance envers les acrobaties de la pensĂ©e. Tous ces Ă©lĂ©ments spirituels sont dans l’illusoire. Toutes vos activitĂ©s matĂ©rielles et spirituelles appartiennent Ă  cette illusion. La conscience doit connaĂźtre la conscience dĂ©barrassĂ©e du sensoriel. Vos concepts obstruent le chemin. Ce que vous ĂȘtes est sans forme, ne peut pas ĂȘtre observĂ©, vous ne pouvez pas le savoir. Vous ne pourrez jamais “connaĂźtre” le Soi (connaĂźtre=objet). Vous devez “ĂȘtre ça” et en rester lĂ , ne plus en bouger. Une fois jetĂ© tous les concept, y compris “je suis”, ce que vous ĂȘtes est grand ouvert. Parce que vous ĂȘtes, l’univers est. Ce que vous ĂȘtes, vous l’ĂȘtes sans modifications. Vous ĂȘtes, vous savez que vous ĂȘtes.

Abandonnez vous et tout vous sera rĂ©vĂ©lĂ©. C’est au-delĂ  de la comprĂ©hension parce que ce n‘est pas conceptuel.

La grĂące signifie totale unicitĂ©, aucune fragmentation. La grĂące du Guru est toujours prĂ©sente. C’est la rĂ©ceptivitĂ© qui doit ĂȘtre lĂ  pour pouvoir accepter la grĂące. Et n’est-ce pas lĂ  un nouveau concept ? Le concept mĂȘme est un risque. Quoi que je vous dise, c’est ce par quoi vous avez saisi qui compte. Il est toujours lĂ , c’est l’état premier. Observez la montĂ©e des concepts et ensuite, leur disparition. La connaissance que l’on peut possĂ©der est un ramassis d’ignorance. C’est un mystĂšre seulement pour l’ignorant. Pour qui ne s’identifie pas au corps, il n’y a plus de mystĂšre. Vous n’avez besoin de connaissances qu’aussi longtemps que l’ignorance existe. Tous les concepts devront ĂȘtre jetĂ©s, mĂȘme “je suis”. Si vous abandonnez cette identification avec la personne, alors tout devient simple, je suis lĂ  avant que quoi que ce soit puisse se produire. Je ne suis mĂȘme pas le son primordial qui rĂ©vĂšle l’existence, ni la prĂ©sence, ni le son rĂ©vĂ©lant la prĂ©sence. C’est pourtant simple. DĂ©molissez tous ces concepts. Toute ambition, tout espoir, tout dĂ©sir, tout effort est reliĂ© Ă  une identitĂ© et tant qu’une identitĂ© subsiste, la vĂ©ritĂ© ne peut pas ĂȘtre perçue. Mon Guru voulait que je fusionne. C’est ainsi, et pas par des ratiocinations mentales, que j’ai rĂ©alisĂ© la connaissance. Vous ne pourrez jamais rien obtenir. Tout ce qui est connu est connu par la conscience, dans le domaine de la conscience. La connaissance de ce que vous ĂȘtes est dĂ©jĂ  lĂ . Quand je sais que cette connaissance c’est moi, qu’est-ce que vous voulez que j’attrape Ă  l’extĂ©rieur ? Penser pouvoir atteindre la vĂ©ritĂ© ou possĂ©der la connaissance demeurent des concepts. Ce qui est, avant la connaissance, Cela est la VĂ©ritĂ©.

ExpĂ©rimentation, expĂ©rimentateur et expĂ©rimentĂ©, tout cela est Un. L’observateur lui-mĂȘme change. Ce qui est observĂ© amĂšne un changement dans l’observateur et, sans ce changement en lui, l’observateur ne pourrait rien observer (pas de perception). La conscience est Ă  la fois la chose qui connait, la cognition et l’objet de connaissance. La prise de conscience est cet Ă©tat oĂč la conscience s’enfonce en elle-mĂȘme au lieu de se projeter. Quand le “je” s’affaisse, il ne reste plus que la prise de conscience directe. MĂ©diter sur quelque chose est devenir cette chose.

OUI

Lundi 18 janvier 2010

OUI

OUI

seulement, simplement « oui »,

toujours « oui »

un tel dit ceci et le dit mĂȘme avec colĂšre…

“oui” c’est qu’il ne pouvait pas parler autrement…

tel autre a fait cela qui peut sembler abominable…

“oui“…car il ne pouvait faire autrement…

Ce « oui », ce simple « oui » dit calmement

et comme une compréhension profonde

emplie de patience et de compassion

est bien le plus haut des accomplissements

car il n’est plus rien qui vous soit Ă©tranger

dont vous soyez séparé

tout ne fait plus qu’Un

et cela,

tout cela,

ce n’est que vous.

