" Pour réaliser ce qui vous tient vraiment à coeur, VOUS ! "

La spiritualité commence où finit l'ego.

-- Gilbert Anken

La Vérité est un pays sans chemins, que l'on ne peut atteindre par aucune route, quelle qu'elle soit: aucune religion, aucune secte.

-- J. Krishnamurti

Quelle est votre nature réelle?

Est-elle d'écrire, de marcher ou bien est-elle tout simplement d'être?

La réalité unique et inaltérable est le fait d'être.

Tant que vous n'aurez pas réalisé ce niveau d'être à l'état pur, vous devrez poursuivre votre enquête.

-- Ramana Maharshi

Comme il est difficile de se désolidariser de soi! Il faut le faire sans un adieu, sans se retourner, avec le sourire de l’ami qui va bientôt retrouver le moi comme un prolongement de Soi, et vivre avec lui, dans l’acceptation pure et simple de sa merveilleuse... absence.

-- Roger Quesnoy

Le sage n’est pas celui qui sait résoudre les problèmes, mais celui qui sait ne pas les créer.

-- Auteur inconnu

Après tout, qu'est Dieu ? Un éternel enfant jouant un jeu éternel dans un éternel jardin.

-- Sri Aurobindo.

Archive pour mai 2008

RÉCITS D’ÉVEIL DE JEAN KLEIN

Mercredi 21 mai 2008

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Ma totale absence : ma vraie présence

Musicologue de formation médicale, Jean Klein a été gagné aux doctrines orientales par les livres de René Guénon. C’est au cours de longs séjours en Inde, auprès de maîtres vivants, qu’il réalisa l’évidence de sa vraie nature.

Ma première et réelle prise de conscience se produisit à l’âge de neuf ou dix ans. Je pratiquais le violon et le chien gémissait, gênant ainsi mon travail. Je saisis un objet et me mis à le corriger quand soudain, le bras levé, je notai le regard du chien et compris ce que j’étais en train de faire. Ce fut la première fois que je pris conscience de façon bipolaire, et de ma réaction, et de l’impact de ma réaction. Je compris que ma réaction provenait d’un sentiment de supériorité qui n’avait pas de raison d’être. L’effet fut très fort. Plus jamais dès lors je ne tombai dans ce piège.

La première perception de l’unité ou de l’éveil à soi-même se produisit vers dix-sept ans. J’attendais un train par une chaude après-midi. Le quai était désert et le paysage assoupi. Tout était silencieux. Le train avait du retard, et j’attendais sans attendre, très détendu et vide de toute pensée. Soudain un coq chanta, et ce son insolite me rendit conscient de mon silence. Ce n’était pas le silence objectif dont j’étais conscient, comme cela arrive souvent quand on se trouve dans un endroit tranquille et qu’un bruit soudain met en relief le silence environnant. Non, je fus projeté dans mon propre silence. Je me sentis dans un état de conscience au-delà des sons ou du silence. Plus tard, j’ai éprouvé ce sentiment plusieurs fois. […]

Quel était votre état d’esprit dans cette période pré-indienne ? Etait-ce le moment où vous avez trouvé une orientation, où votre quête s’est davantage précisée ?

Oui, parce que je n’avais trouvé ni liberté ni paix dans les objets et les situations, j’en vins à cesser d’accumuler connaissances et expériences et je fus conduit à une quête très profonde : Comment puis-je rencontrer l’accomplissement s’il ne passe pas par les objets ? J’ai vécu longtemps avec cette question, dans un état de non-connaissance.

Il se produisit un abandon de tout ce qui n’était pas essentiel, de tout ce qui ne se rapportait pas à la beauté intérieure, à la liberté intérieure. Je ressentais énormément d’énergie et de lucidité dans cette période. Cela a apporté une joie de vivre, un enthousiasme pour la vie et une grande ardeur dans la recherche. Cela a éveillé en moi le désir d’être établi dans cet état de non-connaissance, et de trouver une aide dans cette quête. […]

Ainsi tandis que vous étiez un disciple de Pandiji, vous n’avez jamais été attiré vers d’autres maîtres pour plus de clarté ?

Il n’y avait aucun désir en moi pour cela. Je n’étais pas allé en Inde pour trouver un maître. C’est le maître qui m’a trouvé. Il n’existe qu’un seul maître. J’en vins rapidement à la conviction qu’il n’y a rien à enseigner et que ce que nous cherchons n’appartient à aucun enseignement, ni à aucun « maître ». Aussi pourquoi chercher quelqu’un ? C’est la présence du guru qui montre qu’il n’y a rien à enseigner parce que le maître est établi dans le « je suis ». Ainsi ai-je pris conscience que c’est seulement le « je suis », et non un esprit ou un corps, qui peut vous amener au « je suis ».

Combien de temps avez-vous passé ainsi à voir Pandiji ?

Environ trois ans.

Ensuite vous avez quitté Bangalore pour Bombay ?

Oui, je suis parti visiter le pays.

Et c’est durant ce séjour qu’eut lieu l’illumination ?

Oui. Il y eut abandon complet de l’état conditionné et établissement définitif dans l’état inconditionné, sans résidu. L’éveil se déploya pleinement et je me perçus dans la globalité.

Cela vous était-il arrivé auparavant ?

