L’EXPERIENCE DE LA BEATITUDE
Samedi 1 novembre 2008Photo Don Paulson
Voici un extrait d’un article paru sur le site du 3ième millĂ©naire http://www.revue3emillenaire.com/lire/lire.php?menu=lire&page=inedit2&art_ident=87
Je trouve intĂ©ressant de mettre en parallèle l’expĂ©rience de la bĂ©atitude vĂ©cue par des personnes de diffĂ©rentes cultures religieuses. Je vous invite Ă lire l’article en entier, c’est un vĂ©ritable petit bijou. Il est très intĂ©ressant de voir que tous s’entendent pour dire qu’il existe une condition prĂ©alable Ă cette expĂ©rience : ĂŞtre sans dĂ©sir.
« Tant que l’âme est encore en état de se connaître et de se comporter comme une créature et une chose naturelle, elle n’est jamais devenue elle-même « la grâce » (…). Car il faut pour cela que l’âme soit vide de toute action, aussi bien intérieure qu’extérieure, comme l’est la grâce qui ne connaît pas d’action. (…) Un passage de l’Ecriture dit : « Rien est égal à Dieu ! » Pour devenir égal à Dieu, l’âme devrait donc devenir un rien ? Cette interprétation est tout à fait correcte ! »
Maître Eckhart
« L’âme est tombée d’amour en néant, un néant sans lequel elle ne peut être tout entière. »
Marguerite Porete
« Il est clair qu’aucun objet distinct, quel qu’il soit, qui plaĂ®t Ă la volontĂ©, ne peut ĂŞtre Dieu ; et, pour cette raison, si la volontĂ© doit ĂŞtre unie Ă Lui, il faut qu’elle se vide, qu’elle rejette toute affection dĂ©sordonnĂ©e du dĂ©sir, toute satisfaction qu’elle peut avoir de façon distincte, Ă©levĂ©e et basse, temporelle et spirituelle »
Saint Jean de la Croix
« La Vue [la juste perception et expérimentation visée par la méditation bouddhique] désigne la grande vacuité [l’expérience du non-Soi, anatman, sansk.]. La juste compréhension de l’état ultime des phénomènes et la capacité de maintenir cette compréhension et de l’assimiler par la méditation, voilà qui nous permettra de découvrir en temps voulu que la perception dualiste [expérimenter le monde en terme de sujet et objet, conséquence principale de l’attachement au soi et en la croyance en son autonomie, son indépendance] ne peut que se désintégrer d’elle-même. (…) On peut fort bien avoir une compréhension intellectuelle de la pratique, l’état ultime de la vacuité, mais quand il s’agit de la pratique, l’important, c’est de préserver continuellement cet état ultime jusqu’à l’effondrement total de la perception dualiste. »
Lama Dudjom Rinpotché

