Archive pour juin 2009
JE NE SAIS COMMENT
Mercredi 3 juin 2009Bonjour,
Plusieurs d’entre vous ont remarqué que mes commentaires se faisaient de plus en plus rares. J’en conviens. Ces derniers mois, mes activités professionnelles ont pris tout mon temps et mon énergie. Je me suis parfois sentie embarrassée de ne pouvoir participer autant que je le souhaitais. J’anticipe un changement de rythme durant l’été. Merci de votre compréhension.
Aujourd’hui je vous offre un texte écrit par un participant qui me touche profondément.
JE NE SAIS COMMENT
Je ne sais comment en parler tellement cela apparait dérisoire, inutile
Des pans entiers de calme s’installent à mon insu, au fond d’une absence de quoi que ce soit
D’écoute en écoute je me laisse guider
En négligeant les influences, les tentations, qui ne sont pas des tentations, mais plutôt des contraintes programmées, conditionnées.
Ainsi le gré du vent des alizés est le meilleur conseiller
Et je vogue sans gouvernail
Sans compas
Ainsi, et cela ne s’installe ni jamais longtemps, ni vraiment quand je le veux, une sorte de recul se prend
Un recul du recul
Une sorte d’absence plutôt
Une absence où je ne suis pas en danger de perdre pied du fait d’être absent
Je me rappelle adolescent perdre pied avec danger, avec
provocation.
Je lâchais le volant de la voiture à vitesse moyenne, ou je fermais les yeux…pour voir
Là , il y avait absence forcée, inutile, et dangereuse
Et en fait tout à fait contrôlée, malgré ma certitude du contraire
En fait je jouais
à faire semblant de déplacer l’horizon…
Aujourd’hui, il me parait tout à fait inutile de parler de tout ce que je découvre tellement c’est simple
En même temps sans avoir le sentiment comme souvent de faire un exercice scolaire que j’aurais compris
Mon besoin de le partager n’est qu’une joie de plus…
Sans commentaire
D’ailleurs aucun commentaire n’est nécessaire
C’est tellement loin et près à la fois
Je ne peux même pas souhaiter que cela revienne…
Ce serait suicidaire pour la simplicité du fait même
De l’état plutôt que du fait
Je n’éprouve d’ailleurs aucune envie d’en parler à ma femme ou à des amis à qui je serai bien incapable d’expliquer ce qu’ils sont en droit de vouloir comprendre
Il n’y a rien à comprendre
Et c’est sans doute là le secret
Plonger sans filet, sans regarder
Ou en regardant le vide dans le blanc des yeux…. au choix!
Je ressens de plus en plus finement ces « bénéfices » à ne pas toucher les parois
A ne pas m’y référer
A ne pas m’en rassurer
A ne rien chercher que l’écoute de la volition profonde
Qui en plus n’en est même pas une !
Une sorte de vecteur de cette volition tout au plus
Une sorte d’outil, un prolongement de la main du bon vouloir de la source
Qui d’ailleurs n’a aucun vouloir
Mais c’est une autre histoire qui n’est pas accessible à l’esprit
Oui , je sais que je déroge au silence quand j’écris pour dire ce qui est indicible
Oui, je sais que c’est inutile et stérile
Oui, cela alimente et renforce celui que je crois être
Mais cet écart me fait tellement plaisir que ce partage dans le monde des mots est une rampe dans le monde des objets
Une rampe qui me soutient, me porte
Et parfois m’inonde.
Jean-Marc