Non. Il y avait eu des éclairs, mais là, c’était plus qu’un éclair. Il n’y avait pas de retour en arrière possible. J’avais trouvé mes vrais fondements […]
En raison de la qualité de la transmutation, il ne subsistait aucun doute que je puisse jamais être repris par la dualité, et cela se confirma dans les jours et les semaines qui suivirent. Je sentis une rectification dans mon corps et dans mon cerveau, comme si toutes les parties avaient trouvé leur juste place, leur position la plus confortable. Je vis tous les évènements quotidiens apparaître spontanément dans le non-état, dans ma totale absence, dans ma vraie présence.

Jean Klein, extraits du prologue, Transmettre la Lumière, Éd. du Relié, 1993.

LES 4 ÉTAPES DE LA RÉALISATION

Mercredi 7 mai 2008

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J’ai choisi ces magnifiques roses pour symboliser les 4 étapes de la réalisation afin d’ illustrer le fait que, comme pour les roses, chaque étape du processus nous offre l’occasion de découvrir un aspect différent de la beauté de qui nous sommes. Lorsque nous sommes sans jugement, dans l’accueil inconditionnel de ce qui est, nous nous retrouvons à la Source, conscient de notre nature véritable, en paix et unifié.

Jack Kornfield nous présente dans son livre «Après l’extase, la lessive» une des cartes de l’éveil les plus connues dans le bouddhisme : la tradition Theravada des Aînés du Sud-Est asiatique. Cette carte décrit l’éveil en quatre étapes successives dites de notre  » noble réalisation « . Chacune d’elle conduit à un nouveau degré de libération.

1.La première est appelée : » Entrer dans le courant.  »
 » Cette entrée dans le courant survient lorsque nous goûtons pour la première fois la saveur de liberté absolue de l’éveil : une liberté du cÅ“ur, au-delà de toutes les conditions mouvantes du monde.  »

2. La deuxième étape :  » Revenir encore.  »
 » Même lorsque nous avons vu la vérité, de plus amples purifications demeurent nécessaires pour transformer notre caractère et intégrer cette nouvelle compréhension de la vie. Ainsi commence ce voyage, allant de l’entrée dans le courant jusqu’à la seconde étape, ‘ Revenir encore ’. Par un processus profond qui demande souvent de nombreuses années, nous découvrons et évacuons nos habitudes les plus grossières de saisie et d’aversion qui recréent ce sentiment d’un soi plein de peurs et de limites. Atteindre la deuxième étape requiert une attention constante, sensible à la souffrance qui survient lorsque nous nous accrochons à nos désirs et à nos peurs, à nos idées et à nos idéaux.  »

3. La troisième étape :  » Non-retour.  »
 » À ce stade nous sommes définitivement libérés de tout ce qui reste de désirs, saisies, colères et peurs; nous n’aurons plus jamais à retomber sous leur joug. Ceux qui progressent jusqu’à cette troisième étape sont nombreux et ils y accèdent au terme d’un long processus consistant à demeurer profondément dans le calme et la vacuité.  »

4. La quatrième étape :  » Grand Éveil.  »
 » Arrive enfin la quatrième étape, la plus extraordinaire, appelée ‘ Grand Éveil ’, dans laquelle les dernières traces de saisies subtiles – à l’égard de la joie, de la libération et de la méditation elle-même – disparaissent. Maintenant, sans les moyens d’identification à un soi, l’individu est libre de ses vestiges d’orgueil, de jugement, d’agitation, de séparation qui voilaient l’être pur. Le rayonnement de notre vraie nature brille sans obstacle dans notre vie entière.  »

 » Cette carte explique comment une personne, ayant expérimenté l’éveil manifeste et profond, peut encore se laisser emporter par l’avidité, la colère et l’illusion. Une fois entré dans le courant – étape numéro 1 –, un individu peut donner des enseignements vraiment inspirés sur la réalisation et l’illumination et pourtant ne pas les vivre. Pour cette raison, des étapes ultérieures d’éveil sont essentielles. […]

 » Les signes concrets et les moyens de réalisation étant très divers, un désaccord important existe entre les Aînés à propos de l’entrée dans le courant. […] À l’intérieur même d’un monastère, il arrive que des maîtres se querellent entre eux pour savoir si un étudiant a vraiment obtenu ces réalisation ou pas.

 » Mais il est encore plus difficile pour les étudiants d’obtenir des instructions précises et sans ambiguïté dès qu’il s’agit de suivre le chemin qui se situe au-delà de l’entrée dans le courant. Un enseignant bouddhiste avancé, connu comme l’un des pratiquants occidentaux les plus expérimentés, m’a dit : ‘ Après des années de retraite, je me rendis en Birmanie. Le maître nous incitait au plus grand effort et j’expérimentai de nombreux niveaux de visions qui m’amenèrent à une réalisation stupéfiante du dharma (la voie bouddhiste). […] Comme je voulais savoir ce dont j’avais besoin pour atteindre cette deuxième étape, j’ai essayé de donner des réponses directes aux nombreux maîtres mais toutes les réponses étaient étonnamment vagues et obscures. Pour finir, mon maître me raconta que, pour lui, la deuxième phase de pratique avait consisté en une purification qui lui avait demandé de nombreuses années. Ce que je sais aujourd’hui, c’est qu’il faut continuer à suivre la direction du dharma, mais je ne suis pas sûr que nous puissions savoir exactement à quel point nous en sommes arrivés et combien il nous reste à faire. ’  »

Après l’extase, la lessive, sous-titre : Comment la sagesse du cœur se développe par la voie spirituelle. Jack Kornfiel aux Éditions de la Table Ronde 2001.