" Pour réaliser ce qui vous tient vraiment à coeur, VOUS ! "

La spiritualité commence où finit l'ego.

-- Gilbert Anken

La Vérité est un pays sans chemins, que l'on ne peut atteindre par aucune route, quelle qu'elle soit: aucune religion, aucune secte.

-- J. Krishnamurti

Quelle est votre nature réelle?

Est-elle d'écrire, de marcher ou bien est-elle tout simplement d'être?

La réalité unique et inaltérable est le fait d'être.

Tant que vous n'aurez pas réalisé ce niveau d'être à l'état pur, vous devrez poursuivre votre enquête.

-- Ramana Maharshi

Comme il est difficile de se désolidariser de soi! Il faut le faire sans un adieu, sans se retourner, avec le sourire de l’ami qui va bientôt retrouver le moi comme un prolongement de Soi, et vivre avec lui, dans l’acceptation pure et simple de sa merveilleuse... absence.

-- Roger Quesnoy

Le sage n’est pas celui qui sait résoudre les problèmes, mais celui qui sait ne pas les créer.

-- Auteur inconnu

Après tout, qu'est Dieu ? Un éternel enfant jouant un jeu éternel dans un éternel jardin.

-- Sri Aurobindo.

Archive pour avril 2008

DE L’ÉVEIL À LA RÉALISATION DE SOI

Mardi 22 avril 2008

Rupture corde
Que doit-on penser de ces personnes qui ont eu une expérience d’éveil puis l’on perdu ? Est-il possible de « perdre » l’éveil ?

La seule chose que je puisse répondre est la suivante : tout éveil doit se convertir en réalisation de Soi.

Et la réalisation de Soi équivaut au Silence. Ce n’est pas une expérience car il n’y a pas d’expérimentateur. Ce qui seul prévaut alors est la Paix.

En ce ‘lieu’ que j’appellerais Liberté, il n’y a personne. Même le guru a disparu. Ce qui reste est le Soi non-manifesté, seul véritable guru, et il n’est pas différent de vous-même.

Normalement, une personne qui perçoit sa véritable nature doit se laisser absorber par elle et n’en plus ressortir. Ce qui se passe en pratique, c’est que les prédispositions (que les indiens appellent ‘vasanas’) sont très puissantes et ressurgissent. Dans ce cas un travail complémentaire doit être accompli jusqu’à ce que l’expérience se stabilise. Ramana Maharshi lui-même a souvent fait observer que jñaña peut mettre du temps avant de se stabiliser.

La raison la plus apparente aux mésaventures que vous mentionnez provient du fait qu’éveil veut tout simplement dire découverte que la vie de l’état de veille est un rêve, qui inclut en fait le ‘je’. Lorsque ce même ‘je’ se croit à l’extérieur du rêve (alors qu’il en fait partie) il travestit en quelque sorte l’expérience pour la récupérer à son profit. Il se pose alors comme l’observateur de cet éveil, usurpant en quelque sorte le rôle du Témoin, qui lui, ne fait pas partie du rêve et dont la simple présence ne constitue pas à proprement parler une observation.

Ainsi, ce qui arrive dans les cas que vous citez, c’est que l’ego tente de s’emparer de cette expérience et de dire, ‘je’ suis éveillé, ‘je’ suis réalisé, ce qui est un non-sens total. C’est en fait l’erreur de croire que ‘je’ connais l’éveil qui empêche la stabilisation de cet expérience que l’ego va ensuite se mettre à rechercher, sans se rendre compte que c’est la fausse appréhension qu’il vient de générer qui a occasionné cette ‘perte’ apparente.

Ce qui est connu n’est donc pas l’éveil mais un aperçu de l’état naturel véritable, car l’éveil anéantit justement l’illusion d’un ‘je’ faisant l’expérience de quoi que ce soit. Il ne peut donc être question de ‘perdre’ l’éveil car éveil veut dire justement que ‘je’ ne suis pas là autrement que comme pure illusion.