Swami Prajnanpad

LA NUDITÉ DE L’ÊTRE

Vendredi 16 octobre 2009

Coeur sur la plage

Les ĂȘtres humains aspirent naturellement au bonheur. La majoritĂ© tente d’y accĂ©der en ajoutant toutes sortes de choses : des connaissances, idĂ©es, expĂ©riences, etc. La sĂ©rĂ©nitĂ© et la joie profonde se trouvent Ă  la Source, dans l’Être. Ceux qui y ont accĂ©dĂ© disent que le chemin qui y mĂšne est un chemin de renoncement. Il s’agit de soustraire bien plus que d’ajouter. Quand toutes les couches ont Ă©tĂ© enlevĂ©es, nous dĂ©couvrons la radieuse beautĂ© de l’Être.

La sociĂ©tĂ© nous invite constamment Ă  «faire» davantage pour «avoir» plus. Tant de gens se retrouvent dans une course effrĂ©nĂ©e contre la montre. Le but de cette course ? Faire des milliers de choses qui vont leur permettre d’avoir : des Ă©motions, de la considĂ©ration, des idĂ©es bien arrĂȘtĂ©es sur une multitude de sujets, de l’amour, des relations, de l’argent, du sexe, du plaisir, etc.

Au fil du temps, les gens accumulent des biens, mais aussi des souvenirs remplis d’émotions. Leur passĂ© devient de plus en plus consistant, lourd. Pour Ă©chapper Ă  la partie souffrante de leur passĂ©, ils se projettent dans le futur, lĂ  oĂč tous les rĂȘves sont permis. Le futur  devient  un refuge pour les gens malheureux.

Pouvez-vous rester ici et maintenant et accueillir ce qui est ?

Une dĂ©marche spirituelle est un processus de libĂ©ration de nos croyances, Ă©motions, identitĂ©s, de tout le contenu de notre conscience. L’aboutissement est la rĂ©alisation qu’au coeur de toute chose, il y a le vide. Inconsciemment et inĂ©vitablement, nous sommes aspirĂ©s par le vide. Il ne s’agit pas d’un vide dangereux, mais d’un vide plein de vie et de promesses.

C’est parce qu’au dĂ©part il y a le vide que nous pouvons crĂ©er. Il faut une piĂšce vide pour mettre les meubles qui me plaisent et dont j’aurai besoin. Si la piĂšce est dĂ©jĂ  remplie, c’est impossible d’y ajouter quoique ce soit et d’y vivre.

Regardez votre coeur, il n’y a rien dedans. C’est pour cela qu’il peut aimer. Votre coeur est un espace vide et aimant qui peut accueillir toutes choses. Si votre coeur est rempli de tristesse ou d’enthousiasme, comment pourra-t-il accueillir la beautĂ© d’un coucher de soleil ou le sourire d’un enfant. Pour accueillir, il faut un espace vierge, le plus vierge possible.

Les trois caractĂ©ristiques de l’ĂȘtre sont : la vacuitĂ© (le vide), le silence et l’immobilitĂ©.

Voulez-vous vivre dans la plénitude du moment présent ?

Si oui, vous devrez cesser d’accumuler des connaissances et commencer Ă  voir en direct ce qui est. Je parle de voir sans prĂ©jugĂ©s et sans croyances. de voir sans juger, ni condamner, sans aimer ni dĂ©tester. Simplement accueillir ce qui est, tel que ça se prĂ©sente. C’est cela le vĂ©ritable amour, accueillir sans volontĂ© que ça disparaisse ou se transforme. Être avec quelque chose et rester avec, tout simplement. À partir de l’ĂȘtre, vous pouvez accueillir inconditionnellement. À partir de l’ego, ce n’est pas possible, car l’ego juge continuellement. L’ego veut tout contrĂŽler.

Vous doutez de pouvoir accueillir inconditionnellement ? Rappelez-vous que fondamentalement vous ĂȘtes un ĂȘtre. Votre  vĂ©ritable nature est donc vacuitĂ©, silence et immobilitĂ©. Vous n’avez rien Ă  faire pour cela, c’est dĂ©jĂ  lĂ . C’est lĂ  depuis toujours. Il est possible que vous croyez le contraire. Rappelez-vous que vous pouvez changer une croyance, mais pas votre nature vĂ©ritable.

En se libĂ©rant de nos vielles peaux, nous arrivons Ă  vivre  de plus en plus dans la nuditĂ© de l’ĂȘtre. Vivre dans la nuditĂ© de l’ĂȘtre c’est vivre sans filet, sans aucune protection. C’est lĂ  que nous sommes nous-mĂȘmes et vrai. C’est dans la nuditĂ© de l’ĂȘtre que se trouve la plĂ©nitude du moment prĂ©sent, le bonheur Ă©ternel.

Claudette

ESSAYER

Lundi 13 avril 2009

gangaji.jpg

Tiré du week-end intensif à San Diego, Californie 10 février 2002.

