RÉCIT D’ÉVEIL DE WAYNE LIQUORMAN
Mardi 15 janvier 2008Image de Don Paulson
Wayne Liquorman et l’illumination
Extrait d’une interview de Wayne Liquorman. HabitĂ© par la puissance de la vision de son maĂ®tre Ramesh Balsekar, inspirĂ© par Nisargadatta et Ramana Maharshi, Wayne Liquorman tĂ©moigne de la vertigineuse perspective non-duelle…
Et la survenue de l’illumination alors ?
Lorsque survint le « non-Ă©vĂ©nement » ?…
Eh bien, voilĂ l’histoire… J’entretenais une relation amoureuse avec deux femmes Ă la fois, et Ă mon retour d’Inde oĂą je rendais visite Ă Ramesh S. Balsekar – c’Ă©tait en 1989 – ces deux femmes sont venues me voir dans la mĂŞme semaine pour me dire qu’elles m’aimaient infiniment mais me quittaient pour cĂ©der la place Ă l’autre. Et lorsque la deuxième vint m’annoncer sa dĂ©cision, je fus saisi d’une tristesse incommensurable. Lorsque cette femme vint me dire qu’elle allait devoir me quitter malgrĂ© l’amour qu’elle Ă©prouvait pour moi, je ressentis un poids terrible, une profonde tristesse m’envahir. Et je commençais Ă pleurer. Et cette tristesse commença Ă croĂ®tre. Elle continua Ă gonfler. Je sanglotais de plus belle, et cette profonde, très profonde tristesse continua Ă me submerger par vagues successives comme autant de lames s’abattant sur moi. Et finalement je me retrouvai en train de tomber. J’avais littĂ©ralement l’impression de choir dans une fosse, un horrible abysse de souffrance, et le corps secouĂ© de sanglots. Et cela avait cessĂ© d’avoir quoi que ce soit de commun avec quelque chose du domaine fini.
J’Ă©tais simplement en chute libre dans ce puits sans fond d’immense douleur… et cela s’assombrissait et devenait plus atrocement douloureux Ă chaque seconde. J’avais le sentiment de tomber dans cette fosse abyssale de souffrance qui Ă©tait toute la souffrance ayant jamais existĂ©e. Et puis il y eut un lâcher prise. Une dissolution, une fusion, si vous voulez, avec cette souffrance. Apparut alors la certitude que rien ne pouvait me faire du mal parce qu’il n’existait pas de moi Ă blesser… il n’y avait plus de sĂ©paration. L’expĂ©rience reflua, je cessai de pleurer et pensai : « Quelqu’un va me poser des questions lĂ -dessus, je ferais bien de consigner ça par Ă©crit. » Et cependant, une partie de cette connaissance est exactement ce que je n’ai cessĂ© de dire tout du long… « littĂ©ralement, rien ne s’est produit. » Cette ComprĂ©hension n’avait jamais cessĂ© d’ĂŞtre lĂ . Ce qui se dissipa, c’est un voile illusoire, pas quelque chose de substantiel. Il n’y eut rien du tout de changĂ©. Tout Ă©tait exactement tel que cela avait jamais Ă©tĂ© et serait jamais. Tout ce qui Ă©tait, Ă©tait parfait. Tout, simplement, ETAIT. Pendant des annĂ©es, je restai très discret sur ce qui venait de se produire car je n’avais aucune envie de me voir envahi par une cohorte de malheureux chercheurs en quĂŞte de vĂ©ritĂ©. Je m’en tins simplement Ă la publication – sur l’insistance de Ramesh – d’un recueil de poèmes sous un pseudonyme et continuais tranquillement Ă vaquer Ă mes affaires.
Extrait du n°5 de la revue « Sources »


