LE SAVOIR
Mercredi 28 janvier 2009Krishnamurti mit constamment l’accent sur la juste place de la pensée dans la vie quotidienne. Il montra aussi les dangers de la pensée en tant que savoir et images mentales quand elle opère dans le champ des relations. Voici quelques extraits :
Comment l’esprit qui fonctionne Ă partir du savoir – comment le cerveau qui enregistre tout le temps – va-t-il arriver Ă son terme et voir l’importance de ce constant enregistrement pour ne plus le laisser aller dans n’importe quelle autre direction ? Très simplement : vous m’insultez, vous me blessez, par des mots, des gestes, par un acte rĂ©el ; cela laisse une trace dans le cerveau qui est mĂ©moire. Cette mĂ©moire est savoir, ce savoir va interfĂ©rer lors de notre prochaine rencontre – De toute Ă©vidence… Le savoir est nĂ©cessaire pour agir lorsqu’ il me faut rentrer Ă la maison depuis cet endroit ; je dois avoir du savoir pour faire ceci. Il me faut du savoir pour parler Anglais ; il me faut du savoir pour Ă©crire une lettre et ainsi de suite. Le savoir en tant que fonction, fonction mĂ©canique, est nĂ©cessaire.
Maintenant si j’utilise ce savoir dans ma relation avec vous, un autre être humain, je mets en place une barrière, une division entre vous et moi, c’est-à -dire l’observateur. Ceci veut dire que le savoir, dans la relation, dans la relation humaine, est destructeur. Ce savoir qui est la tradition, la mémoire, l’image, que l’esprit a construite de vous, ce savoir est séparateur et par conséquent, crée du conflit dans notre relation.
Le cerveau a été entraîné à enregistrer parce que dans cet enregistrement il y a de la sûreté, de la sécurité, un sens de vitalité ; dans cet enregistrement l’esprit crée une image au sujet de soi-même. Et cette image sera constamment blessée. Est-il possible de vivre sans une seule image au sujet de vous-même, ou de votre mari, femme, enfants, ou au sujet des politiciens, des prêtres, ou d’un idéal ? C’est possible, et si vous ne le découvrez pas vous serez toujours blessé, vous vivrez toujours selon un modèle dans lequel il n’y a pas de liberté. Lorsque vous êtes totalement attentif il n’y a pas d’enregistrement. C’est seulement lorsqu’il y a inattention que vous enregistrez. C’est-à -dire : vous me flattez ; j’aime cela ; le fait d’aimer à ce moment-là est de l’inattention et par conséquent l’enregistrement a lieu. Mais si lorsque vous me flattez je l’écoute complètement sans aucune réaction, alors il n’y a pas de centre qui enregistre.
Le cerveau est la source de la pensĂ©e. Le cerveau est matière et la pensĂ©e est matière. Le cerveau peut-il – avec toutes ses rĂ©actions et ses rĂ©ponses immĂ©diates Ă chaque dĂ©fi et chaque exigence – le cerveau peut-il ĂŞtre très calme ? La question n’est pas de mettre fin Ă la pensĂ©e mais de savoir si le cerveau peut ĂŞtre complètement immobile. Cette immobilitĂ© n’est pas une mort physique. Regardez ce qui arrive lorsque le cerveau est complètement immobile.