Le thĂšme « essayer » est apparu ce week-end. Essayer, c’est faire un effort. Essayer, c’est faire un effort dans le but d’obtenir quelque chose ou de repousser quelque chose. Une grande partie de l’attention est consacrĂ©e Ă  essayer. Une fois encore, je dirai qu’il n’y a rien de mal Ă  essayer; cela fait partie du caractĂšre de l’animal humain. Mais une fois qu’apparaĂźt le dĂ©sir de reconnaĂźtre en vĂ©ritĂ© qui vous ĂȘtes, tous les mĂ©canismes qui ont Ă©tĂ© dĂ©veloppĂ©s, pratiquĂ©s et suivis, deviennent alors un obstacle.

Nous avons l’histoire de Bouddha pour nous inspirer. Il a essayĂ© tant de choses diffĂ©rentes et finalement il s’est assis en silence et n’a rien fait. Tout, les dieux, les jeunes danseuses, la beautĂ©, l’horreur lui sont apparu, essayant de l’Ă©loigner du non-effort. Il n’y avait rien de mal dans l’apparition de jeunes danseuses ou de dĂ©mons; c’Ă©tait simplement la nature du dĂ©roulement de ses pensĂ©es. Ce pour quoi nous le rĂ©vĂ©rons tellement, c’est qu’il a fait face Ă  ce dĂ©fi sans bouger. C’est lĂ  qu’est le dĂ©fi.

C’Ă©tait la mĂȘme chose pour Ramana lorsqu’il Ă©tait un jeune homme. Il n’a pas essayĂ© de faire quoi que ce soit de spĂ©cial. Il n’a pas essayĂ© de devenir quelqu’un de spĂ©cial. Il n’a pas peinĂ© Ă  Ă©tudier pour arriver Ă  ĂȘtre un grand saint vĂ©nĂ©rĂ© plus tard. Mais quand il Ă©tait jeune, il Ă©tait paralysĂ© par la peur de la mort, et par une certaine grĂące, un certain mystĂšre, il n’a pas essayĂ© de changer cela. Il s’est simplement arrĂȘtĂ© et y a fait face.

Ceci est possible pour chacun d’entre nous. Et personne, ou presque, ne nous dit que c’est possible pour tout le monde. Nous l’attribuons aux grands saints, aux messies et prophĂštes, et nous disons que « c’Ă©taient eux, c’Ă©tait lui, c’Ă©tait elle, mais ce ne pourrait pas ĂȘtre moi. Je ne pourrais pas faire ça. » Ce dĂ©ni doit cesser si vous voulez rĂ©aliser le dĂ©sir, qui est apparu dans votre vie, de savoir qui vous ĂȘtes vraiment. Ce dĂ©sir n’apparaĂźt pas dans la vie de tout le monde. Mais il est apparu dans la vĂŽtre, et vous l’avez fui, vĂ©nĂ©rĂ©, exploitĂ© pour ce qu’il pouvait vous apporter et vous l’avez haĂŻ et adorĂ©. Vous avez essayĂ© de l’arranger, de le changer, de faire en sorte qu’il meure, qu’il s’en aille, et maintenant, enfin pour la premiĂšre fois, vous entendez: arrĂȘtez-vous! ArrĂȘtez d’essayer ! Peu importe comment vous l’avez entendu auparavant, vous l’avez entendu ainsi: « eh bien oui, je vais essayer de m’arrĂȘter. J’arrĂȘterai si je peux. »

Hier, nous avons examinĂ© un mĂ©canisme de l’esprit : comment essayez-vous de fuir ? La fuite fait partie de la dualitĂ©, du duo des pouvoirs primitifs de l’esprit. L’autre moitiĂ© c’est : comment essayez-vous de conserver ? Il y a des choses dont vous aimeriez vous dĂ©faire, vous Ă©chapper, et d’autres choses que vous souhaiteriez garder. Certaines choses que vous aimez sont conservĂ©es; elles sont lĂ  par une sorte de grĂące ou de bĂ©nĂ©diction. Certaines choses sont gardĂ©es tout au long de la vie. Je ne parle donc pas de se dĂ©barrasser de quoi que ce soit; je parle plutĂŽt de reconnaĂźtre la maniĂšre dont vous essayez de conserver les choses : vous pouvez les conserver en gardant ce que vous aimez, mais aussi en gardant ce que vous n’aimez pas. Comment essayez-vous de les conserver ? Qu’est-ce qui est impliquĂ© dans cet effort pour les garder ? En de nombreuses occasions, quelqu’un m’a demandĂ© : « oui, mais comment, comment , comment ? » Et toujours le comment, c’est comment vous rĂ©sistez, comment vous essayez de conserver, comment vous essayez de vous Ă©chapper, comment vous essayez d’arriver quelque part, comment vous essayez de vous enfuir ? Demandez-vous : « Comment j’essaie d’Ă©viter de m’exposer ? Comment j’essaie de repousser la rĂ©vĂ©lation ? Comment j’essaie de refuser la prise de conscience ? » Et aussi : « Comment j’essaie de garder la prise de conscience, la transparence, la rĂ©vĂ©lation ? »