Seule une puissante investigation au sujet de ‘Qui’ connaît ou ne connaît pas l’éveil permettra au ‘je’ en question de réaliser qu’il n’est pas différent de Cela et qu’il n’y a donc pas d’éveil à rechercher. Au moment même où il le réalise, le sens de la séparation disparaît. Et lorsqu’il disparaît, meurent avec lui les concepts qu’il générait, y compris ceux d’éveil ou de réalisation.

L’illusion très tenace est de croire qu’il y a quelque chose à voir ou à expérimenter ! Or tout ce que vous pouvez voir et expérimenter est tout sauf l’éveil ! L’éveil est au contraire une non-expérience à la lumière de laquelle l’ego apparaît comme foncièrement non existant. Lorsque ceci est compris l’éveil se mue en réalisation de soi.

Ainsi, lorsque le but est atteint, il n’y a personne pour le revendiquer. Le véritable ‘Je’ demeure silencieux.

Seule demeure la Paix.
L’auteur souhaite garder l’anonymat

LA TRANSFORMATION SPIRITUELLE

Vendredi 11 avril 2008

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La transformation spirituelle avec Raimon Panikkar

Raimon Panikkar est né le 3 novembre 1918 d’une mère catalane et catholique et d’un père hindou. C’est un penseur de renommée internationale. Il a quatre-vingt-dix ans cette année, a écrit plus d’une cinquantaine d’ouvrages, parle douze langues, est titulaire de trois doctorats en chimie, philosophie et théologie, et a enseigné dans les plus prestigieuses universités d’Europe, d’Inde et d’Amérique.
 Le magazine « Nouvelles Clés » (n°57) l’a interviewé dans son ermitage des montagnes de Catalogne.

Nouvelles Clés : Et vous dites, dans vos derniers livres que notre civilisation est en train d’arriver face à un mur ou un ravin vertigineux qui, pour être invisible, n’en est pas moins réel. Comment ressentez-vous donc cette « fin d’un monde » qui est en train de se passer ?
Raimon Panikkar : Je ne crois pas qu’il s’agisse d’une crise de plus. Nous sommes entrés dans LA crise. Tout nous y conduit : le pillage et la destruction de la planète, le double fait que l’espace vital a cessé d’être sacré et risque ainsi de n’être plus la demeure de l’homme, et que le psychisme de l’espèce humaine ne va bientôt plus supporter le rythme effréné de notre train de vie. Quelque part nous pressentons que notre civilisation risque d’être sans avenir. Certains impatients voudraient lancer des révolutions pour créer un monde nouveau. Cela ne ferait qu’ajouter de la destruction à celle qui est déjà en cours. Ce qu’il faut, c’est une transformation. Et la transformation est surtout une affaire spirituelle.

Pourquoi tellement de gens ne croient-ils pas au concept d’un monde intérieur spirituel ? Car ils ne croient pas en eux-mêmes. Je vais parler maintenant comme un Indien (rire) : si l’on découvre la divinité en soi-même, c’est-à-dire la dignité personnelle univoque, on découvre la transcendance qui nous habite et nous dépasse. Mais si je ne crois pas en moi-même, je ne peux comprendre cela. Il nous faut nous transformer nous-mêmes pour transformer le monde. La transformation commence avec l’idée, déjà ancienne chez les Grecs et les hindous, que l’homme est un microcosme. Donc qu’en chacun de nous le destin de l’humanité se joue. Nous ne sommes pas seulement une monade plus ou moins séparée des autres. Tout est en relation avec tout : on ne peut pas isoler une chose du reste. Cela va évidemment à l’encontre de la science moderne qui veut toujours tout scinder et cataloguer : mais cet état d’esprit, en outrepassant son génie, nous a menés à la catastrophe. Il faut concevoir à présent une pensée holistique, qui relie tout à tout, chaque chose à chaque autre chose, car la réalité ne se laisse pas couper en morceaux. Mais pour avoir cette conception globale, il ne faut pas bêtement faire la somme de toutes les choses. Non, il faut créer une autre épistémologie, et pour réussir cela, on ne peut pas séparer la mystique de la raison….