Voyez, c’est la mĂȘme chose. Ce n’est pas nĂ©cessaire. Ce n’est que le tissage de l’Ă©nergie mentale. Mais ça ne fait pas un beau tapis, ça donne un fouillis, parce que ça part, puis ça s’arrĂȘte, ça repart et ça s’arrĂȘte. Il ne se soumet pas au Tisserand essentiel et Ă©ternel qui veut que votre vie tisse une tapisserie de VĂ©ritĂ©. C’est trĂšs simple, vous n’avez qu’Ă  dire la vĂ©ritĂ©. Sans savoir ce qui va se dire, vous n’avez qu’Ă  ouvrir la bouche et Ă  dire la vĂ©ritĂ©. Suis-je en train d’essayer d’ĂȘtre le bon Ă©lĂšve ? Suis-je en train d’essayer d’ĂȘtre l’Ă©tudiant rebelle et indĂ©pendant ? Suis-je en train d’essayer d’ĂȘtre l’enseignant ? Suis-je en train d’essayer d’ĂȘtre le dĂ©vot ? Suis-je en train d’essayer de n’ĂȘtre aucun de ceux-lĂ  ? À ce stade de votre vie, vous pouvez reconnaĂźtre que vous avez le choix. Le choix de pouvoir simplement ĂȘtre. Sans rien faire pour ĂȘtre. Sans rien garder pour ĂȘtre. Sans rien fuir pour ĂȘtre. À ce stade, rien n’est nĂ©cessaire pour ĂȘtre. Pour dire la vĂ©ritĂ©, arrĂȘtez simplement d’essayer de vous accrocher au mensonge. Si vous arrĂȘtez d’essayer d’ĂȘtre quelqu’un, d’ĂȘtre quelque chose, alors le naturel, la puretĂ© et l’innocence apparaissent.

http://www.gangaji.org/satsang/library/translations/f_meetings.asp

LA GRÂCE

Lundi 2 mars 2009

 ramana_greeting_cards.jpg

Je ressens toujours une grande vénération devant cette photo de Ramana Maharshi. Quelle sagesse, quel amour, quelle pureté ! Quelle présence !

Voici un extrait du livre «Les enseignements de Ramana Maharshi» publiĂ© chez Albin Michel – SpiritualitĂ©s vivantes 2005  p. 451-452.

Q. La grùce est-elle nécessaire pour parvenir au Soi ?
M. Oui
Q. Comment obtenir la grùce divine ?
M. Par l’abandon de soi.
Q. Je ne ressens toujours pas la grĂące.
M. La sincĂ©ritĂ© fait dĂ©faut. L’abandon ne doit ĂȘtre ni verbal, ni conditionnel.
Pour illustrer ces dĂ©clarations, des passages d’un  livre de saint Justinien furent lus « La priĂšre n’est pas verbale. Elle vient du cƓur. S’immerger dans le CƓur est priĂšre. C’est aussi la GrĂące.»
Un certain Alvar dit : « Je te cherche depuis toujours. Mais en réalisant le Soi je découvre que Tu es le Soi. Le Soi est mon tout, tu es donc mon Tout. »
Q. Les impuretĂ©s de la limitation, de l’ignorance et du dĂ©sir constituent les obstacles sur la voie de la mĂ©ditation. Comment faire pour les maĂźtriser ?
M. En ne se laissant pas emporter par eux.
Q. La grùce est nécessaire pour y parvenir ?
M. Oui, la GrĂące est Ă  la fois le dĂ©but et la fin. L’introversion est due Ă  la GrĂące; la persĂ©vĂ©rance est due Ă  la GrĂące; la RĂ©alisation est due Ă  la grĂące. VoilĂ  la raison de la dĂ©claration « Ne t’abandonne qu’à Moi seul. » Si on est complĂštement abandonnĂ©, existe-t-il encore la plus infime parcelle pour rĂ©clamer l’intervention de la GrĂące ? On est alors submergĂ© par la GrĂące.

Qui suis-je? Qui suis-Je?

Jeudi 19 février 2009

 

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Image vue sur le blog http://aksysmundi.hautetfort.com/archive/2008/01/18/mysticisme.html

 

Je vous offre un texte Ă©crit par un participant suite Ă  un atelier sur l’EnnĂ©agramme. Il a vu qui il n’Ă©tait pas, puis il a vu qui il est.  Quelle rĂ©vĂ©lation soudaine ! Quelle beautĂ© ! Il a vu. Je rends grĂące pour cette dĂ©couverte.

je ne suis pas mon corps physique
je ne suis pas mes émotions
je ne suis pas mes pensées
ni mes rĂ©alisations, ni les biens, le pouvoir, les relations, les connaissances que j’ai pu accumuler
ni la somme de mes actes, de mes paroles, de mes écrits.

je ne suis pas un individu séparé, isolé, indépendant, autonome, distinct;
je ne suis ni l’observateur, ni l’observĂ©.

je ne suis pas ce tissu de constructions mentales que j’appelle moi, la personnalitĂ© Ă  laquelle je m’identifie.

je ne me situe pas dans les objectifs à atteindre, la performance, la comparaison, les résultats.

je ne suis ni d’une nation, ni d’une famille, ni d’un sexe, ni d’un groupe.

je ne suis pas le « vĂȘtement » temporaire que je porte;
je ne suis ni dans le passé, ni dans le futur.

Je suis au Centre du Cercle sans contour dĂ©limité 

En somme, je ne suis rien

Pourtant, étant vide, Je participe du Tout,
Je suis Tout;
Il est en Moi, Je suis en Lui.
Je suis la terre, l’eau, l’air et le feu;
Je suis le ciel, les étoiles, les univers, les galaxies, les systÚmes solaires, les planÚtes;
Je suis la nature et la vie, l’arbre, le blĂ©, la fleur, l’animal, le minĂ©ral;
Je suis toutes les formes, les couleurs et les notes de la gamme;
Je suis énergie, vibration et oscillation;
Je suis le microcosme et le macrocosme;
Je suis tout cela Ă  la fois.

Je suis au-delà du temps et de l’espace;
Au-delà du visible, des sens, du manifesté et de la diversité;
Au-delà du bien et du mal, du beau et du laid, du féminin et du masculin, de la vie et de la mort; de la dualité.

Je suis Totale interpénétration, intégration, liaison, unification.
Je suis Un.

Je suis sans forme, sans nom, sans odeur, sans goût, sans taille, sans sonorité.
Je suis le non manifesté et pourtant pleine potentialité;
Je suis toutes les possibilités.

Je suis l’Être Éternellement PrĂ©sent
Ici et maintenant
Le Commencement et la Fin simultanément
Je suis Conscience
Je suis Amour

Je suis.

Éric,
Février 2009

LE SAVOIR

Mercredi 28 janvier 2009

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Krishnamurti mit constamment l’accent sur la juste place de la pensĂ©e dans la vie quotidienne. Il montra aussi les dangers de la pensĂ©e en tant que savoir et images mentales quand elle opĂšre dans le champ des relations. Voici quelques extraits :

Comment l’esprit qui fonctionne Ă  partir du savoir – comment le cerveau qui enregistre tout le temps – va-t-il arriver Ă  son terme et voir l’importance de ce constant enregistrement pour ne plus le laisser aller dans n’importe quelle autre direction ? TrĂšs simplement : vous m’insultez, vous me blessez, par des mots, des gestes, par un acte rĂ©el ; cela laisse une trace dans le cerveau qui est mĂ©moire. Cette mĂ©moire est savoir, ce savoir va interfĂ©rer lors de notre prochaine rencontre – De toute Ă©vidence
 Le savoir est nĂ©cessaire pour agir lorsqu’ il me faut rentrer Ă  la maison depuis cet endroit ; je dois avoir du savoir pour faire ceci. Il me faut du savoir pour parler Anglais ; il me faut du savoir pour Ă©crire une lettre et ainsi de suite. Le savoir en tant que fonction, fonction mĂ©canique, est nĂ©cessaire.

Maintenant si j’utilise ce savoir dans ma relation avec vous, un autre ĂȘtre humain, je mets en place une barriĂšre, une division entre vous et moi, c’est-Ă -dire l’observateur. Ceci veut dire que le savoir, dans la relation, dans la relation humaine, est destructeur. Ce savoir qui est la tradition, la mĂ©moire, l’image, que l’esprit a construite de vous, ce savoir est sĂ©parateur et par consĂ©quent, crĂ©e du conflit dans notre relation.

Le cerveau a Ă©tĂ© entraĂźnĂ© Ă  enregistrer parce que dans cet enregistrement il y a de la sĂ»retĂ©, de la sĂ©curitĂ©, un sens de vitalité ; dans cet enregistrement l’esprit crĂ©e une image au sujet de soi-mĂȘme. Et cette image sera constamment blessĂ©e. Est-il possible de vivre sans une seule image au sujet de vous-mĂȘme, ou de votre mari, femme, enfants, ou au sujet des politiciens, des prĂȘtres, ou d’un idĂ©al ? C’est possible, et si vous ne le dĂ©couvrez pas vous serez toujours blessĂ©, vous vivrez toujours selon un modĂšle dans lequel il n’y a pas de libertĂ©. Lorsque vous ĂȘtes totalement attentif il n’y a pas d’enregistrement. C’est seulement lorsqu’il y a inattention que vous enregistrez. C’est-Ă -dire : vous me flattez ; j’aime cela ; le fait d’aimer Ă  ce moment-lĂ  est de l’inattention et par consĂ©quent l’enregistrement a lieu. Mais si lorsque vous me flattez je l’écoute complĂštement sans aucune rĂ©action, alors il n’y a pas de centre qui enregistre.

Le cerveau est la source de la pensĂ©e. Le cerveau est matiĂšre et la pensĂ©e est matiĂšre. Le cerveau peut-il – avec toutes ses rĂ©actions et ses rĂ©ponses immĂ©diates Ă  chaque dĂ©fi et chaque exigence – le cerveau peut-il ĂȘtre trĂšs calme ? La question n’est pas de mettre fin Ă  la pensĂ©e mais de savoir si le cerveau peut ĂȘtre complĂštement immobile. Cette immobilitĂ© n’est pas une mort physique. Regardez ce qui arrive lorsque le cerveau est complĂštement immobile.

L’EXPERIENCE DE LA BEATITUDE

Samedi 1 novembre 2008

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Photo Don Paulson

Voici un extrait d’un article paru sur le site du 3iĂšme millĂ©naire http://www.revue3emillenaire.com/lire/lire.php?menu=lire&page=inedit2&art_ident=87

Je trouve intĂ©ressant de mettre en parallĂšle l’expĂ©rience de la bĂ©atitude vĂ©cue par des personnes de diffĂ©rentes cultures religieuses. Je vous invite Ă  lire l’article en entier, c’est un vĂ©ritable petit bijou. Il est trĂšs intĂ©ressant de voir que tous s’entendent pour dire qu’il existe une condition prĂ©alable Ă  cette expĂ©rience : ĂȘtre sans dĂ©sir.


« Tant que l’ñme est encore en Ă©tat de se connaĂźtre et de se comporter comme une crĂ©ature et une chose naturelle, elle n’est jamais devenue elle-mĂȘme « la grĂące » (
). Car il faut pour cela que l’ñme soit vide de toute action, aussi bien intĂ©rieure qu’extĂ©rieure, comme l’est la grĂące qui ne connaĂźt pas d’action. (
) Un passage de l’Ecriture dit : « Rien est Ă©gal Ă  Dieu ! » Pour devenir Ă©gal Ă  Dieu, l’ñme devrait donc devenir un rien ? Cette interprĂ©tation est tout Ă  fait correcte ! »
MaĂźtre Eckhart

« L’ñme est tombĂ©e d’amour en nĂ©ant, un nĂ©ant sans lequel elle ne peut ĂȘtre tout entiĂšre. »
Marguerite Porete

« Il est clair qu’aucun objet distinct, quel qu’il soit, qui plaĂźt Ă  la volontĂ©, ne peut ĂȘtre Dieu ; et, pour cette raison, si la volontĂ© doit ĂȘtre unie Ă  Lui, il faut qu’elle se vide, qu’elle rejette toute affection dĂ©sordonnĂ©e du dĂ©sir, toute satisfaction qu’elle peut avoir de façon distincte, Ă©levĂ©e et basse, temporelle et spirituelle »
Saint Jean de la Croix

« La Vue [la juste perception et expĂ©rimentation visĂ©e par la mĂ©ditation bouddhique] dĂ©signe la grande vacuitĂ© [l’expĂ©rience du non-Soi, anatman, sansk.]. La juste comprĂ©hension de l’état ultime des phĂ©nomĂšnes et la capacitĂ© de maintenir cette comprĂ©hension et de l’assimiler par la mĂ©ditation, voilĂ  qui nous permettra de dĂ©couvrir en temps voulu que la perception dualiste [expĂ©rimenter le monde en terme de sujet et objet, consĂ©quence principale de l’attachement au soi et en la croyance en son autonomie, son indĂ©pendance] ne peut que se dĂ©sintĂ©grer d’elle-mĂȘme. (
) On peut fort bien avoir une comprĂ©hension intellectuelle de la pratique, l’état ultime de la vacuitĂ©, mais quand il s’agit de la pratique, l’important, c’est de prĂ©server continuellement cet Ă©tat ultime jusqu’à l’effondrement total de la perception dualiste. »
Lama Dudjom Rinpotché

DE L’EGO AU COEUR

Mercredi 15 octobre 2008

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Photo Don Paulson

Je vous propose aujourd’hui une partie du texte intitulĂ© « De l’ego au coeur IV ». Vous trouverez les 4 textes De l’ego au coeur I, II, III et IV sur le site http://www.jeshua.net/fr/. Comme le texte est un peu long, je n’ai pas mis la quatriĂšme partie au complet. Je vous recommande de lire la suite sur leur site. 

Merci André pour cette intéressante suggestion.

S’OUVRIR À L’ESPRIT

Nous avons distinguĂ© quatre Ă©tapes dans la transformation d’une conscience fondĂ©e sur l’ego Ă  une conscience fondĂ©e sur le coeur.

1) Etre insatisfait de ce qu’une conscience fondĂ©e sur l’ego peut offrir, aspirer Ă  « autre chose » : Le dĂ©but de la fin.      

2) Prendre conscience de ses attaches Ă  une conscience fondĂ©e sur l’ego, reconnaĂźtre et se libĂ©rer des Ă©motions et des pensĂ©es qui les accompagnent : Le milieu de la fin.

3) Laisser mourir en soi les vieilles Ă©nergies fondĂ©es sur l’ego, se dĂ©barrasser du cocon, devenir son nouveau soi : La fin de la fin.

4) L’Ă©veil d’une conscience fondĂ©e sur le coeur, motivĂ©e par l’amour et la libertĂ© ; aider les autres Ă  faire la transition.

Nous allons maintenant parler du quatriĂšme et dernier stade : s’ouvrir Ă  l’Esprit.

Lorsque vous passez Ă  ce stade, vous trouvez en vous un lieu de paix et de tranquillitĂ©. FrĂ©quemment, vous prenez contact avec un silence dans votre coeur que vous savez ĂȘtre Ă©ternel. Tout ce dont vous faites l’expĂ©rience est relatif par rapport Ă  cet Etre illimitĂ© qui imprĂšgne tout.

Ce lieu de paix et de silence en vous est aussi appelé Esprit.

Selon vos traditions Ă©sotĂ©riques, il y a une distinction entre l’Esprit, l’Ăąme et le corps.

Le corps est le lieu de rĂ©sidence physique de l’Ăąme pour un temps limitĂ©.

L’Ăąme est l’ancre psychologique, non-physique, de l’expĂ©rience. Elle vĂ©hicule les expĂ©riences de nombreuses vies. Elle se dĂ©veloppe avec le temps et croĂźt lentement en un gemme Ă  multiples facettes, chacune d’elles reflĂ©tant un type d’expĂ©rience diffĂ©rent ainsi que la connaissance qui s’y rapporte.

L’Esprit ne change ni ne grandit avec le temps. Il est en-dehors du temps et de l’espace. L’Esprit en vous est  votre part Ă©ternelle, intemporelle, qui est Une avec le Dieu qui vous a créés. C’est la conscience divine qui est le fondement de votre expression dans le temps et l’espace. Vous ĂȘtes nĂ©s d’un royaume de pure conscience et vous avez vĂ©hiculĂ© une parcelle de cette conscience Ă  travers toutes vos manifestations sous une forme matĂ©rielle.

L’Ăąme participe de la dualitĂ©. Elle est affectĂ©e et transformĂ©e par ses expĂ©riences dans la dualitĂ©. L’Esprit est en-dehors de la dualitĂ©. C’est l’arriĂšre-plan sur lequel tout se dĂ©veloppe et Ă©volue. C’est l’alpha et l’omega que l’on appelle simplement l’Etre ou la Source.

Le silence, extĂ©rieur mais surtout intĂ©rieur, est la meilleure porte d’accĂšs pour faire l’expĂ©rience de cette Ă©nergie toujours prĂ©sente, qui est Vous, dans votre noyau le plus intime. Dans le silence, vous pouvez entrer  en contact avec la chose la plus Ă©vidente et la plus miraculeuse qui soit : l’Esprit, Dieu, la Source, l’Etre.

L’Ăąme vĂ©hicule des mĂ©moires de nombreuses incarnations. Elle connaĂźt et comprend bien plus de choses que votre personnalitĂ© terrestre. L’Ăąme est connectĂ©e Ă  des sources de connaissance extra-sensorielles, telles que les personnalitĂ©s de vos vies passĂ©es, des guides et des alliĂ©s sur les plans astraux. MalgrĂ© cette communion, l’Ăąme peut se trouver dans un Ă©tat de confusion et ignorer sa vraie nature. Elle peut ĂȘtre traumatisĂ©e par des expĂ©riences et rester par consĂ©quent dans les tĂ©nĂšbres pendant quelque temps. Elle Ă©volue constamment et acquiert la comprĂ©hension de la dualitĂ© inhĂ©rente Ă  la vie sur la terre.

L’Esprit est l’Ă©lĂ©ment immuable dans ce dĂ©veloppement. L’Ăąme peut se trouver dans les tĂ©nĂšbres ou l’illumination. Pas l’Esprit. Il est Etre, pure conscience. Il est dans les tĂ©nĂšbres aussi bien que dans la lumiĂšre.  Il est l’UnitĂ© sous-jacente Ă  toute dualitĂ©. Lorsque vous parvenez au quatriĂšme stade de la transformation de l’ego au coeur, vous vous connectez Ă  l’Esprit. Vous vous connectez Ă  votre DivinitĂ©.

Vous connecter au Dieu qui est en vous est comme sortir de la dualitĂ© tout en restant complĂštement prĂ©sent et enracinĂ©. Dans cet Ă©tat, votre conscience est emplie d’une extase profonde mais tranquille : un mĂ©lange de paix et de joie.

Vous prenez conscience que vous ne dĂ©pendez de rien au-dehors de vous. Vous ĂȘtes libres. En vĂ©ritĂ©, vous ĂȘtes dans ce monde mais vous n’ĂȘtes pas de ce monde.

Vous connecter Ă  l’Esprit qui est en vous n’est pas quelque chose qui arrive une fois pour toutes. C’est un processus lent et graduel, au cours duquel vous vous connectez, dĂ©connectez et reconnectez… Peu Ă  peu, votre attention passe de la dualitĂ© Ă  l’unitĂ©. Elle se rĂ©oriente et trouve qu’en dĂ©finitive, elle est plus attirĂ©e par le silence que par les pensĂ©es et les Ă©motions. Par silence, nous entendons ĂȘtre complĂštement prĂ©sent et centrĂ©, dans un Ă©tat de vigilance qui ne porte pas de jugements.

Il n’existe pas de mĂ©thodes ou de moyens pour y accĂ©der. La clĂ© pour vous connecter Ă  votre Esprit n’est pas de suivre une discipline (mĂ©ditation, jeĂ»ne, etc.), mais de comprendre vĂ©ritablement que c’est le silence qui vous ramĂšne Ă  la maison, et non les pensĂ©es ou les Ă©motions.

Cette comprĂ©hension se fait lentement Ă  mesure que vous ĂȘtes de plus en plus conscients des mĂ©canismes de vos pensĂ©es et de vos Ă©motions. Vous lĂąchez-prise de vos vieilles habitudes et vous vous ouvrez Ă  la nouvelle rĂ©alitĂ© d’une conscience qui repose sur le coeur. Votre conscience fondĂ©e sur l’ego se retire et meurt lentement.

Mourir n’est pas quelque chose que vous faites ; vous lui permettez d’arriver. Vous vous abandonnez au processus de la mort. La mort est un autre nom pour le changement, la transformation. Il en est toujours ainsi. La mort est toujours un relĂąchement de ce qui est ancien et une ouverture Ă  ce qui est neuf. Dans ce processus, il n’y a pas un seul instant oĂč vous « n’ĂȘtes pas », c’est-Ă -dire oĂč vous ĂȘtes mort, selon votre dĂ©finition. La mort telle que vous la dĂ©finissez est une illusion. C’est seulement la peur de changer qui vous fait craindre la mort.

Vous avez peur non seulement de mourir physiquement, mais aussi de mourir Ă©motionnellement et mentalement au cours de votre vie. Mais sans la mort, les choses deviendraient rigides et statiques. Vous deviendriez captifs de formes anciennes : un corps usĂ©, des schĂ©mas de pensĂ©e pĂ©rimĂ©s, des rĂ©actions Ă©motonnelles restrictives. Asphyxiant, n’est-ce-pas ? La mort libĂšre. C’est une cascade d’eau pure qui brise  pour les ouvrir de vieux portails rouillĂ©s et vous propulse dans de nouveaux territoires d’expĂ©rience.

Ne craignez pas la mort. Il n’y a pas de mort, seulement du changement.

Le passage d’une conscience fondĂ©e sur l’ego Ă  une vie centrĂ©e sur le coeur est Ă  de nombreux Ă©gards une expĂ©rience de mort. Plus vous vous identifiez Ă  l’Esprit, au Dieu qui est en vous, plus vous relĂąchez des choses dont vous aviez l’habitude de vous soucier ou dans lesquelles vous mettiez beaucoup d’Ă©nergie.Vous prenez conscience Ă  des niveaux de plus en plus profonds qu’en vĂ©ritĂ©, il n’y a rien Ă  faire, exceptĂ© ĂȘtre. Lorsque vous vous identifiez Ă  votre ĂȘtretĂ©, au lieu des pensĂ©es fugaces et des Ă©motions qui vous traversent, votre vie en est immĂ©diatement affectĂ©e. L’Esprit n’est pas quelque chose d’abstrait. C’est une rĂ©alitĂ© que vous pouvez vĂ©ritablement faire passer dans votre vie. Etre en contact avec cette source qui est la plus pure qui soit, finira par tout changer dans votre vie. Dieu (la Source ou l’Esprit) est par nature crĂ©ateur, mais selon des voies qui vous sont quasi-incomprĂ©hensibles.

L’Esprit est silencieux, Ă©ternel et cependant crĂ©ateur. La rĂ©alitĂ© du divin ne peut ĂȘtre vraiment saisie par le mental. Elle ne peut qu’ĂȘtre ressentie. Si vous lui permettez d’entrer dans votre vie et que vous la reconnaissez dans les murmures de votre coeur, lentement, tout va trouver sa place. Quand vous ĂȘtes accordĂ© Ă  la rĂ©alitĂ© de l’Esprit, l’attention silencieuse qui se trouve derriĂšre toutes vos expĂ©riences, vous cessez de forcer ou d’imposer votre volontĂ© sur la rĂ©alitĂ©. Vous permettez aux choses de retomber dans leur Ă©tat d’ĂȘtre naturel. Vous devenez votre Soi rĂ©el, naturel. Tout cela se passe de maniĂšre harmonieuse et pertinente. Vous faites l’expĂ©rience que les choses s’arrangent d’une façon qui a son rythme naturel, son cours naturel. Tout ce que vous avez Ă  faire, c’est rester accordĂ© Ă  ce rythme divin et lĂącher-prise des peurs et des malentendus qui vous font vouloir intervenir.